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drogues

Jeudi 14 décembre 2006 4 14 /12 /2006 12:17

La candidate des Verts à la présidentielle, Dominique Voynet, semble être gênée aux entournures sur la question du cannabis. Interrogée par un internaute il y a cinq minutes sur le chat de Libé, sur le fait de savoir si elle prônerait, comme Mamère en 2002, la dépénalisation du cannabis, la candidate répond ceci: «Les Verts ont toujours pointé l'hypocrisie de la politique française en matière de drogue, on traitait comme un criminel le consommateur occasionnel de cannabis, et comme un signe de virilité la cuite du samedi soir.

«On n'en est plus là. La distinction entre drogues légales et illégales s'estompe au profit d'un message de prévention des toxicomanies et d'une approche plus lucide des phénomènes de délinquance liés aux mafias des drogues dans les quartiers.»

Fermez le ban. Un pur exemple de langue de bois. Certes, il est difficile de ne pas donner raison à l’ex-ministre de la gauche plurielle. Depuis le passage de Nicole Maestracci à la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et les toxicomanies (Mildt) les drogues (licites ou pas) sont traitées dans un même volet sanitaire. Reste que certaines sont interdites (et leur consommation toujours passible d'un an de prison) les autres non. Depuis la fin des années 1990, tous les hommes et femmes politiques de gauche se cachent ainsi derrière leur petit doigt: pourquoi dépénaliser alors que, de fait, la dépénalisation existe? Mais alors pourquoi ne pas dépénaliser vraiment? Et sur ce point, Voynet choisit de ne pas répondre.

Il semble donc que les Verts ne défendront pas à la présidentielle la dépénalisation du cannabis comme ils l’avaient fait en 2002. Quelle régression de la part des écolos lorsqu'on se souvient qu'ils présentaient, en 1999, Jean-Pierre Galland , président du Circ, comme candidat aux européennes. Quant à savoir ce qu'en pense Hulot, je ne crois pas qu'il ait déjà été interpellé sur la question.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Vendredi 15 décembre 2006 5 15 /12 /2006 14:52
Probablement ému par le sort d'un champion national de fléchettes malchanceux condamné par sa fédération pour avoir fumé du cannabis (Drogues News du 1er décembre), le ministre britannique des Sports préconise que, pour les JO de Londres de 2012, les athlètes ne soient plus bannis pour consommation de drogues récréatives. Et propose donc de retirer le cannabis des substances dopantes. En effet, argumentait hier Richard Caborn devant une commission scientifique du Parlement, la vraie menace sur l'esprit olympique ne viendrait pas de quelques pétards fumés pour fêter une victoire mais des techniques de dopage plus efficaces et plus au goût du jour, comme l'hormone de croissance ou les manipulations génétiques. "Notre rôle n'est pas de policer la société. Notre rôle est d'éradiquer la tricherie du sport", a précisé le ministre (lire l'article du Evening Standard). Avant d'exclure également de poursuivre pénalement les athlètes convaincus de dopage aux jeux de Londres.
Si l'on se résume, la consommation de cannabis n'étant plus sanctionnée au Royaume -Uni, les athlètes cannabinophiles s'apprêtent à passer un agréable été 2012. Une chance pour eux que Paris n'ait pas hérité de l'organisation des jeux.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /2006 12:41

«Décevante», c’est ainsi que John Walters, le tzar antidrogues américain, a qualifié au début du mois l’annonce du doublement des surfaces cultivées de pavot en Afghanistan. Fort d’un tel succès (les capacités de production d’opium sont passées de 185 à 5650 tonnes depuis le début de l’intervention internationale dans le pays), on aurait légitimement pu croire que Washington tenterait de changer son fusil d’épaule.

C’est mal connaître le directeur Walters. La semaine dernière, celui-ci présentait LA nouvelle solution miracle pour l’Afghanistan: l’herbicide Roundup. La technique est déjà bien rôdée: puisque les Afghans refusent de se montrer raisonnables et d’arrêter de cultiver le pavot, l’Amérique va les y forcer. En détruisant des cultures qui sont l’unique source de revenus pour de nombreux paysans. Après les succès phénoménaux rencontrés par cette politique en Amérique latine (où la production de cocaïne est globalement stable depuis six ans mais où les Etats-Unis s’enlisent dans un conflit de plus en plus meurtrier), Washington souhaite désormais l’importer en Afghanistan, où le gouvernement Karzaï y est pourtant invariablement hostile depuis son entrée en fonction. De sérieux doutes persistent en effet sur l’innocuité de ces pratiques pour la santé et l’environnement. L'Equateur se plaint ainsi depuis des années des conséquences sur son sol des fumigations à la frontière colombienne. Mais selon John Walters, il n'y a aucune inquiétude à avoir et Kaboul aurait finalement donné son accord, à condition que l’herbicide ne soit pas largué par avion mais au sol : «Je crois que le président a dit oui et je crois que certains ministres ont répété oui», a hasardé Walters lors d’une conférence de presse.

De l’autre côté de l’échiquier, des voix de plus en plus nombreuses et prestigieuses (Drogues News du 4 décembre) s’élèvent pour réclamer une stratégie alternative de développement à long terme. «Un “plan Afghanistan” sur le modèle colombien serait la pire des solutions, a ainsi récemment déploré le chercheur néerlandais Martin Jelsma , à l’occasion de la sortie d’un rapport pour le Transnational institute, think-tank basé à Amsterdam. L’exemple colombien montre combien une éradication agressive peut entamer un cercle vicieux aux conséquences désastreuses pour les paysans et leur famille comme pour la paix et la stabilisation du pays.» Avant de poursuivre: «Il est illusoire de croire qu’une stratégie appliquée en Afghanistan peut résoudre les problèmes d’addiction à l’héroïne en Europe. Ces problèmes doivent être traités par des politiques adaptées sur les marchés de consommation pas en montant des opérations d’éradication en Afghanistan.» Pour ce grand spécialiste international de la géopolitique des drogues, l’économie de l’opium n’est que la conséquence de vingt ans de guerre, de destruction des infrastructures et de l’économie légale, de déplacement des populations… et ce n’est qu’en s’attaquant à ces problèmes en priorité qu’une baisse durable de la production de pavot peut être atteinte. «Intensifier la guerre à la drogue en Afghanistan aurait uniquement pour effet de nourrir le conflit, conclut Jelsma. A l’inverse, les objectifs de la politique antidrogues devraient se fondre dans l’effort global de paix, de développement et de reconstruction.»

Des propos pas si éloignés de ceux de certains camarades de jeu du directeur Walters. Alors que le Pentagone traîne toujours des pieds pour s'impliquer dans le combat contre le trafic de drogues en Afghanistan, le directeur de la CIA, le général Michael Hayden, a récemment déclaré au Congrès : «C’est un cercle vicieux. La priorité est aujourd’hui la stabilité… Or notre simple présence et le fait de combattre le trafic de drogues nourrissent l’instabilité que nous sommes censés combattre.» De quoi donner mal à la tête à son collègue du gouvernement.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Lundi 18 décembre 2006 1 18 /12 /2006 17:27
Pour ceux qui ne connaîtraient pas les îles Cook, Wikipédia nous apprend qu’elles sont un archipel paradisiaque indépendant situé dans le Pacifique Sud et librement associé à la Nouvelle-Zélande.
Evidemment, quand on voit cette photo, on ne pense pas précisément «enfer de la drogue». Et pourtant, à en croire un rapport d’enquête rédigé par un ex-policier néo-zélandais, l’archipel s’adonnerait volontiers à la métahamphétamine et à la cocaïne qui «font partie de la vie de tous les jours dans certains villages.» (
Tahiti Presse). Quant aux écoliers, ils fumeraient de plus en plus de cannabis. Pas facile, pourtant, de trouver un dealer, puisqu’au dernier recensement de 2001, les îles ne comptaient que 18000 habitants.
Enfin, lorsque l’on sait qu’après les îles Salomon, les Fidji et le Timor oriental, l’archipel de Tonga a sombré en novembre dans la violence, on se dit qu’on n’est pas si mal sous la pluie, à Paris.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mardi 19 décembre 2006 2 19 /12 /2006 13:14

En quelques jours, trois des principales candidates de gauche à la présidentielle ont été amenées, à leur corps défendant, à se prononcer sur la dépénalisation du cannabis. Ne faisons pas durer plus longtemps cet insoutenable suspens. La réponse a été unanime: pas un seul oui.

Parce que «la distinction entre drogues légales et illégales s'estompe au profit d'un message de prévention des toxicomanies et d'une approche plus lucide des phénomènes de délinquance liés aux mafias des drogues dans les quartiers», pour Dominique Voynet (Verts), qui si elle n'a pas formellement dit non, jeudi sur le site de Libé, a esquivé la question.

Parce que « la question est globale, [que] c'est une question éducative de lutte contre toutes les formes de toxicomanie et aussi une interrogation sur les raisons pour lesquelles les jeunes transgressent », pour Ségolène Royale (PS) chez Serge Moati dimanche (Ripostes).

Parce que « je n'ai pas envie de banaliser les drogues, et toutes les drogues d'ailleurs », pour Arlette Laguiller (LO) chez Denisot hier (le Grand Journal).

A moins que Marie-George Buffet ne change radicalement son pétard d’épaule, toutes les candidates de gauche devraient donc esquiver le débat.

Bien sûr, les choses évoluent et le refus n’est pas absolu.

Voynet concède que «les Verts ont toujours pointé l'hypocrisie de la politique française en matière de drogue». «On traitait comme un criminel le consommateur occasionnel de cannabis, et comme un signe de virilité la cuite du samedi soir.»

Royal accorde: «Je crois qu'il faut sortir de l'hypocrisie. Ce dont les jeunes souffrent, c'est de polytoxicomanie, c'est-à-dire le mélange drogue, alcool, qui est quand même une drogue légale, et quand on voit aujourd'hui l'alcoolisme chez les jeunes, il est souvent aussi grave que la consommation de drogues dites douces

Quant à Laguiller, elle y est presque: «Je ne suis pas pour poursuivre et faire faire de la prison pour les jeunes, et pas seulement les jeunes d'ailleurs.» Mais c’est non quand même. Peut-être pour sa septième candidature à l’Elysée…

Ni vraiment pour, ni vraiment contre : on sent bien, à lire ces contributions, le malaise régnant sur la question au sein de la gauche française. Et pourtant, un simple regard vers nos voisins européens permettrait peut-être aux candidates de franchir ce petit pas qui semble si douloureux. Car même si tout le monde s’accorde sur le fait que les simples consommateurs de cannabis finissant en prison sont aujourd’hui une exception, la France est loin d’être devenue une société permissive, comme on l’entend souvent à droite (voir les récents propos de Nicolas Sarkozy). Elle est même l’un des pays européens les plus répressifs en la matière: dans l'Union à 25, seuls Chypre, la Grèce, la Finlande et la Suède font aujourd'hui de la consommation de cannabis une infraction pénale. Ce qui n’empêche pas notre jeunesse d’être l’une des plus grosses consommatrices de cannabis en Europe. Devant les Pays-Bas…

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mardi 19 décembre 2006 2 19 /12 /2006 19:11

Qui a dit que la principale ressource agricole des Etats-Unis était le maïs? Il s’agit en fait de la marijuana. Avec un chiffre d’affaire de plus de 35 milliards de dollars, le cannabis made in USA rapporterait en effet plus que la matière première des Corn Flakes (23 milliards) et le soja (17,6 milliards). Quand on se veut le leader de la guerre mondiale à la drogue ; quand on envoie des soldats en Colombie ou en Afghanistan pour lutter contre les «narcoterroristes»; qu’on fait pression sur le Canada, trop compréhensif sur cette question, et que l’on décerne chaque année des mauvais points aux pays ne luttant pas assez contre les stupéfiants, c’est le genre d’étude qu’on préférerait oublier très vite.

Bien sûr, l’auteur du rapport, le chercheur Jon Gettman est un avocat de longue date de la dépénalisation du cannabis. Mais ses chiffres s’appuient sur les données fournies par l’administration américaine en 2003. Ainsi, selon les bureaux du Tzar antidrogues américain, les Etats-Unis produiraient environ 10 000 tonnes d’herbe par an. Un chiffre déjà connu et repris par l’ONU, qui ferait du pays un des tous principaux producteurs mondiaux. Dans l'indifférence générale. Partant de ce chiffre difficilement vérifiable mais également difficilement contestable par les autorités, le chercheur évalue, a minima, à 35,8 milliards de dollars le chiffre d’affaires de la marijuana locale.

La Californie, Etat de tradition agricole, fournirait à elle seule le tiers d'une production multipliée par dix en vingt-cinq ans. Tandis que le Tennessee, le Kentucky, Hawaii et Washington suivraient au palmarès. Au total, le pays compterait 56 millions de pieds d’herbe cultivés en extérieur et 11,7 millions en intérieur (photo extraite du site de la DEA). Soit autant que le Mexique. Et bien plus que le Canada, pourtant sans cesse montré du doigt pour ses exportations de « BC Bud » (la skunk de Vancouver) vers les Etats-Unis. Pourtant jamais, au niveau international, les Etats-Unis n’ont été rappelés à l’ordre comme peut l’être le Maroc, autre gros producteur.

«Le fait que la marijuana soit la principale ressource agricole américaine après plus de trois décennies d’efforts d’éradication démontre bien que les lois actuelles sont un échec total», en a conclu hier Rob Kampia , du Marijuana policy project, association antiprohibitionniste qui publie l’étude. Et comme on est aux Etats-Unis, ce dernier ajoute: «Nos lois font en sorte que 100% de cette manne aille aux criminels plutôt qu’aux business légaux, qui paient des taxes pour financer les écoles, la police, les routes…»

Quant à Tom Riley, porte-parole du Tzar antidrogues John Walters, il n’a ni infirmé ni confirmé ses chiffres, mais a évoqué l’Afghanistan et la Colombie pour rétorquer à Kampia : «La cocaïne est la principale ressource agricole de la Colombie et ça n’a pas marché pour eux, le pavot est la principale ressource agricole de l’Afghanistan et ça a été désastreux pour eux.» Afghanistan, Colombie, Etats-Unis… Habile comparaison.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Jeudi 21 décembre 2006 4 21 /12 /2006 14:45

Bolivie, Equateur, Venezuela: avec l’arrivée de la gauche au pouvoir, de plus en plus de pays latino-américains osent remettre en cause la guerre totale à la drogue que les Etats-Unis entendent leur imposer.

Mardi, le Bolivien et ancien cocalero Evo Morales (sur la photo avec Chavez et Lula a Caracas en juillet -Agencia BrasilBR), annonçait, au grand dame de l'Amérique, que la superficie des cultures autorisées de coca dans son pays passerait à 20000 hectares d'ici 2010, en faisant valoir qu'il était impossible de faire respecter une loi datant de 1988, qui la limitait à 12000 ha. Hier, c’est le Vénézuélien Hugo Chavez (ici au Brésil, photo de Marcello Casal Jr/ABr) qui s’en est pris à Washington sur le sujet, l'accusant de se servir de la politique antidrogues pour maintenir sa présence en Amérique latine. «La guerre contre le trafic de drogue est une excuse avancée depuis plusieurs années par les impérialistes pour pénétrer dans notre pays, piétiner notre peuple et justifier leur présence en Amérique latine. […] La véritable cause est bien ailleurs: la consommation de drogue, l'argent de la drogue, les banques qui blanchissent des milliards de dollars chaque année sans que personne ne bouge le petit doigt.»
Le président vénézuélien recevait son homologue équatorien, Rafael Correa, qui a annoncé la semaine dernière qu’il s’opposerait, en 2009, au renouvellement du bail de la base américaine de Manta, qui sert à des opérations antidrogues de Washington dans la région. Rafael Correa a également rappelé son ambassadeur à Bogota, pour dénoncer la décision américano-colombienne de reprendre la fumigation des champs de coca à la frontière équatorienne. Des fumigations qui détruiraient les cultures dans son pays et poseraient de sérieux problèmes de santé publique. Chavez, qui refuse également le survol de son territoire aux avions antinarcotiques américains, est allé dans le même sens : «La Colombie doit chercher d’autres méthodes.»

La riposte de Caracas était attendue après les déclarations, la semaine dernière, de l’ambassadeur américain William Brownfield, selon lequel le trafic de drogues, via le Venezuela, s’est multiplié par dix en cinq ans, partiellement à cause de l’arrêt des relations avec la DEA. En septembre déjà, Washington classait le Venezuela, avec la Birmanie, parmi les deux seuls pays au monde ne collaborant pas avec les Etats-Unis contre le trafic de drogues. Une condamnation basée «sur un ensemble de contre-performances, dont un manque de coopération avec les pays voisins (la Colombie, ndlr), l’essor du trafic de drogues par bateaux, la chute des saisies, le refus de juger les officiels corrompus et le statut précaire de la DEA (les stups américains, ndlr) dans le pays». A cette occasion, Washington épinglait également la Bolivie, dont la politique «zéro cocaïne, mais pas zéro coca» menée par l’ex-cocalero Evo Morales inquiète au plus haut point les stratèges américains. Quant à la Colombie, elle était félicitée par la Maison blanche, «pour son implication dans le combat contre le trafic de drogues et les réseaux terroristes qui y sont liés. Combat qui a obtenu des résultats significatifs en termes d’éradication, d’interdiction et d’extradition de suspects vers les Etats-Unis».

Rappelons, pour conclure, que la Colombie reste, de très loin, le principal producteur de cocaïne au monde, tandis que la Bolivie fait, de ce point de vue, figure de nain, et que le Venezuela et l’Equateur ne sont à ce jour pas accusés d’être des producteurs de cocaïne. Mais d’avoir des gouvernements farouchement antiaméricains, tandis que la Colombie reste le principal allié de Washington dans la région. Qui a dit que la guerre à la drogue était un prétexte ?

(Lire également ici, à propos du Pérou)

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Samedi 23 décembre 2006 6 23 /12 /2006 12:33

Le bang pourrait être un cadeau prisé pour Noël en Australie... avant son interdiction. Le secrétaire fédéral à la Santé, Christopher Pyne, a en effet annoncé le week-end dernier (lire l’article de l’Herald sun) que le gouvernement envisageait d’interdire la commercialisation de ces pipes qui permettent de filtrer la fumée à travers de l’eau et dont sont particulièrement friands les cannabinophiles australiens. Un accessoire aujourd’hui vendu non seulement dans les boutiques spécialisées (headshops) mais aussi dans les tabacs et jusque dans certaines stations services.

 
Une décision qui intervient suite à la publication d’un rapport du Conseil australien des maladies mentales suggérant que le cannabis pourrait provoquer de telles maladies ou aggraver des troubles psychiques existant. Rapport auquel la presse locale a donné un large écho.

Au début de l’année, le gouvernement de la province de Victoria avait finalement renoncé à interdire les bangs, car de trop nombreux groupes ethniques les utilisent pour fumer du tabac ou d’autres substances légales. Un obstacle de taille qu’a admis le secrétaire fédéral à la Santé.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Samedi 23 décembre 2006 6 23 /12 /2006 15:50

Le président péruvien a distillé cette semaine à la presse étrangère ses conseils culinaires: de la coca en salade. Il faut dire que le pays en cultive chaque année légalement 10000 ha (et quelques dizaines d'autres milliers pour la production clandestine de cocaïne). «J’insiste sur le fait qu’elle peut être consommée directement et élégamment, en salade. Elle a une grande valeur nutritionnelle», a déclaré lundi Alan Garcia, qui a ajouté que le plus célèbre chef péruvien, Gaston Acurio, avait servi un délicieux repas à la coca à la présidence, dont une liqueur de coca. L’absorption de cette feuille ne peut-elle être dangereuse? «Absolument pas», a-t-il tranché.

Une recette qui ne doit pas être du goût de Washington, dont un porte-parole de l’ambassade a refusé de commenter. Sa politique d’éradication de la coca par la force en Amérique latine est en effet de plus en plus ouvertement contestée. La semaine dernière encore (lire ci-dessous), l’Equatorien Correa, le Bolivien Morales et le Vénézuélien Chavez avaient mis en cause la manière dont les Etats-Unis mènent leur guerre à la drogue. Un cap que ne franchit pas Alan Garcia, qui a assuré Washington de la poursuite de la politique d’éradication des cultures clandestines. Même si celle-ci provoque de graves troubles sociaux dans les régions de production.

Alors à quoi bon mener, dans les pays du Sud, une guerre destructrice à une plante médicinale traditionnelle parce que les pays du Nord en abusent sous forme chimique? Peut-être parce que les Etats-Unis devaient signer cette semaine le renouvellement de la baisse des taxes douanières… accordée aux pays andins pour prix de leur lutte contre la coca.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Lundi 25 décembre 2006 1 25 /12 /2006 15:20
Mieux que le double-fond de camion, les boulettes avalées par une mule ou le go-fast : le macchabée. La police tanzanienne a annoncé dimanche avoir, grâce à un indicateur, retrouvé 57 sachets de cocaïne dissimulés dans l’estomac d’un cadavre. Les sept personnes arrêtées dans cette affaire affirment que le mort est un proche décédé en Zambie qu’ils ramenaient dans son pays d’origine pour l’enterrer. Le corps a été saisi pour autopsie.
Dans un registre quelque peu similaire, un douanier français me rapportait récemment que le corps d’un passeur avait été retrouvé éventré dans la rue en Espagne. L’homme était probablement décédé d’overdose suite à l’éclatement d’une des boulettes de cocaïne qu’il avait ingérées et, un euro étant un euro, ses commanditaires lui avaient ouvert le ventre pour récupérer la précieuse marchandise…
Il n’y a pas de petits profits.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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