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Mercredi 28 février 2007
Pour clore cette édition 2007, le film de la Cup.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mardi 27 février 2007

A l’origine était la graine. Ou plutôt l’absence de graine. C'est ainsi que, dans les années 70, de jeunes Californiens férus de marijuana et de botanique mettent au point la sinsemilla (littéralement «sans graine») en croisant des espèces d’herbe ramenées d’Orient (indica) avec les herbes mexicaines et colombiennes (sativa) qui constituaient leur ordinaire -la Haze, que beaucoup considèrent, non sans raison, comme la Rolls de l’herbe, est ainsi un mélange de thaï et de colombienne. Ces jeunes gens sont alors loin de se douter que leur invention révolutionnera le marché mondial de l’herbe, déclenchant ce que l’économiste néerlandais Adrian Jansen appelle «l’avalanche verte» des années 90.

Le principe est simple. Un pied femelle de cannabis qu’on empêche de produire des graines développe beaucoup plus de fleurs et donc de résine, riche en THC, l'élément psychoactif. Autre avantage: les pieds de sinsemilla sont beaucoup plus faciles à cultiver pour les néophytes. Enfin, puisque ces pieds ne produisent pas de graines, il faut bouturer (ce qui est compliqué) ou racheter ces dernières à des professionnels. Jusqu’à dix euros l’unité.

Chassés des Etats-Unis par la guerre totale à la drogue de Reagan, ces géniaux inventeurs, comme Ed Rosenthal, trouvent refuge aux Pays-Bas avec, dans leur valise, un patrimoine génétique exceptionnel. Sur place, la consommation de cannabis est en effet tolérée depuis 1976 et les techniques d’horticulture intensive surdéveloppées depuis toujours. De ce mariage de la recherche et du commerce naitra, en 1985, la fameuse skunk («l’herbe qui pue», en néerlandais), sinsemilla cultivée en intérieur. Alliés à d’audacieux entrepreneurs néerlandais comme Ben Dronkers (fondateur de la Sensi Seed Bank), cette filière américaine va continuer à faire évoluer le marché de l’herbe. La skunk et ses dérivés sont désormais les plus consommés dans les pays occidentaux et ce marché représente des millions de dollars.

Aujourd’hui encore, les liens cannabiques transatlantiques restent assez forts. Chaque année, le magazine spécialisé américain High Times organise à Amsterdam une Cannabis cup qui attire des milliers de touristes californiens ou new-yorkais venus élire l’herbe de l’année. De même, de jeunes botanistes continuent à faire le voyage retour du Mayflower pour développer leur art en toute liberté.

C’est le cas de Don et Aron, la trentaine, originaires de «Hollyweed», Californie, et venus à Amsterdam il y a quatre ans pour «fuir» l’Amérique: «Nous aimons les Américains, mais nous détestons l’Amérique et son gouvernement. Et comme on ne lutte pas contre le gouvernement pas les armes, nous avons choisi de nous exiler.» Dignes héritiers de leurs glorieux ancêtres, Don et Aron ont ouvert ici il y a trois ans une société baptisée DNA Genetics (sur Myspace), qui met au point des espèces de marijuana pour en vendre les graines. Vendredi, ils participaient pour la première fois à la Highlife cannabis cup: «On est venu l’année dernière pour voir et on s’est dit: "Merde, notre herbe est meilleure que la leur."» Résultat, deux prix : leur D-line (ou chococolope) a remporté le deuxième prix de la catégorie hydro (en culture hydroponique, hors-sol), tandis que leur Lemon skunk a empoché le deuxième prix de la catégorie «extérieur». Des prix qui viennent s’ajouter à ceux remportés lors de la High Times Cannabis cup. Alors comment se porte le business? «Amsterdam est une bonne base pour faire du commerce avec le monde entier… Sauf avec les Etats-Unis, parce que c’est interdit là-bas… Comme en France… Même si, en fait, on a déjà vu sur des forums des Français qui faisaient pousser de nos pieds.»

Enfin pour ceux qui voudraient goûter les produits de DNA genetics, une seule adresse : le Grey Area au n°2 de Oude Leliestraat (plan). Petite précision, le coffeeshop est tenu par… des Américains.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Samedi 24 février 2007

Dès la gare du Nord, vendredi matin, le ton est donné. Sur le quai du Thalys, une équipe des douanes fouille à corps des jeunes de retour des Pays-Bas. Suspects, forcément suspects. A bord, une Congolaise autobaptisée Jackie Brown, cachée derrière un Stetson et des santiagues en croco, Christ ostensiblement crucifié autour du cou, nous propose de «faire une pause dans [son] appartement à deux pas de la gare d'Anvers» pour nous faire goûter... tout un tas de choses.
Cette invitation déclinée, arrivée à Amsterdam. Au cas où l'on aurait encore douté que cette ville a un quelque chose de fou, sur la place du Dam,une bête de foire amuse les passants en se débarassant de sa camisole de force. Cap sur le bien-nommé Rai, en banlieue, où se tient cette année la dixième cannabis cup organisée par le magasine Highlife.
Ici, on dit que Dieu a créé toute la terre sauf la Hollande. Car la Hollande, ce sont les Hollandais qui l'ont créée en l'arrachant à la mer. Et parmi les Hollandais, Boy Ramsahai a créé Highlife. Ancien VRP, ce trentenaire millionnaire a bâti un empire autour d'une idée simple: créer un gratuit dédié au cannabis dans lequel passer toute la publicité que toute la presse «sérieuse» refuse. Il édite aujourd'hui ses magazines dans toute l'Europe et vient d'ouvrir un magasin de graines en plein coeur d'Amsterdam. Les graines sont produites par une autre de ses sociétés. Ce salon du cannabis est une manière pour lui de remercier ses annonceurs en leur faisant rencontrer de potentiels clients. La cannabis cup, le vote pour l'herbe de l'année, c'est la cerise sur le space cake, comme les concerts de reggae et de rap, ainsi que l'élection de miss cofee shops (voir la galerie de photos).
Les clients, ce sont avant tous les fumeurs. Un extraterrestre débarqué ici jurerait qu'à l'instar du lapin, l'être humain a l'oeil rouge, la pupille dilatée et que le genre masculin est surprésenté en son sein. Mais outre ces petites bandes de touristes français, italiens ou allemands goguenards venus s'encanailler dans ce Disneyland de la défonce, l'assistance compte également de nombreux professionnels (propriétaires de coffee shops, de growshops de boutiques de gadgets...) Et si vous doutez que tout cela soit très sérieux, ne vous y trompez pas. L'ensemble du chiffre d'affaire de la filière marijuana (revenus du tourisme, exportation du matériel de culture, taxes générées) représenterait jusqu'à 1 ou 2% du PIB national. Et plus la fillière prospère, plus Boy s'enrichit.
Forcément, l'ambiance s'en ressent. Ici le commerce est roi, l'argent partout. Loin, très loin du trip hippie des débuts. Nombre d'exposants n'ont d'ailleurs rien à voir avec le cannabis. Marchands de compteurs électriques, de caisses enregistreuses, de compteurs de billets, de systèmes d'extraction d'air... ou de hotdogs, car, premier commandement, le fumeur a faim. Tout ce petit monde se greffe donc sur cette industrie où l'argent coule à flot. Les paillettes et les filles court vêtues avec. Effort de sobriété toutefois: en 2004, à Utrecht, les filles en string dansaient sur les bidons d'engrais, le disputant aux pieds de marijuana triomphant sous leurs néons. Cette fois, si tout le monde fume à découvert, la juppe t-shirt a remplacé le string topless et on installe des pieds de tomate pour les besoins de la démonstration. Paradoxes du régime de semi-prohibition néerlandais.
La nuit amsterdamoise m'appelle... La suite demain.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Samedi 24 février 2007

Sur scène, un véritable cauchemar pour policier français. Propriétaires de coffee shops, de growshops, producteurs de graines... Hier après-midi à Amsterdam, tous se sont fait remettre des mains de Boy Ramsahai, propriétaire du magazine Highlife et organisateur de l'événement, et Jorge Cervantes, légende internationale de la culture du cannabis, un des prix de la dixième Highlife cannabis cup. Vainqueur toutes catégories, la Bubble Gum de Green Devil. Secret de fabrication de son inventeur: "J'en fume moi-même presque tous les jours."
La suite un peu plus tard.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Vendredi 23 février 2007
Rendez-vous dans quelques heures, à Amsterdam pour trois jours en direct du dixième anniversaire de la Highlife Hemp Fair. Au menu... on verra bien. A tout à l'heure à la cannabis cup.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Jeudi 22 février 2007

J’apprends hier, au hasard d’une dépêche de l’agence Reuters, qu’une gourou à patrons américains, Marsha Egan, (avec "Gussie" sur la photo) se lance dans la cure de désintoxication pour accro aux e-mails. Après tout il n’y a pas de raison, on a aujourd’hui le droit d’être pris en charge comme accro aux jeux vidéos, au casino ou encore comme acheteur compulsif, pourquoi pas comme accro aux e-mails… Mauvaise habitude ou addiction ? Telle est la question. «C’est une véritable crise pour l'entreprise Amérique mais nombre de P-DG n'en ont pas conscience », confie très sérieusement Marsha. Qui dit aussi que le leadership c'est comme le jardinage (voir la vidéo), mais c'est un autre problème. Les employés qui reçoivent un message électronique mettraient en moyenne quatre minutes pour le lire puis reprendre la tâche qu’ils ont interrompue pour le faire et redevenir productifs.
Mais d’abord: «Quand sait-on qu’on est accro ?» Ne reculant jamais face au danger, j’ai fait sur le site
le test dont je vous livre le résultat sommaire :
Il m’est déjà arrivé de m’envoyer un email pour vérifier que le système marchait parce que je n’avais pas reçu de mail depuis cinq minutes.

Je me précipite sur mon ordinateur quand le signal mail retentit.

Je me suis déjà impatienté faute de réponse à un mail dans l’heure.

J’ai souvent arrêté mon activité pour écrire un petit mot même si ce n’était pas la priorité.

Je relève mes mails dès le lever depuis quelques temps.

Je clique envoyer/recevoir juste pour être sûr de ne rien avoir raté …

Bref, je me découvre accro ou en tous cas en bonne voie. Selon le docteur Schwartz (interview audio), j’essaierai par là, comme tous mes coreligionnaires, «de résoudre des problèmes internes par des moyens externes». J’aurai également un «problème de confiance en moi.»

Mais «il y a de l’espoir», me rassure immédiatement Marsha. En douze étapes quotidiennes et pour la modique somme de trois dollars par jour, le E-doctor (car toute addiction réclame son docteur) peut me débarrasser de cette drogue insidieuse.

Comment ? D’abord en acceptant que je suis accro. Pas gagné. Suivent, dans l’ordre :

2. S’astreindre à garder sa boîte aux lettres vide.

3. Créer des fichiers dans lesquels sont copiés les e-mails à traiter.

4. Recourir à des titres globaux dans votre système de classement pour éviter de perdre trop de temps lorsqu'il faut retrouver quelque chose.

5. Traiter immédiatement tout message qui peut être traité en moins deux minutes mais transférer dans un fichier les e-mails qui nécessiteront plus de temps.

6. Se fixer une date butoir pour vider sa boîte aux lettres. Ne pas passer plus d'une heure à la vider

7. Désactiver la fonction automatique envoyer/recevoir

8. Etablir des intervalles réguliers auxquels consulter ses e-mails

9. Impliquer d'autres personnes dans votre lutte contre cette obsession

10. Réduire la masse d'e-mail que vous recevez

11. Gagner du temps en ne traitant qu'un sujet par e-mail, supprimer les commentaires annexes lors du transfert d'un e-mail à quelqu'un d'autre et donner un titre détaillé au message

12. Se réjouir de cette nouvelle approche du message électronique.

Probablement par goût de la dérision, le site de Marsha propose de «rejoindre 20000 personnes déjà abonnées au "Signal" un e-zine bi-mensuel» envoyé par… e-mail. Je n’ai pas pu résister, je me suis abonné. Par curiosité. La chair est faible.

 

P.S.: ma newsletter n'est pas addictive, ne vous en privez pas.
 

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Dimanche 18 février 2007

Extradition vers les Etats-Unis de chefs de cartels, fin janvier.

 

Deux grammes de cannabis, 40 milligrammes de methamphétamine ou de cocaïne... Ce sont les quantités avec lesquelles les Mexicains pourraient désormais se faire arrêter sans passer par la case tribunal. En échange, ils devraient se soumettre à une injonction thérapeutique. Attention toutefois, une seconde arrestation ouvrirait la voie à un procès puis, éventuellement, à la prison. Sauf à ce que le consommateur ne prouve qu’il est accro et suivi comme tel. Les indiens, de leur côté, seraient autorisés à utiliser des drogues traditionnelles dans un cadre religieux.
Le plus intéressant dans ce projet de loi présenté par des membres du PAN (Parti d’action nationale du président Calderon) et qui doit passer mercredi en comité du Sénat, c’est que ses promoteurs semblent se donner toutes les peines du monde à expliquer pourquoi il est, contre toute évidence, extrêmement répressif. Ainsi, la semaine dernière dans le Houston Chronicle, Mario Moronatti, conseiller technique auprès de la commission santé du Sénat, soulignait qu’il était clair que le gouvernement n’encourage pas la consommation de drogue «et ne légalise pas sa consommation». Quant au procureur général Eduardo Medina-Mora, qui soutient également le projet, il insiste sur le fait que cette nouvelle loi est indispensable pour lutter efficacement contre les cartels. Preuve s’il en fallait, cette timide dépénalisation partielle de la consommation est assortie d’une augmentation des peines pour les trafiquants. Sur un autre front, le ministre de l’Intérieur, Francisco Ramirez, annonçait hier soir que les opérations antidrogues avaient été étendues à deux nouveaux Etats du Nord: Nuevo Leon et Tamaulipas.
Pourquoi toutes ces précautions ? Parce qu’en mai 2006, le président Fox avait dû mettre in extremis son veto à un projet beaucoup plus libéral (lire dans Stop the Drug War ou sur le site du Cato Institute) pourtant préparé par ses services, et ce suite aux pressions exercées par Washington, qui craignait que ne se développe un «tourisme de la drogue» à la Hollandaise. Difficile en effet, lorsque l’on partage une frontière avec les Etats-Unis, de réformer sa politique des drogues sans demander l’avis de son puissant voisin. Un état de fait bien connu des Canadiens, régulièrement menacés de mesures de rétorsion commerciales lorsqu’ils tentaient de dépénaliser l’usage de cannabis. Le projet a été enterré depuis et le Tzar Walters a même été invité par ses collègues canadiens, issus du nouveau gouvernement conservateur, à prodiguer ses conseils en la matière.
Autant dire que si les promoteurs de la nouvelle loi veulent convaincre le président Calderon ne pas s’y opposer, ils ont intérêt à lui démontrer, et à travers lui aux Etats-Unis, qu’il ne s’agit pas de mollir face à la drogue mais de lutter autrement. Et plus efficacement. Car depuis son entrée en fonction le 1er décembre, le nouveau président s’est surtout fait remarquer à Washington pour sa politique agressive envers les trafiquants (lire le discours de Karen Tandy, de la DEA, le 22 janvier et l'interview de Laurent Laniel sur Drogues News). Une confiance qu’il n’est certainement pas prêt à perdre pour éviter à quelques fumeurs de pétard de se retrouver en prison. La stratégie de la main de velours dans un gant de fer semble toutefois porter ses fruits, puisque l’ambassade des Etats-Unis à Mexico n’a pas encore poussé ses cris d’orfraie habituels. Patience.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Samedi 17 février 2007


«Les dealers, c'est nous.» Qui a dit ça? Pablo Escobar? Kunh Sa? Pete Doherty? Il s'agit en fait de l'inénarrable John Walters, de son état tzar antidrogues américain, pris d'un accès furtif de lucidité. Pour être tout à fait honnête, l'homme parlait en fait, mercredi dernier à l'occasion de la sortie d'un rapport sur le sujet, de la responsabilité des parents face au détournement de médicaments par les adolescents (écouter les témoignages et interviews ci-dessus, extraits du blog du Tzar Walters). Car si les têtes blondes font honneur à leurs parents en fumant de moins en moins d'herbe, ils se rattrapent allègrement sur les amphétamines coupe-faim, antidépresseurs et autres antidouleur dont la consommation augmente. 2,1 millions d'ados auraient ainsi détourné des médicaments en 2005. Le médicament est la drogue la plus utilisée par les 12-13 ans. La seconde chez leurs grands frères, après la marijuana et avant les solvants à inhaler.
OxyContin, Xanax, Vicondin... tout est bon. A force d'être alertés sur les dangers de «la drogue», les adolescents finissent par croire que les médicaments, eux, sont bien moins dangereux. Accros au Xanax plutôt que fumeurs de marijuana: un autre des succès de la guerre à la drogue américaine. D'ailleurs, tout à son habitude de traiter les problèmes en profondeur, Walters invite les parents à jeter les médicaments qu'ils n'utilisent plus et à fermer l'armoire à clef.
Ce même mercredi, à quelques milliers de kilomètres de là, une autre affaire est venue rappeler que fermer l'armoire risque d'être un peu court pour inverser la tendance. Selon l'Asia Times de vendredi, à Calcutta un golden boy indien de 31 ans, passé par les meilleures universités, président de Xponse groupe spécialisé dans l'informatique et les call centers, a été arrêté par les stups locaux pour trafic de médicaments sur le Net. Son associé américain a également été interpelé.
Le système était ingénieux. Vingt-neufs sites et des spams massifs rabataient des clients essentiellement américains, canadiens ou suédois, vers le call center. Lequel, contre un montant assez élevé, expédiait depuis l'Inde une fausse ordonnance et de l'argent à la pharmacie la plus proche de chez vous. Vous n'aviez plus qu'à venir retirer la commande. Maillon faible: les pharmaciens, qui ont fini par dénoncer le système, certains clients revenant peut-être un peu trop souvent. Résultat, la police est remontée jusqu'à Calcutta, où l'avocat de Xponse affirme que son client n'a fait que livrer des softwares à des clients américains peut-être mal intentionnés. Une chose est sure, nous vivons la mondialisation de l'amphétamine.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mercredi 14 février 2007

Je préviens tout de suite, la réponse de Monsanto, dont j'ai sollicité le siège, à Saint-Louis, il y a deux jours après l'annonce de l'arrêt des fumigations colombiennes à la frontière équatorienne (lire le post d'hier), va être décevante:

"Les questions concernant le programme d’éradication des drogues du gouvernement américain en Colombie doivent être adressées au département d’Etat au 202-647-3140.
"Quelle que soit la source du glyphosate utilisé en Colombie, l’herbicide agricole Roundup vendu par Monsanto s’appuie sur l’un des ensembles d’études sanitaires et environnementales les plus importants au monde concernant un pesticide.
"Ces herbicides au glyphosate ont été inspectés intensivement et autorisés par l’Agence américaine de protection de l’environnement et par d’autres instances de régulation à travers le monde.
"Les herbicides agricoles Roundup ont un excellent profil sanitaire et environnemental et une longue histoire de pratiques exemptes de problèmes dans plus de 130 pays.
"Les produits Roundup peuvent être utilisés sans effets secondaires sur la santé ou l’environnement lorsqu’ils le sont en suivant la notice."

Evidemment, toute l'ambiguïté se situe dans cette dernière réponse. Difficile, en effet, de croire que les mercenaires de DynCorp, payés par le gouvernement américain (sur la photo, le secrétaire d'Etat adjoint Charles rend visite aux troupes antinarcotiques colombiennes en 2004), ou les militaires colombiens lisent attentivement la notice avant de lancer leurs opérations de fumigation. Et à lire ladite notice, difficile de croire qu'elle puisse de toutes façons s'appliquer à des opérations de type militaire. Enfin, beaucoup d'ONG accusent la Colombie et les Etats-Unis d'utiliser le Roundup dans des concentrations supérieures aux normes en vigueur.

A toutes fins utiles, pour remettre la réponse du siège américain de Monsanto dans son contexte, je rappelle également que le géant de l'agrochimie a été condamné en France le 26 janvier dernier pour publicité mensongère pour avoir présenté son Roundup comme... un produit bio.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mardi 13 février 2007

L’ambiance ne doit pas être à la fête chez Hugh Grant en ce début de semaine. Pourquoi est-ce que je m’intéresse à la star anglaise me direz-vous ? En fait, ce Hugh Grant là est beaucoup moins glamour (voir sa photo et son CV ici) puisqu’il s’agit du PDG de Monsanto, le très controversé géant américain de la chimie. Et s’il n’est pas à la fête, c’est que sa compagnie vient d’essuyer deux revers coup sur coup. Le premier, parce que l’agence britannique de l’Environnement a décidé hier de lancer une enquête sur des déchets toxiques produits par sa firme et enfouis près de Cardiff. Le second, et j’en viens là au sujet qui nous intéresse, parce que le gouvernement colombien a décidé vendredi de mettre fin à la fumigation aérienne de la coca près de la frontière équatorienne. Un recul qui donne des arguments aux adversaires du désherbant Roundup ultra, «porte-drapeau de la gamme agrochimique de Monsanto» selon la publicité. Comment , en effet, expliquer l’arrêt de la fumigation, qui représenterait pour la multinationale de Saint-Louis un contrat de plusieurs millions de dollars, pour protéger la population équatorienne alors que celle-ci continuerait en Colombie ?

Depuis des années, le gouvernement équatorien dénonce l’impact sur la population frontalière de l’épandage aérien de glyphosate, principal composant du Roundup. En effet, si la marque et le gouvernement américain ont toujours défendu l’innocuité de l’herbicide, cette dernière est plus que discutable (lire ici et voir la galerie de dessins d'enfants équatoriens ici) particulièrement en raison des concentrations élevées et des conditions d'utilisation hors de toutes règles de sécurité en Colombie. Après avoir consenti à un moratoire le long de la frontière fin 2005, la Colombie avait unilatéralement repris la fumigation en décembre, provoquant le rappel de l’ambassadeur équatorien à Bogota.

«La Colombie va procéder désormais à une éradication manuelle et mettre fin à la phase d'épandage de façon à ce que nous puissions mettre en oeuvre de bonne foi l'accord entre les deux présidents», a déclaré la ministre des Affaires étrangères colombienne, Maria Consuelo Araujo. Avant de préciser que l'Etat emploierait 1200 personnes pour arracher la coca dans les provinces frontalières de Putumayo et de Narino. Reste que le nouveau président équatorien, Rafael Correa, menaçait toujours samedi de porter cette question devant la Cour internationale de justice de La Haye (lire ici) afin de la trancher définitivement.

Une mauvaise nouvelle pour Washington, qui avait déjà vu le mois dernier le gouvernement afghan refuser, malgré ses pressions, de recourir à la fumigation contre les champs de pavot. Et une bonne nouvelle pour les opposants latino-américains à la guerre à la drogue, qui obtiennent là leur première victoire sur leur ennemi nord-américain et son allié colombien. Ces derniers ne comptent pas en rester là. Mercredi, leur leader, Hugo Chavez, a promis que le Venezuela financerait la production de 4000 tonnes de coca bolivienne en achetant tous types de dérivés légaux de la plante (savon, thé, huiles, médicaments… lire ici) pour détourner les paysans du marché de la cocaïne. Une manière de signifier aux Etats-Unis, qui tentent de dissuader le président bolivien Morales de relancer la culture légale de coca dans son pays, qu'il existe une autre approche que la force pour lutter contre la cocaïne.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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