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Vendredi 1 décembre 2006 5 01 /12 /2006 10:27
On n'arrête pas le progrès. Un joueur de fléchettes britannique a été suspendu huit semaines par sa fédération (et oui, elle existe) après un contrôle positif au cannabis. «Robbie Green, surnommé "Kong" en raison d'un tatouage sur le cou, joue de malchance. L’agence britannique antidopage n'a introduit que cette année ses contrôles dans les fléchettes et Green n'est que le huitième professionnel à avoir été contrôlé», précise l’AFP. Pour quiconque s’est déjà essayé aux dites fléchettes, il est très difficile de croire qu’un pétard puisse être d’aucune aide, voir qu'il n'ait pas tendance à vous éloigner du centre de la cible. On espère pour les amoureux des pubs et des fléchettes, et pour l’avenir de ce sport hautement physique, que la bière ne figure pas sur la liste des produits dopants.
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Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Vendredi 1 décembre 2006 5 01 /12 /2006 12:20
«C’est le Doc Gynéco qui a encore dû conseiller le gouvernement !», a résumé le socialiste Jean-Marie Le Guen, hier soir à l’Assemblée nationale, lors de la discussion du volet toxicomanie de la loi Sarkozy de prévention de la délinquance (lire le post du 24 novembre pour les principales mesures).
C’est la possibilité désormais offerte au procureur de soumettre les usagers arrêtés à une injonction thérapeutique qui semble avoir donné lieu au plus bel échange, à en croire le compte-rendu sur le site de l’Assemblée : «L’injonction thérapeutique, qui n’a rien de novateur, n’a de sens que pour les personnes dépendantes, ce que ne sont pas tous les consommateurs de cannabis, a estimé Jean-Marie Le Guen. En outre, le corps médical reste dans le doute quant à la possibilité de soigner par la contrainte. Enfin, nous sommes très loin de disposer des ressources humaines permettant de répondre aux besoins.» Avant d’ajouter à l’endroit du Garde des sceaux Pascal Clément (qui défendait le texte en l’absence de Nicolas Sarkozy, retenu à la télé) : «Vous parlez des jeunes qui fument du cannabis comme s’il s’agissait d’habitants d’une autre planète ! La vérité, c’est que ce sont nos enfants, qu’ils vivent au milieu de nous et que la moitié des jeunes d’aujourd’hui ont déjà fumé. Ouvrez les yeux et ne considérez pas avec hauteur tous ces jeunes comme des malades !» Réponse du Garde des sceaux : «La drogue, c’est toujours dangereux – mais sans doute n’est-ce pas votre avis, c’est là le problème.» Conclusion de Le Guen : «Pitoyable ! Vous n’y connaissez rien !»
A noter, à propos de l’extension de la procédure de l'ordonnance pénale aux délits d'usage de stupéfiants, la très belle sortie du communiste Patrick Braouzec : «L'utilisation de la voie pénale comme modalité de traitement d'un problème de santé publique nous interroge à plus d’un titre. Cette procédure ne va-t-elle pas empêcher une véritable orientation sanitaire et psychologique ? Les exemples étrangers n’ont-ils pas prouvé que la criminalisation de la toxicomanie était inefficace ? A l’inverse la médicalisation de la réponse et la prescription de produits de substitution n’ont-ils pas fait la preuve de leur efficacité au plan sanitaire et pour réduire la délinquance, notamment pour ce qui concerne la consommation d’héroïne ? Une politique tendant à réduire le nombre des consommateurs ne permet-elle pas de tarir le marché de l’offre illégale ? C'est pourquoi nous considérons que seule la prévention sanitaire permettra d’obtenir des résultats satisfaisants.»
Réponse du ministre, sur la philosophie générale du texte (telle qu’édictée par Nicolas Sarkozy la semaine dernière) : «Ordonnance pénale pour les majeurs, composition pénale pour les mineurs, injonction thérapeutique à tous les stades de la procédure, voilà comment nous répondons à la non-application de la loi de 1970 pour les usagers de drogues. (...) Nous ferons savoir qu’il y aura maintenant une réponse pénale à l’usage de drogues. Nous ne cherchons pas la réponse la plus sévère, car c’est précisément en raison de son extrême sévérité que la loi de 1970 n’est pas appliquée, mais des réponses proportionnées et utiles, au premier rang desquelles l’injonction de soins.»
Mais au-delà de ces bonnes paroles ministérielles, l’ambiance était tout de même hier soir à l’aggravation généralisée des sanctions, avec la bénédiction des députés : aggravation des peines de prison prévues pour les simples usagers lorsqu’ils sont chargés de missions de service de public ou salariés d’entreprises de transports, pour toutes les infractions commises sous l’emprise de stupéfiants ou en état d’ivresse –aujourd’hui plutôt considérés comme une circonstance atténuante-, ou encore pour les « provocations directes à transporter, détenir, offrir ou céder des stupéfiants dirigées vers un mineur ou commises dans les établissements d'enseignement ou d'éducation » ou aux abords de locaux administratifs.
La séance a été levée à 00h10, la discussion se poursuit ce matin.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Lundi 4 décembre 2006 1 04 /12 /2006 02:34

Depuis l’intervention américaine en Afghanistan, le scénario était tout trouvé. L’opium finançait les talibans, qui protégeaient Ben Laden. Une appellation, sobre mais efficace, avait même été créée pour le prouver: narcoterrorisme. L’éradication par la force contribuait donc à la guerre mondiale au terrorisme. Seulement voilà, depuis cinq ans et malgré l’obstination occidentale, Etats-Unis en tête, c’est le scénario inverse qui semble se produire et la production atteint des niveaux historiques. «Lancés et financés principalement par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, les projets de suppression accélérée de l’économie de l’opium risquent de compromettre la sécurité alimentaire des producteurs et de déstabiliser les transitions vers une économie de paix», avance ainsi, dans un article paru la semaine dernière dans la revue Etudes, Pierre-Arnaud Chouvy (photo), chercheur au CNRS et l’un des meilleurs spécialistes mondiaux de la question de l’opium (son site). Pour lui, contrairement aux idées reçues, «c’est une économie de guerre, civile notamment, qui a d’abord alimenté celle de l’opium, et non l’inverse. (…) Seul le retour à la stabilité politique et à la sécurité permettra le développement économique de la paysannerie afghane, dont celle de l’opium qui ne demande rien de mieux que d’en abandonner la production au profit d’une autre, plus rémunératrice, moins risquée et moins laborieuse.» De tout cela, le chercheur conclut qu’il est «permis de penser que l’économie de l’opium n’est qu’un "mal" nécessaire mais temporaire dans un Afghanistan en pleine reconstruction politique et économique».

Des conclusions largement appuyées, en termes plus feutrés, par le récent rapport de la Banque mondiale et de l’ONUDC (Office des Nations unies contre la drogue et le crime) sur «l’Industrie afghane de la drogue»: «Alors que l’industrie de la drogue constitue en elle-même une sérieuse menace envers la reconstruction de l’Etat, des politiques antidrogues mal considérées peuvent s’avérer contreproductives en termes de gouvernance, risquant d’exacerber les difficultés actuelles», écrivent les deux institutions. Selon elles, les récents efforts d’éradication ont eu des «effets secondaires indésirables»: elles ont été vecteur de corruption, leur impact a été ressenti surtout par les plus pauvres et le gouvernement y a perdu de la crédibilité. Le tout pour des résultats plus que mitigés: «Les succès remportés dans une province pour réduire la culture de l’opium se traduisent généralement par une augmentation ailleurs plutôt que par une baisse globale de la production nationale.» Cerise sur le gâteau, «il y a des signes inquiétants d’infiltration de l’industrie de la drogue aux plus hauts niveaux du gouvernement».

Alors que faire ? D’abord rester modeste: «Les attentes sur ce qui peut être accompli dans le court terme doivent rester raisonnables.» Mais surtout «la conception et la mise en pratique des efforts antidrogues doivent intégrer les dommages collatéraux : baisse de revenue pour les pauvres, accès réduit à la terre et au crédit, hausse des dettes liées à l’opium, baisse de la demande globale dans le monde rural et baisse de soutien pour le gouvernement dans ces mêmes zones». Concrètement, pour Alastair McKechnie, directeur de la Banque mondiale en Afghanistan, «les efforts pour décourager les fermiers de planter de l’opium devraient être concentrés dans les localités où la terre, l’eau et l’accès à un marché font que des modes de développement alternatifs sont envisageables. Les programmes de développement ruraux sont nécessaires dans tout le pays. Ils ne doivent pas se concentrer dans les zones de production d’opium afin de prévenir toute extension des cultures».

Des politiques bien loin de la guerre à la drogue qu’entendent aujourd’hui encore livrer les Occidentaux en Afghanistan. Avec le succès que l'on s

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mardi 5 décembre 2006 2 05 /12 /2006 10:50
C’est une triste première. Depuis son adoption par l’Assemblée nationale il y a exactement trente-six ans, c’est la première fois que la loi de 1970 sur la toxicomanie est réformée dans l’indifférence générale. Alors que les députés s’apprêtent à voter aujourd’hui solennellement la loi sur la délinquance de Nicolas Sarkozy, pas un journal, pas une télé pas une radio ne semble s’intéresser à son volet toxicomanie, qui constitue pourtant la principale réforme en la matière depuis des années.
A titre de comparaison, lorsque Charles Pasqua avait, au milieu des années 90, relancé le débat sur la loi de 1970, les auditions de la commission Henrion avaient été retransmises en direct à la télé (sans aucun résultat toutefois, ladite commission s’étant, contre toute attente, prononcé pour la dépénalisation de l’usage...).
Alors pourquoi tant d’indifférence ? D’abord parce que le problème de la toxicomanie est devenu moins spectaculaire. Un chiffre pour s’en convaincre : 23 personnes sont mortes d’overdose d’héroïne en France en 2005, contre environ 500 par an au milieu des années 90. La réduction des risques liés à l’usage de drogues est passée par là. Bien sûr, la cocaïne monte en puissance, le crack fait des dégâts (mais concerne somme toute assez peu de gens) et la consommation de cannabis a explosé (mais malgré les efforts du gouvernement, sa «très grande dangerosité» n’a toujours pas été prouvée), mais l’image du junkie a quasiment disparu du radar médiatique. L'ensemble de la question des drogues avec.
Autre raison de l’indifférence générale: les questions de libertés publiques dans leur ensemble sont moins mobilisatrices. La répression séduit électorat de droite comme de gauche et le discours libertaire, oripeau de mai 1968, semble provisoirement inaudible : s’ils ne veulent pas avoir de problèmes avec la justice, les fumeurs n’ont qu’à arrêter de fumer!
Enfin, peut-être échaudé par l’échec de sa précédente tentative de réforme en 2003, le ministre de l’Intérieur lui-même semble avoir souhaité cette discrétion. Comment, autrement, expliquer que la réforme soit contenue dans une loi globale sur la délinquance, dont certains volets sont, il est vrai, bien plus spectaculaires?
Reste à savoir ce qui va concrètement changer pour les usagers de drogues. Probablement rien, ou pas grand-chose.
Bien sûr, l’affichage se veut énergique. «Nous choisissons d’être moins durs en théorie pour être enfin efficaces en pratique», a déclaré Sarkozy à l’Assemblée il y a quinze jours en présentant son projet. «Moins durs» ? Rien n’est moins sûr: la plupart des peines prévues pour consommation ou trafic sont revues à la hausse. Mais les maximums sont de toutes façons déjà tellement élevés en la matière que rien ne devrait changer de ce côté dans les tribunaux. Si ce n'est que les avocats devront cesser de plaider la toxicomanie comme circonstance atténuante, l'usage de stupéfiant devenant tout à coup une circonstance aggravante.
La loi sera-t-elle plus systématiquement appliquée, comme le prétend le ministre? Pas si sûr. Car si elle ne l'est pas aujourd'hui, Sarkozy n’y est pas tout à fait étranger. Selon le Canard enchaîné (« Mission maquillage sur les statistiques de la délinquance »), les commissariats de police parisiens ont reçu l’ordre de ne pas engager de procédures contre les usagers de stupéfiants détenant moins de cinq grammes et ce afin de rendre plus présentables les chiffres de la délinquance du candidat Sarkozy... Alors qui croire ? Le candidat qui demande aux policiers de ne pas appliquer la loi ? Ou le ministre qui déclare vouloir changer la loi pour qu’elle soit systématiquement appliquée ? Et si tel était le cas, les moyens seraient-ils débloqués ? Ainsi des «stages de sensibilisation aux dangers de la drogue». Difficile de s'y opposer: mieux vaut un usager en stage qu'en prison. Mais si la loi était réellement appliquée, plus de 500 personnes seraient à terme envoyées chaque jour dans ces stages. Ce qui implique locaux et formateurs. Idem pour la généralisation de l’injonction thérapeutique, alors que la France manque déjà cruellement de places d’accueil pour les toxicomanes.
Enfin, et c’est probablement la principale menace planant aujourd’hui sur le texte de M. Sarkozy, en cas de défaite face à Ségolène Royal à la présidentielle, les décrets d’application de la loi n’auront probablement pas le temps d’être signés. Mais rien ne dit que Ségolène Royal serait plus souple en la matière.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mercredi 6 décembre 2006 3 06 /12 /2006 16:28
Le Groupe Pompidou (émanation du Conseil de l’Europe) a réuni la semaine dernière les représentants de 35 pays pour définir une stratégie antidrogues jusqu’à 2010 et désigner une nouvelle présidence. Et alors?, me direz-vous. Certes, le Conseil de l’Europe n’est plus vraiment aux devants de l’actualité et le Groupe Pompidou -dont vous n’avez sûrement jamais entendu parler-, ne fixe pas l’alpha et l’oméga des politiques antidrogues de ses membres. Mais cette instance de réflexion et de confrontation des points de vue permet en outre de prendre la température du débat européen. Il est ainsi assez étonnant que le successeur des Pays-Bas à la tête du Groupe soit la Pologne, que les jumeaux Kaczynski n’ont pas précisément placée en tête du progressisme social. Pologne qui se retrouve flanquée d’une vice-présidence espagnole, où le cannabis est, de fait, dépénalisé... Prise de température, donc, avec le secrétaire exécutif du Groupe, le Britannique Christopher Luckett, fin connaisseur des arcanes européens.
Quel était l’ordre du jour de cette conférence ministérielle?
Depuis trois ans, le Groupe Pompidou réforme ses structures et réfléchit à ses priorités. Il était important pour nous que les ministres donnent leur accord sur cette réforme. Nous avons reçu un soutien fort de leur part.
En ce qui concerne la recherche, nous avons mis l’accent sur les questions éthiques, en nous nous prononçant, par exemple, contre les dépistages de drogues à l’école comme cela se pratique dans certains pays, Royaume-Uni en tête. La Croatie et les pays scandinaves mettent également ce genre de mesures en place au niveau local. Le gouvernement Berlusconi avait affiché sa volonté de leur emboîter le pas, mais le nouveau ministre italien a insisté sur le revirement de son pays depuis les élections en ce qui concerne les stupéfiants. Sur ce sujet, il ne faut pas négliger la pression forte des fabricants de tests.
De manière générale, notre préoccupation est que, avec le développement technologique, comme l’arrivée de vaccins contre la cocaïne ou l’identification d’un gène de la dépendance, la politique des drogues ne soit instrumentalisée. Ces progrès ont en effet un côté facile à vendre à l’opinion. L’approche technique semble offrir une solution, mais ce n’est qu’une solution limitée, une solution technocratique à court terme.
Pour les vaccins par exemple, on sait qu’une fois qu’ils seront accessibles en post-cure, certains voudront des vaccinations préventives des groupes à risque.
Comment les pays européens s’accordent-ils sur ces questions?
Les débats sont beaucoup moins polémiques qu’ils ne l’ont été. Certains pays, comme la Russie, restent sur une ligne très répressive, refusent de parler de politiques de réduction des risques. Politiques contre lesquelles on entend beaucoup moins la Suède mais beaucoup plus le Danemark. A l’autre bout de l’échiquier, les salles d’injection pour héroïnomanes sont expérimentées en Allemagne. Mais on assiste à des changements politiques aux Pays-Bas, qui sont devenus plus répressifs.
Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans cette conférence?
C’est la déclaration de la délégation suisse, pour qui, «malheureusement, la toxicomanie n’est plus une priorité». On voit ça dans d’autres pays. La toxicomanie est globalement en baisse dans les priorités, au profit des questions de terrorisme. Certains pays comme la France ont effectivement moins de problèmes liés aux overdoses, mais dans d’autres, les OD sont toujours un problème. Et il reste quoi qu’il en soit la question de la délinquance associée.
Le tabac et l’alcool intéressent plus, ce qui est positif. Mais l’usage chronique de cannabis est devenu un problème que l’on ne peut pas ignorer. Enfin, on risque un déferlement d’héroïne très bon marché. La toxicomanie ne doit pas disparaître des priorités. Il y a encore beaucoup de choses à faire. Il faut rester vigilant.

 

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Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Jeudi 7 décembre 2006 4 07 /12 /2006 02:30
Le 31 décembre 2005, aux Etats-Unis, un garçon noir sur douze âgé de 25 à 29 ans passait la nuit en prison. A la même date, un garçon blanc du même âge sur cent était en prison. En 2005, la population carcérale américaine a encore cru: 2 320 359 prisonniers. 3% de la population totale était en prison, en probation ou en conditionelle.
Cette horloge d'un genre un peu particulier (réalisée par le site américain Drugsense) rappelle cela à sa manière. Rappelle qu'aux Etats-Unis, la guerre à la drogue n'est pas un vain mot. En 2005 toujours, la police a appréhendé 786 545 personnes pour des affaires liées à du cannabis. Ce qui représente une arrestation toutes les deux minutes. Nouveau "record" selon le FBI. En 2003, le budget fédéral alloué à cette cause était de 600 dollars par seconde.
Il a augmenté depuis. Quant au nombre des contamination au HIV qui auraient pu être évitées, il souligne le refus constant de Washington de lever son veto au financement de programmes d'échange de seringues. Introduits en France dès 1987.

 

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /2006 15:06
«Une drogue dont la puissance a été décuplée par divers artifices et dont la diffusion a pris une allure pandémique chez nos adolescents.» «De toutes les drogues, son principe actif est le seul à se loger durablement dans le cerveau et le tissu adipeux.» «Il provoque une dépendance psychique telle qu’un sujet sur quatre devient "accro" et une dépendance physique dont les expressions sont très décalées par rapport à sa dernière consommation. Il induit une tolérance qui conduit à multiplier les prises et à accroître les doses pour retrouver l’effet recherché.» «La dépendance [à cette drogue] fait percevoir d’emblée, sur un mode exceptionnellement plaisant, les effets de l’héroïne –c’est pourquoi nos 150000 héroïnomanes français sont tous passés préalablement par [elle].» Elle «a des conséquences néfastes sur le développement fœtal, puis sur le développement psychomoteur de l’enfant».
Mais de quelle drogue peut-il donc s’agir ? Une méthamphétamine yakoute? Du crack turboboosté? Le remplaçant du PCP ? Rien de tout cela, il s’agit en fait du cannabis. Ces propos n’ont pas été tenus au siècle dernier, mais il y a quelques jours, et pas par un délégué de parents d’élèves catholique intégriste mais par un directeur d’unité (de neuropsychopharmacologie) du CNRS. L’homme est interviewé dans le journal du CNRS à l’occasion de la sortie d’un livre dont le titre est tout en nuance : Halte au Cannabis ! (Editions Odile Jacob, pour ceux qui voudraient tout de même tenter).
Chacun verra dans les propos du Pr Jean Costentin (puisque c’est de lui qu’il s’agit) ce qu’il voudra, puisque, après tout, peu d’entre nous disposent des bases scientifiques nécessaires au débat. Certains y verront confirmation de ce qu’ils ont toujours pensé. D’autres une régression de la science et de la raison. Chacun admettra en tous cas que leur résonnance est très peu scientifique mais très polémique. Que de la distance semble pour le moins manquer pour une drogue qui n’a à ce jour été à l’origine d’aucun décès répertorié (s’il l’on excepte les accidents de voiture) et qui ne semble pas transformer ses 800 000 consommateurs réguliers (tout de même un record) en zombies.
Pour ma part, je citerais Timothy Leary, qui, avant d’être le pape du LSD, était professeur à Harvard : «Les drogues sont des substances qui provoquent des comportements irrationnels et délirants… chez ceux qui n’en prennent jamais.»
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Dimanche 10 décembre 2006 7 10 /12 /2006 20:05
Le Chilien Pinochet est finalement mort avant Castro. Il vient de s’éteindre aujourd’hui, à l’âge de 91 ans, une semaine après avoir été victime d'un infarctus du myocarde.
Tout comme Castro, le dictateur chilien (1973-1990) était accusé d’avoir trempé dans le trafic de cocaïne. Cet été, l’ex-chef de la Dina, la police secrète de l'époque (accusée d’être responsable de la plupart des 3000 disparitions et assassinats de la dictature), le général Manuel Conteras, avait affirmé lors d'un interrogatoire que Pinochet s’était enrichi à travers un réseau de fabrication et trafic de cocaïne, monté avec l'aide de son plus jeune fils. La famille du dictateur avait porté plainte.
Une information encore non vérifiée à ma connaissance mais qui entre en résonance avec les divers trafics (dont celui de drogues) dont a été accusée la CIA en Amérique latine pour financer les guérillas antimarxistes.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mardi 12 décembre 2006 2 12 /12 /2006 00:33

Alors que la science s'épuise à mettre au point un vaccin contre la cocaïne et que le gouvernement affirme vouloir offrir plus de places de cure aux dépendants, une amie journaliste soucieuse d'alimenter ce blog en informations décisives m'a fait parvenir LA solution contre la toxicomanie.

Elle était pourtant là, à ma portée, page 129 du livre d'Angel Adams, "Par le pouvoir du Coeur-Sacré de Jésus" (sorti le mois dernier) au chapitre pourtant clairement intitulé "Pour protéger une personne du danger de la drogue" (car Dieu merci, Angel Adams exclut d'emblée qu'aucune de ses ouailles ne puisse avoir elle-même succombé à une autre substance coupable que le vin de messe).

Voilà donc la recette (les liens renvoient aux pages Wikipedia correspondantes pour ceux qui, comme moi, manqueraient de culture catholique romaine). Prévoir un peu de temps tout de même :

1 - "Faites le signe de croix" (jusque-là, facile).

2 - "Récitez le Confiteor."

3- "Récitez le Notre Père" (moins dur).

4 - Puis lire le texte (de deux pages) qui suit et dit, entre autres, ceci: "Ô Coeur-Sacré de Jésus, vous ayant confessé ma faute, j'ose obtenir de vous la grâce que je vous demande aujourd'hui. Je vous supplie, dans votre immense bonté, de sauver X... (nommez la personne, sic) des dangers de la drogue, ce poison que Satan et ses acolytes inoculent à nos enfants." Suivent d'autres incantations: "Ô Coeur-Sacré de Jésus, ayez pitié de X... et ne permettez pas à l'ennemi du genre humain de corrompre votre enfant." etc, etc. Avant de se conclure ainsi : "Ô Coeur-Sacré de Jésus, soyez le rempart entre X... (nommez la personne, resic) et le mal et sauvez-le, je vous en supplie, avec toute la force de mon âme, des dangers de la drogue." (Ca c'est envoyé!)

5- "Lisez le Gloria in excelsis Deo" (plus technique).

6 - Récitez le Notre Père trois fois.

7 - Récitez le Je vous salue Marie, trois fois.

Et voilà. Le président afghan Karzaï et son jihad contre l'opium et Narconon et sa croisade scientologique contre la drogue dans le XVIIIe n'ont qu'à bien se tenir, le Coeur-Sacré de Jésus, lui, veille vraiment sur les toxicos.

(La direction de Drogues News décline toute responsabilité en cas d'échec de cette recette miracle...).

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mardi 12 décembre 2006 2 12 /12 /2006 10:37
Info ou Intox, on a tellement envie d'y croire que je ne résiste pas à la tentation de le raconter. Depuis quelques jours circule sur dailymotion un extrait de 93 faubourg Saint-Honoré, l'émission d'Ardisson sur Paris première. Karl Zéro est invité et y relate une fort croustillante anecdote sur son invitation chez les Sarkozy avec Laurent Baffie. En fin de repas, le comique aurait allumé un joint, contre l'avis de Pierre Charon, le conseiller du ministre de l'Intérieur. Joint que Baffie aurait fait tourner au fils Sarkozy. Dans un silence général embarassé. L'histoire ne dit pas si son père a goûté ou non. Enfin, détail qui tue, le post sur dailymotion est signé www.segoleneroyal.tv. Alors info ou intox ? A vous de juger:

L'extrait de 93, faubourg Saint-Honoré

Rappelons en tous cas qu'il y a quinze jours, interpellé sur le cannabis par des jeunes de quartiers en difficulté, le ministre-candidat rappelait qu'il voulait «recréer l'interdit social sur la consommation de drogue». Peut-être ses nouveaux amis Doc Gynéco et Laurent Baffie l'ont-ils fait changer d'avis...
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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