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Mardi 5 juin 2007 2 05 /06 /Juin /2007 09:09
Pour ceux qui ne s'en seraient pas rendu compte et qui s'inquiéteraient donc de mon mutisme prolongé, ce blog a déménagé il y a quelques semaines, pour s'installer dans la Rue89. Pour retrouver Drogues News, cliquez ici.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Vendredi 27 avril 2007 5 27 /04 /Avr /2007 17:10
"Dans la rue, le prix de la cocaïne a augmenté de 19% entre février et septembre 2005. La pureté a baissé de 15% sur la même période, triomphait en novembre 2005 le "Tzar" antidrogues américain. Une nouvelle preuve que le plan Colombie et nos efforts équilibrés face au problème international des drogues font reculer ce problème." Dix-huit mois plus tard, l'ambiance est nettement moins à l'euphorie à l'ONDCP, le bureau de lutte antidrogues de la Maison blanche. Et il aura cette fois fallu l'intervention d'un sénateur et d'un institut de recherche indépendant pour connaître les chiffres du gouvernement. Il faut dire qu'en 2006, les prix de la cocaïne ont baissé et sa pureté augmenté. Comme c'est le cas depuis... vingt-cinq ans.
Evidemment, après l'affaire des armes de destruction massive irakiennes, une petite entourloupe sur les succès fantasmés de la guerre à la cocaïne... Mais tout de même, l'enquête menée par le Washington office on Latin America (Wola) est accablante.
En février 2004, le tzar antidrogues Walters se voit remettre un rapport de la Rand corporation qui détaille la baisse constante des prix de la cocaïne de 1982 à 2003. Des chiffres qui n'arrangent pas Washington: toute sa stratégie repose sur l'idée que la guerre à la drogue en Colombie (5,5 milliards de dollars depuis 2000) va faire monter les prix et donc finir par dissuader les consommateurs. Résultat, il faudra un an à l'ONDCP pour publier ce rapport.
En novembre 2005, un second rapport, de l'IDA cette fois, indique que les prix de la cocaïne ont augmenté sur une période de... six mois. Il en faudra cette fois moins de deux pour publier le rapport et organiser une conférence de presse triomphaliste. Les médias mordent à l'appât. L'idée se répand.
Nouveau rapport enfin, du même IDA, qui actualise ses chiffres jusqu'à octobre 2006. Ils sont cette fois à nouveau à la baisse... Et ne seront donc pas publiés. Ils finiront tout de même par être adressés, à sa demande, en janvier dernier, au sénateur républicain Charles Grassley. Lequel conclut: "En matière de statistiques, je crois qu'il est raisonnable de dire qu'ils mitonnent leur propre sauce. Ils utilisent les chiffres qui vont dans leur sens."
J'avais, fin 2005, interviewé pour Libération le chercheur Laurent Laniel, à propos de cette hausse soudaine des prix de la cocaïne et des liens entre prix à la revente et niveau de l'offre:
"La Colombie produit moins de pâte base de cocaïne. Mais malgré cette baisse, le prix payé aux paysans baisse aussi. Car le marché est biaisé. Il n'y a pas de libre concurrence, de libre confrontation entre offre et demande. La majorité de la production de pâte est aux mains des paramilitaires et des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie, ndlr). Cette économie est entièrement régulée par des groupes armés : ce n'est donc pas parce que la production baisse que les prix vont automatiquement augmenter."
Une erreur d'interprétation macroéconomique que les Colombiens paient chaque jour un peu plus cher.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Samedi 21 avril 2007 6 21 /04 /Avr /2007 00:27

Le verre est dans le fruit. Et le fruit, en l'occurence, c'est un résidu de poumon humain de 33 ans en "détresse respiratoire aiguë liée à l'absoption de canabis frelaté". Je vous en parlais le mois dernier, les autorités sanitaires françaises se réveillent et commencent à s'intéresser au problème. Ainsi, selon ce pneumologue de Roubaix, l'herbe fumée depuis quinze jours (à raison de 6 à 7 joints par jour) par ce patient admis en réanimation contiendrait bien des particules de silice, qui entre dans la composition du verre. Lesquelles particules se retrouvent dans le poumon du fumeur (indiquées par des flèches sur ces vues, en lumière polarisée, du liquide de lavage broncho-alvéolaire) provoquant, outre la dépression réspiratoire aiguë décrite, des risques de silicose, la maladie des mineurs de charbon... Une version confirmée par les tests effectués sur la même personne quelques semaines après l'arrêt de la consommation de cette herbe (lire les conclusions). Et on s'étonne que, dans l'étude dont je vous parlais la semaine dernière, des scientifiques anglais trouvent l'ecstasy moins dangereux que le cannabis fumé en Europe. 



Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mardi 17 avril 2007 2 17 /04 /Avr /2007 00:42
L'Etat canadien fait du deal. Soit. Mais non content de dealer, il pratique des marges bénéficiaires qui auraient fait rougir de honte Pablo Escobar. De quoi s'agit-il? Depuis 2000, Santé Canada, le ministère canadien de la Santé, est engagé dans un programme de distribution de cannabis thérapeutique à certains malades. Pour ce faire, il a signé avec une société privée, Prairie plant systems, un contrat de 5,75 millions de dolars canadiens pour  lui fournir de l'herbe en quantité pendant cinq ans. Herbe cultivée dans une ancienne mine du Manitoba. Aujourd'hui, 1700 patients sont autorisés à consommer du cannabis thérapeutique au Canada. La majorité autoproduit.
Seulement voilà, en refaisant leurs petits calculs (et en faisant déclassifier des documents), certains administrés ont réalisé ce week-end que l'Etat paie le kilo d'herbe très exactement 328,75 $ et le revend... 5000$. Soit une marge de 1500%.
Même si, comme l'a rappelé un porte-parole du ministère, Santé Canada a des faux frais liés à ce programme, il y a encore de quoi faire rêver tous les petits dealers de Vancouver. Lesquels revendent tout de même l'herbe deux fois plus cher que le gouvernement: environ 10$ le gramme, contre 150$ le sachet de 30 g pour Ottawa.
Et l'avenir s'annonce radieux: le contrat de Prairie plant systems a été renouvelé fin 2006, alors que le marché connaissait une croissance de 80% par an. Et les autorisations d'autoproduction pourraient être retirées, plaçant de facto Prairie Plant Systems en situation de monopole.
Le Canada aurait-il trouvé là un moyen révolutionnaire de combler le trou de la Sécu?

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Vendredi 13 avril 2007 5 13 /04 /Avr /2007 15:11
Au jeu des gendarmes et des dealers, les premiers ont par définition un temps de retard sur les seconds. De nouvelles drogues aparaissent (ou refont surface) chaque année. Jusqu'à ce que leur notoriété et leur commerce naisssants, plus que leur dangerosité d'ailleurs, n'attirent les autorités. Qui finissent immanquablement pas interdire. Alors à qui le tour? Après la récente interdiction de l'iboga et de l'ayahusca en France, quel sera le prochain? Au moins deux prétendants semblent dans les frémissants du tableau des stupéfiants.
A ma droite la Salvia divinorum ou "sauge des devins". Une plante d'origine mexicaine  aux effets hallucinogènes peu comparables à d'autres (sans être forcément "plus forts"), fumée en pétard et que certains présentent comme un "substitut légal" au cannabis. Peu répandue jusqu'au milieu des années 90, elle n'est en effet classée que dans quelques pays (dont l'Australie, la Belgique, le Danemark, l'Italie...) Rien en France et presque rien aux Etats-Unis (seuls cinq Etats l'ont interdit), où sa popularité croissante lui vaut toutefois quelques ennuis. Dont celui d'avoir déjà été classée comme une "drogue à problème" par la DEA, qui s'interroge désormais sur son éventuelle interdiction, depuis qu'elle est largement disponible sur le Net. Et comme les "problèmes" qui touchent les Etats-Unis finissent toujours par nous arriver, les (rares) amateurs français de Salvia risquent de connaître bientôt le même sort que ceux d'iboga et d'ayahuasca. Pourtant, affirme le Pr Bryan Roth, l'Américain qui a isolé la salvinorin A (élément psychoactif), "il n'y a pas de preuve de toxicité ni aucun décès rapporté dans la littérature médicale" et peu de potentiel de dépendance. Ses utilisateurs sont simplement "momentanément désorientés".
A ma gauche, c'est moins poétique, la BZP ou benzylpipérazine, un stimulant de type amphétamine dont le Conseil de l'Union européenne a demandé fin mars le placement sous surveillance par l'OEDT (Office européen des drogues et toxicomanies). Lequel rendra son rapport sur les risques sanitaires et sociaux au mois de juin.
La BZP a été signalée pour la première fois en 1999, treize Etats membres en ont rapporté des saisies en 2006 et cinq l'ont déjà placée sous contrôle. Comme les Etats-Unis depuis 2004. Souvent vendue comme "legal ecstasy" à "base de plantes", ces principaux dangers seraient, à en croire l'OEDT: "l'hypertension, la tachycardie (battements rapides du coeur) et les attaques, de même que l'anxiété et l'insomnie, certains symptômes durant parfois jusqu'à 24 heures."
Reste que malgré ce dossier à charge relativement léger, le sort de la BZP paraît déjà largement scellé, victime de son succès croissant.
Ainsi vont les règles du gendarme et du dealer: ce n'est pas la dangerosité d'une drogue qui décide de son interdiction mais le fait que le dealer s'y soit intéressé le premier.



Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mardi 10 avril 2007 2 10 /04 /Avr /2007 00:06
La drogue c'est de la merde. Ca tout le monde le sait, on nous l'a assez rabaché. Et bien au Royaume-Uni, certaines jeunes personnes auraient pris ce raffiné slogan hygiéniste au mot. A en croire la BBC, des ados britanniques snifferaient des poubelles en feu. Odeurs nauséabondes et sensations fortes garanties. C'est en tous cas ainsi que la police du Yorkshire tente, maladroitement, d'expliquer la récente épidémie d'incendies de poubelles à laquelle elle doit faire face. Une pratique qu'un membre d'une ONG écologiste dit tout de même également avoir déjà observé en Ecosse auparavant. Selon un internaute qui intervenait dimanche sur un forum local à Sheffield, des ados snifferaient bien des fumées de plastique, mais la poubelle ne servirait que d'inhalateur géant combiné à un barbecue.
Quoi qu'il en soit, cette nouvelle drogue règlerait la question de l'argent sale. Désavantage: outre le côté totalement ridicule de la chose, ce genre d'idées est extrêmement dangereux pour la santé étant donné le nombre de produits chimiques contenus dans une poubelle (y compris la poubelle elle-même). Toujours pragmatique, la police de sa majesté tente donc de compliquer l'accès du public aux ordures. Ce qui risque d'être non moins compliqué.
Conclusion d'un certain "CaptainFancy" sur le forum UKcultivator, "Je me demande qui a été le premier à passer à côté d'une poubelle et à se dire: 'Tiens, je pourrais fumer ça...'"

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Dimanche 8 avril 2007 7 08 /04 /Avr /2007 01:39


Et si l'alcool était plus dangereux que les amphétamines? Le tabac que le cannabis? Lorsque Lionel Jospin déclare, lors de la campagne de 2002, qu'un pétard chez soi est moins dangereux que de l'alcool avant de prendre sa voiture, il enfonce une portière ouverte pour l'immense majorités des fumeurs. Pourtant, l'affirmation fait alors débat et semble choquer l'opinion. C'est l'un des paradoxes de l'image que la plupart des gens se font des drogues: le statut légal ou non influe largement sur la perception de la dangerosité du produit.
C'est à cette distorsion que s'est attaqué un panel de chercheurs britanniques, qui a proposé le 24 mars dans The Lancet, une nouvelle classification des drogues (y compris légales) en fonction de leur dangerosité globale (voir tableau ci-dessus, les classes A, B et C correspondant au degré d'interdit). Bien évidemment, à l'arrivée le statut légal ne correspond pas du tout à la dangerosité. Si l'héroïne arrive "en tête", tabac et alcool sont dans la première moitié en termes de dangers, le cannabis onzième et l'ecstasy 18e. Des résultats d'autant plus crédibles qu'ils sont en tous points semblables à ceux de l'équipe française du Pr  Bernard Roques. Dans son rapport sur La dangerosité des drogues publié en 1998, elle classait déjà l'alcool parmi les psychotropes les plus dangereux.  Tout celà devrait fort logiquement amener à s'interroger sur le régime légal des psychotropes des deux côtés de la Manche.
En ce qui concerne la France, presque dix ans après le rapport Roques, rien n'a bougé.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mardi 3 avril 2007 2 03 /04 /Avr /2007 15:59
Trafic de drogues=cités=bandes de jeunes violents. Si cette équation est médiatiquement et politiquement correcte, elle est, en pratique, loin de refléter l'ensemble du problème. Trois faits divers viennent de nous le rappeler coup sur coup.
On apprenait samedi que douze personnes, dont trois médecins et six pharmaciens (dont une femme de 83 ans) de la région parisienne, avaient été mis en examen pour trafic de Subutex, un substitut à l'héroïne (lire dans Le Monde). Ce marché aurait fonctionné depuis 2004 avec un préjudice total pour la sécurité sociale évalué à plus de 500000 euros...
Jeudi, on apprenait l'arrestation d'un capitaine des stups de Strasbourg et de sa maîtresse, greffière au tribunal, chez qui ont été retrouvés 4.5 kg d'héroïne et des produits de coupe (lire dans Le Figaro).
Enfin hier, on apprenait l'arrestation du vice-président français de Dior Japon, qui s'était lui-même envoyé depuis la France... 8,8 grammes de cocaïne (lire dans L'Expansion). Certainement pas de quoi en faire un dealer, mais certainement de quoi avoir quelques problèmes avec la police japonaise.
Qui a dit que l'habit ne faisait pas le dealer?
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Dimanche 1 avril 2007 7 01 /04 /Avr /2007 16:17

 

 

Interrogée sur la dépénalisation du cannabis sur le site de Libé en décembre, la candidate des Verts, Dominique Voynet, avait éludé la question:

«Nicomartin: prônerez-vous, comme Noël Mamère en 2002, la dépénalisation du cannabis?
«Les Verts ont toujours pointé l'hypocrisie de la politique française en matière de drogue. On traitait comme un criminel le consommateur occasionnel de cannabis, et comme un signe de virilité la cuite du samedi soir. On n'en est plus là. La distinction entre drogues légales et illégales s'estompe, au profit d'un message de préventions des toxicomanies, d'une approche plus lucide des phénomènes de délinquance, liés aux mafias des drogues dans les quartiers


Interrogée à nouveau sur cette question par les lycéens de la FIDL, Voynet s'est cette fois prononcé clairement pour la dépénalisation:

«
Je plaide en faveur d’une dépénalisation de l’usage de toutes les drogues et la légalisation du cannabis.
«Je précise qu’il ne s’agit nullement de pousser à la consommation du cannabis, mais de rompre avec une politique passablement hypocrite et inefficace.
«Il a fallu des années de discussion pour faire admettre que la Mildt devait se préoccuper d’abord des personnes, souvent polytoxicomanes (usant et abusant tour à tour de drogues différentes) et rompre avec une approche «par produit», distinguant de façon arbitraire entre les drogues aujourd’hui légales: alcool, tabac, psychotropes (dont les Français sont quand même les consommateurs les plus enthousiastes en Europe!) et celles qui ne le sont pas, cannabis ou cocaïne. Je ne veux pas rentrer dans le débat sur la «dangerosité» de chaque produit. Parce que le débat est complexe. S’il est exact que le tabac, ou l’alcool, tuent beaucoup, beaucoup plus que le cannabis, il est juste aussi de reconnaître que les «produits» mis aujourd’hui sur le marché n’ont plus grand chose à voir avec l’herbe cultivée sur le balcon par les «babas cools» des années 70. En vérité, tous ces produits sont suceptible de provoquer l’addiction, avec des conséquences sur la santé de l’usager, sur sa sécurité, et sur celle des autres, en cas de conduite de machines sur le lieu de travail, ou de véhicules sur la voie publique.
«Il en va de la responsabilité de chacun d’être conscient des risques d’accoutumance, d’assuétude, de la responsabilité des parents d’informer leurs enfants, de la responsabilité des pouvoirs publics, des enseignants, des services de santé, de les y aider, en apportant des éléments précis sur les risques.»

J'avais, lors de sa première intervention, sévèrement critiqué l'hypocrisie de la candidate verte, qui se situait alors très en retrait de ses prédécesseurs et de la position officielle de son parti. Je ne peux aujourd'hui que la féliciter de cette proposition courageuse et responsable, qui la singularise au sein de la gauche dite
«de gouvernement».
A noter: la FIDL
a recueilli les réponses de cinq autres candidats (Bayrou, Besancenot, Buffet, Royal et Sarkozy) sur cette même question. Sans suprise, seul Besancenot se retrouve du côté de madame Voynet. La palme de la réponse la moins inspirée revenant à François Bayrou:
«La dépénalisation ne pourrait être perçue que comme un signal d’encouragement.» Un peu court pour celui qui se veut le candidat des jeunes.

En illustration, le clip On a tous une voix, extrait de la campagne «2007, tous aux urnes!» de la FIDL.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Dimanche 1 avril 2007 7 01 /04 /Avr /2007 08:46
J'ai reçu hier cet e-mail d'un de mes meilleurs amis, grand reporter de son état, qui m'invitait à passer sur mon blog sa prose relatant nos petites mésaventures communes de vendredi soir. Je m'exécute donc:

De retour d’une soirée avortée chez un copain qui aura, en oubliant de nous prévenir, préféré passer son week-end en reportage dans une secte (la prochaine fois, préviens tes potes Julien!), ma compagne et moi-même passons chez des amis refaire le monde autour d’une bouteille de champagne et d’une cigarette cousue main. Objectif: détente. L’objet du délit n’a pas fini sa ronde qu’une sensation inhabituelle me parcourt le clavier. Presque aussi agréable qu’une craie crissant sur un tableau ou qu’un sandwich merguez au sable. Particulièrement irritant. Je n’ai pas les dents qui poussent, mais quelque chose les fait craquer! Hallucination? Crise aigue de paranoia? J’évoque la chose à notre hôte, qui n’est autre que l’auteur de ce blog, lorsque je vois ses yeux s’arrondir (la logique aurait voulu un mouvement contraire).
Après une première série de tests basiques pratiqués collectivement, genre mastication, il faut bien se rendre à l’évidence. L’herbe que nous sommes en train de fumer, quoique sensée être de toute première qualité, est coupée. Elle croustille, croque sous la dent et contient une substance qui ressemble à du sable ultra fin.
Nous sommes bien décidés à faire toute la lumière sur cette sombre histoire d’herbe trafiquée. Car entre la graine et la fleur, il y a forcément quelqu’un qui saupoudre au passage…
Theodore Grall

Ainsi donc, après en avoir longuement débattu dans les colonnes de Libération, ici même et avec certains d'entre vous, me voilà, pour la première fois, rattrapé par le fléau du fumeur moderne. Tout se perd. Bien sûr, les journalistes que nous sommes ne peuvent s'en tenir à cette cruelle désillusion et comptent bien en savoir plus sur ce que contient cet échantillon contaminé (en photo ci-dessus). Je vous tiendrai au courant dès que j'en saurai plus. Restez connectés.

P.S.: les messages de condoléance seront vivement appréciés.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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