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drogues

Mardi 26 décembre 2006 2 26 /12 /2006 15:09

 

«Comment fumer en toute sécurité». Tel aurait pu être le titre de cette vidéo dont le but est d’apprendre à déjouer la vigilance policière lorsque l’on est en possession de drogues. Tout cela pourrait n’être qu’une lubie adolescente tout droit sortie d’une soirée trop enfumée si son auteur n’était autre qu'un... ex-agent des stupéfiants du Texas. Et pas n’importe lequel. Selon son ancien supérieur hiérarchique, Barry Cooper «était probablement le meilleur agent des stupéfiants de tout l’Etat, voire de tout le pays».
Le DVD Never get busted again («Ne te fais plus jamais arrêter») sort aujourd’hui (extrait ci-dessus) avec la mise en ligne d’un site web. On y apprend, pour 25 dollars, comment réussir une cachette parfaite, éviter d’attirer l’attention de la police ou encore tromper les chiens.
Partisan de la légalisation de la marijuana (mais pas des autres drogues ilicites), Barry Cooper justifie sa démarche par les dégâts liés à la guerre à la drogue américaine, qui détruit des familles et remplit les prisons de condamnés non-violents : «Ma principale motivation est d’apprendre aux Américains à faire respecter leurs libertés civiques. C’est l’injustice de notre système qui me pousse. J’apprends juste aux gens comment ne pas détruire leur vie en étant enfermé dans une cage», a-t-il déclaré mercredi dernier au Tyler Morning Telegraph. «Je sais que ça ne sera pas accepté par mes pairs, ici au Texas, mais dans d’autres endroits du pays, je serais félicité. Quand je perquisitionnais des maisons et détruisais des familles, ma conscience me disait que j’avais tort, mais mon appétit de pouvoir, de gloire et de reconnaissance professionnelle l’emportait sur ma bonne conscience.» Avant de conclure: «Les milliards de dollars que nous dépensons pour la guerre à la drogue devraient l’être pour protéger nos enfants. Ils sont molestés tous les jours alors que tout le monde sait que nous avons déjà perdu cette guerre.» Autant d'arguments régulièrement mis en avant par les membres de l’association américaine Leap (Law enforcement against prohibition), qui regroupe d’anciens policiers, magistrats, directeurs de prison luttant contre la guerre à la drogue.
Mais bien sûr, tous ses anciens collègues ne voient pas tout cela d’un bon oeil. «Je suis choqué, comme tous les officiers qui ont fait le serment de défendre les lois de cet Etat et de cette nation, a déclaré Richard Sanders, responsable de la DEA (les stups américains) à Tyler (Texas), où réside Cooper. Il est clair que toute cette affaire a pour unique but de se faire de l’argent.» Et ce dernier de menacer d’une enquête sur la légalité de cette entreprise.
«Je mets quiconque n’est pas d’accord avec moi au défi de venir débattre en public pour entendre ce que j’ai à dire et je parie que certains changeront alors d’avis, s’est enfin défendu Cooper. Mais je suis sûr que d’autres me verront comme le diable.»

Regarder l'interview de Barry Cooper sur MSNBC.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Jeudi 28 décembre 2006 4 28 /12 /2006 15:05
La Chine serait-elle en train de gagner sa quatrième guerre de l’opium? C’est en tout cas ce que clament haut et fort les autorités depuis un mois, faisant preuve d’un optimisme qui laisse pour le moins sceptique. Mardi, le directeur adjoint du Bureau antinarcotiques du ministère de la Sécurité publique, Liu Yuejin, a ainsi affirmé en présentant le bilan de la répression en 2006: «Nous avons obtenu un grand succès dans la lutte contre les crimes liés à la drogue cette année (…). Grâce à des mesures de répression, le trafic d’héroïne a été maîtrisé et le prix de l’héroïne a connu une hausse brutale en Chine» (fréquentant personnellement peu d’héroïnomanes chinois, je ne suis pas en mesure de confirmer cette information).
Le mois dernier déjà, le nombre de toxicomanes avait été officiellement revu à la baisse: de 785000 fin 2005 à 720400 (l’ONU en recensait de son côté 1,6 million en 2004, ce qui laisse augurer de la précision de ces statistiques!). Des résultats immédiatement attribués au succès de la politique de soins obligatoires et de lutte accrue contre le trafic (notamment contre les précurseurs chimiques) adoptée en novembre 2005.
Mais aussi à un certain changement de philosophie de Pékin, récemment converti à la réduction des risques. Le gouvernement ouvert, depuis 2005, 300 cliniques méthadone et annoncé la création d’autant de centres d’échanges de seringues. Deux domaines dans lesquels la Chine se montre donc aujourd’hui plus progressiste que les Etats-Unis... qui ne sont pas une référence en la matière.
Voilà pour le côté Ying. Côte Yang, la Chine fait face à une explosion extrêmement inquiétante du sida: +30% de séropositifs cette année, dont près de la moitié seraient toxicomanes. De quoi sérieusement relativiser le satisfecit officiel en matière de prise en charge de cette population que beaucoup d'observateurs ont du mal à estimer déclinante.
De plus, comme d’autres pays d’Asie, la Chine connaît un problème croissant avec les méthamphétamines, dont elle est un des principaux producteurs avec le Myanmar voisin. La «guerre populaire à la drogue» lancée l’année dernière avait ainsi révélé l’ampleur de la consommation de cette drogue -mais aussi d’ecstasy et de kétamine (1)- chez les actifs urbains.
Dernier point noir au tableau: la brutalité avec laquelle Pékin mène son combat contre le narcotrafic. Chaque année, les autorités «fêtent» la journée mondiale contre la drogue des Nations unies (26 juin) par des exécutions de trafiquants à travers tout le pays (27 en 2006).
Le géographe
Pierre-Arnaud Chouvy me rappelait récemment que la seule éradication du pavot à marche forcée réussie dans l’histoire était celle qu’avait menée Mao dans les années 50. Mais à quel prix?
 
(1) Le directeur Liu rapportait l’année dernière au
China Daily que les 500 invités d’un mariage chic de Shangaï s’étaient vus offrir de la Kétamine.



Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Samedi 30 décembre 2006 6 30 /12 /2006 16:21

Et s’il fallait se résumer. Savoir ce qui a changé, ou pas, cette année. 2006 fut-elle, en France, une année stupéfiante?

L’événement le plus marquant n’a, étonnamment, pas inspiré un seul de mes collègues. Pas une ligne dans les journaux, pas une image à la télé. Il s’agit pourtant de l’une des principales révisions de la loi de 1970 votée par le Parlement, à l’initiative du ministre-candidat Sarkozy et du charismatique ministre de la Justice Pascal Clément. Noyée au milieu de la controversée loi sur la délinquance, la philosophie de cette révision «clandestine» est simple: frapper un tout petit peu moins fort pour frapper beaucoup plus souvent. Concrètement, la consommation reste un délit (passible d’un an de prison) mais les simples usagers devraient surtout se voir dirigés vers des structures médicales ou de «sensibilisation aux dangers de la drogue…». Reste à savoir ce qu’il adviendra du projet si Segolène Royal l’emportait à la présidentielle.

Le second événement de l’année est passé un tout petit peu moins inaperçu. Il s’agit des trente ans de l’appel du 18 joint. L’occasion, trente ans après, d’un bilan d’étape… en forme de gueule de bois. Non seulement la consommation de cannabis reste un délit, mais la plupart des signataires de l’époque refusent de s’engager à nouveau. Maigre consolation pour moi, dans Libé (où l’appel fût publié en son temps) mon ami Antoine de Gaudemar signe pour l’occasion un très bel édito.

A propos des consommateurs de cannabis toujours, après des années de hasch coupé au henné ou à la paraffine, l’année a été marquée par la diffusion à grande échelle d’herbe coupée aux microbilles de verre, à la farine ou encore au sable (photo Circ Nord-Est). Le petit commerce n’es plus ce qu’il était.

Dernière tendance de fond, la révélation au grand public de l’ampleur de la consommation de cocaïne en France, en hausse régulière de puis des années. Dans les quartiers, certains réseaux de revendeurs de hasch se mettent à la poudre, devenue plus indispensable que les Ferrero pour toute soirée de jeunes cadres dynamiques.

Pour 2007 ? Après Baffie et Karl Zéro, le président de la République Sarkozy invite tous les fumeurs de France à l’Elysée… Qui sait ?

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mercredi 3 janvier 2007 3 03 /01 /2007 11:43
Bien sûr, ces chiffres, tout officiels qu’ils soient (1), sont à prendre avec des pincettes. Mais à travers leur imprécision se dessine le profil de la prohibition à la française. Le cannabis serait, de fait, dépénalisé? Soit, mais plus de 90000 usagers simples sont arrêtés chaque année. Les usagers ne sont jamais amenés devant un tribunal? En 2005, 32000 personnes au total ont été condamnées pour infraction à la législation sur les stupéfiants,soit 10000 de plus que le total des revendeurs arrêtés la même année... La police cible en priorité les dealers? Ils sont cinq fois moins nombreux à être arrêtés que les usagers. Et encore, sur un total de près de 20000 interpellés, plus de la moitié (11200) sont des usagers-revendeurs.
Ce sont ces chiffres que se propose de vous rappeler, tout au long de cette année, mon compteur de la prohibition en France (ci-contre), librement inspiré de celui créé par le site antiprohibitionniste américain Drugsense (également visible, et commenté, ici). Jour après jour, seconde après seconde, il propose une extrapolation des arrestations, des saisies et des sommes dépensées pour lutter contre la toxicomanie en France depuis le début de cette année. Une piqûre de rappel quotidienne pour tous ceux qui croiraient, à tort, que la France a désarmé dans la guerre à la drogue.

(1) Ils sont basés sur le rapport 2006 de l’Octris, les chiffres clés du ministère de la Justice et, pour le budget de la lutte contre les toxicomanies, sur une étude réalisée en 1998 et reprise par la cour des comptes (en l’absence de budget unifié global de la lutte contre la toxicomanie, ils sont les plus récents existant).
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Jeudi 4 janvier 2007 4 04 /01 /2007 01:11
Neuf mille morts. Ce serait, à en croire une commission parlementaire citée hier par le quotidien El Universal, le bilan de cinq ans d’affrontements pour le contrôle du narcotrafic au Mexique. Policiers, trafiquants, magistrats... le nombre des victimes serait passé de 1080 en 2001 au double en 2006. Si ces chiffres sont, là encore, dans un pays marqué par la violence, à prendre avec précaution, l’évolution, elle, semble se confirmer. Et elle est d’autant plus frappante, comme le souligne lemonde.fr, qu’au même moment, la Colombie connaît une baisse des crimes violents (tout de même 17000 recensés en 2006). Entretien avec Laurent Laniel, sociologue, animateur du site Drugstrat et grand spécialiste de la géopolitique des drogues.

Comment expliquer cette hausse de la violence au Mexique?
Il faut d’abord noter que le pays est marqué par une forte tradition de violences et que le trafic de drogues peut n’être qu’un prétexte. Quand on retrouve un homme abattu les mains attachées, on dit qu’il s’agit d'un règlement de comptes entre narcos. Personne ne pose de questions. De manière plus générale, la violence est une des conséquences de la rupture des liens traditionnels entre le pouvoir central et les trafiquants.
Quelle était la nature de ces liens?
Historiquement, les trafiquants ont été soumis à la police, elle-même soumise aux politiciens. Le Mexique est l’un des premiers pays du narcotrafic. Avant même le XXe siècle, on y produisait et y consommait opium et marijuana, exportés en toute légalité vers les Etats-Unis. Après l’adoption des premières lois fédérales antidrogues aux Etats-Unis en 1914, ce commerce se poursuit, mais illégalement, ce qui accroît sa rentabilité.
Tellement que, dans le Nord, des politiciens s'y investissent. Petit à petit, le PRI, le parti unique, a été impliqué. Des gens puissants ont protégé, voire «racketté», les trafiquants, se servant de la police comme intermédiaire. L'ancien maire de Mexico, Carlos Hank Gonzalez, a même été accusé par les Américains de diriger le trafic. A la même époque, le Cartel du Golfe a pris de l’ampleur sous la présidence de Salinas (1988-1994), soupçonné d’être un proche de son leader, Juan Garcia Abrego. Au moins jusqu’en 2000, la puissance des cartels dépendait de leurs liens avec le pouvoir. C’est moins clair maintenant: le trafic, comme la politique, s'est démocratisé, mais la concurrence entre les acteurs est très violente.
Le cas du Mexique intéresse moins la communauté internationale que la Colombie...
Parce qu’en Colombie, les narcos sont des entrepreneurs privés qui se sont érigé en groupes paramilitaires, menaçant l'Etat et la classe dominante traditionnelle. Ce phénomène a attiré l’attention de la police et des médias américains. C’est aussi l’époque où le trafic international de drogues commence à être perçu au Nord comme une menace réelle. Dans les années 80, la Colombie popularise l’image du dangereux trafiquant qui s’en prend à l’Etat.
Les auteurs du rapport parlementaire font de la hausse de la consommation au Mexique même une des raisons de la hausse de la violence.
Le pays a un pied au Nord et un autre au Sud. Une classe moyenne en quête de sensations y côtoie la population des bidonvilles, où le désespoir sert de terreau à la toxicomanie. La consommation de stupéfiants augmente, ainsi que le nombre de  dealers «détaillants». On disait jusqu’il y a peu que l’héroïne et la cocaïne étaient uniquement destinées à l’exportation. Mais depuis les années 90, le pays est devenu un énorme consommateur. Le phénomène est désormais visible et pose des problèmes «d'insécurité de proximité», comme dans la plupart des pays latino-américains, notamment l’Argentine et le Brésil.
Mexico semble aujourd’hui s’impliquer plus fortement contre le narcotrafic.
Les choses ont certes changé depuis que le PRI a perdu le pouvoir, en 2000. Les trafiquants se sont autonomisés. L’armée a été impliquée dans la lutte pour suppléer une police totalement corrompue et en laquelle le nouveau gouvernement n’avait aucune confiance. Mais même à imaginer que l'actuel président ait la volonté de lutter contre le trafic, il y a un pas, au Mexique, entre les faits et la volonté politique. Comment pourrait-il lutter? La police reste corrompue et l’armée le devient. Aucune réforme de fond concernant la lutte antidrogues n’est envisagée alors qu’on atteint les limites du modèle «tout répressif», qui accroît la violence et la corruption au lieu de les faire diminuer.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Vendredi 5 janvier 2007 5 05 /01 /2007 11:09
Depuis quelques années, on peut, en France, se procurer des graines de cannabis dans des magasins ayant pignon sur rue. Un commerce florissant qui n’est, on s’en doute, pas du goût des autorités. Mais ces graines sont-elles réellement interdites par la loi? Ou est-il seulement interdit de les faire pousser?
De prime abord, le bon sens voudrait que la graine à l’origine d’une plante interdite le soit également. C’est ce même argument de bon sens qu’a retenu mercredi le tribunal de Lorient pour condamner quatre membres du growshop (1) guingampais Jardin de Poche à des peines allant de quatre à huit mois de prison avec sursis pour trafic de stupéfiants, en l’occurrence des graines de cannabis. Seulement voilà, le bon sens et le droit ne font pas toujours bon ménage.
D’abord parce que les graines de cannabis ne figurent pas au tableau des stupéfiants. Ne contenant pas de THC, principale substance active, elles ne sauraient en effet en aucun cas être considérées comme des stupéfiants.
Certes, répondent les autorités, mais les variétés de graines de chanvre autorisées pour l’agriculture sont de toutes façons limitativement énumérées par un règlement et ne concernent que des variétés non-psychotrope. Enfin, leur importation est soumise à autorisation de l’Office national interprofessionnel du chanvre (Onic).
Certes, répondent à leur tour les propriétaires de growshops, mais ces graines ne sont pas destinées à germer (ce qui est explicitement rappelé sur les paquets) et ne sont donc pas concernées par ce règlement. En effet, elles sont officiellement vendues comme complément alimentaire pour oiseaux, très friands de graine de chanvre. «Comme nos graines ne sont dans aucune des cases, ni dans les stupéfiants, ni dans les graines à planter, elles sont parfaitement légales», se défend Arnaud Débouté, l’un des condamnés (lire son argumentaire en commentaire ci-dessous). Une interprétation que contestait sur son site, il y a deux ans, le professeur de droit Yann Bisiou, co-auteur du Droit de la Drogue et l’un des meilleurs spécialistes français de la question.
Mais à la décharge des growshops, vérification faite auprès de l’Onic, aucune animalerie française n’a jamais demandé d’autorisation d’importation de graines à oiseaux. Pourtant, chaque dimanche matin, en face du Palais de justice de Paris, ces graines à oiseaux sont vendues au kilo en toute impunité. Ces marchands devraient-ils, comme les salariés du Jardin de Poche, être condamnés pour fraude à l’importation d’alimentation animale?
Le tribunal en a décidé autrement, assortissant sa condamnation pour trafic de stupéfiants d’une autre pour incitation à l’usage. Une incrimination qui présente l’avantage d’être suffisamment floue pour être difficile à contester en appel.

(1) Magasin dédié à la culture de cannabis. Il en existe plus de 200 en France.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Dimanche 7 janvier 2007 7 07 /01 /2007 13:36


Nos voisins helvétiques sont décidément des citoyens modèles. Tout à leur souci de faire évoluer la science, ils sont des centaines à avoir convergé fin décembre vers l’université de Zürich pour servir de cobayes à une expérience inhabituelle: prendre de la MDMA (principale composante de l’ecstasy) sous contrôle médical pendant un an. Le tout pour la modique somme de 370 euros. «Nous avons reçu beaucoup plus d'offres que d'habitude comme sujet d'expérience», a confié le week-end dernier au Matin Boris Quednow, responsable de l’expérience.
Agréée par l’Office fédéral de la santé publique et la commission d’éthique du canton, et ce malgré l'interdiction de la MDMA depuis 1985, l’opération a pour but d’étudier l’effet de l’ecstasy sur le cerveau. Quarante candidats ont été retenus, mais seuls la moitié d’entre eux recevront, jusqu’au printemps 2008, de la MDMA. Les finalistes malchanceux devront se contenter d’un placebo (lire l’article de la
Tribune de Genève).
Des expériences menées dans les années 90 sur des patients sélectionnés par des psychiatres avaient abouti à un résultat assez surprenant: neuf sur dix avaient estimé que leur état s'était amélioré et qu'ils avaient repris confiance en eux. A l’inverse, une étude néerlandaise publiée fin novembre par le Dr Maartje de Win (dont j’ai déjà parlé
ici) concluait à des lésions neuronales. Bref, malgré l’activisme politique déployé pour démontrer ses dangers (lire le passionnant article de la revue Swaps publié à ce sujet en juin 2000), la question est loin d’être tranchée et il n’existe aucune preuve clinique ou biologique irréfutable d’une réelle dangerosité de l’ecstasy consommée sans abus.
Une chose est sûre quoi qu'il en soit: en cas de troubles consécutifs à l’expérience menée à Zürich, il n’y aura pas de versement de dommages et intérêts. Les patients ont dû s’y engager par écrit.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Jeudi 11 janvier 2007 4 11 /01 /2007 03:01

 

Pour les fans, ou pour tous ceux (et ils doivent être nombreux) qui n'auraient eu ni le temps ni l'envie d'acheter le best-seller Halte au cannabis, je ne résiste pas au plaisir malsain de signaler deux morceaux de choix: l'inénarrable professeur Costentin en version vidéo (cliquer sur le lien ou écouter les extraits dans le player ci-dessus) ou audio (la tête au carré, sur France Inter). Si vous avez raté les précédents épisodes, Jean Costentin dirige une unité de neuropsychopharmacologie au CNRS et, à ses heures perdues, joue le nouvel imprécateur français anticannabis. Vous trouverez donc au programme de ses deux interventions, le déjà culte "tsunami de THC dans le cerveau", l'incontournable appétence pour l'alcool née du cannabis, les "150000 héroïnomanes qui sont tous passés par le cannabis", l'impayable "cannabis qui tue autant que l'alcool" au volant, pour conclure sur l'anthologique: "Si tous ceux qui fument du cannabis ne sombreront pas dans l'heroïnomanie, c'est surtout parce que leur chemin n'aura pas croisé celle-ci."
Bref, à ne surtout par rater pour tous les amateurs de science-fiction. Pour les amateurs de science tout court, nous recommanderons plus sobrement pour en savoir plus sur les dangers du cannabis le
rapport du Sénat canadien, le rapport Rocques ou encore le rapport de l'Inserm. Evidemment, c'est moins marrant.

 

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Vendredi 12 janvier 2007 5 12 /01 /2007 02:44

Pour les candidates ce sera non, vous disais-je. Dans une lettre ouverte publiée sur son site mercredi et intitulée Le monde a changé, la France a bougé, alors la politique doit changer, le Circ offre à Ségolène Royal l’occasion de prouver le contraire.

« Madame. Un peu partout, on lit et l'on entend que vous incarnez le changem ent », démarre la lettre rédigée par Jean-Pierre Galland, avant de rappeler la position défendue dans le projet socialiste: «En ce qui concerne le cannabis, face aux risques liés à une consommation largement répandue, nous ouvrirons un débat pour proposer une régulation publique, et une révision de la loi de 1970».

Une position par rapport à laquelle Segolène Royal s’est trouvée plus qu’en retrait le mois dernier chez Serge Moati: «Je ne suis pas favorable à la dépénalisation de la consommation de drogues, mais en même temps je crois qu'il faut sortir de l'hypocrisie, et ce dont les jeunes souffrent c'est de polytoxicomanie, c'est-à-dire le mélange drogue, alcool, qui est quand même une drogue légale, et quand on voit aujourd'hui l'alcoolisme chez les jeunes, il est souvent aussi grave que la consommation de drogues dites douces. Et donc je crois que la question est globale, c'est une question éducative de lutte contre toutes les formes de toxicomanie, et aussi une interrogation sur les raisons pour lesquelles les jeunes transgressent.» Un subtile bottage en touche donc. Stratégie adoptée la même semaine de décembre par Dominique Voynet et Arlette Laguiller. Reste Marie-George Buffet, pour qui il devient franchement humiliant que personne n’ait encore jugé opportun de lui poser la question.

Or, rappelle le Circ, «toutes les enquêtes le démontrent : la répression n'influe pas sur l'usage». Et en France, «la répression n'est pas un mythe et le nombre annuel d'interpellations pour usage de stupéfiants n'a cessé d'augmenter. En 2005, tous les records ont été battus avec 146 424 interpellations, une politique qui coûte cher à l'Etat et mobilise de nombreux policiers dopés au rendement, une politique qui ne sert strictement à rien, si ce n'est attiser l'incendie qu'elle est censée éteindre». Rappelons à toutes fins utiles, que la France est l’un des pays européens les plus répressifs en la matière: dans l'Union à 25, seuls Chypre, la Grèce, la Finlande et la Suède font aujourd'hui de la consommation de cannabis une infraction pénale. Ce qui n’empêche pas notre jeunesse d’être l’une des plus grosses consommatrices de cannabis en Europe. Loin devant les Pays-Bas

«D'autres femmes en d'autres temps, Simone Veil en se battant pour officialiser la réduction des risques ou Michèle Barzach en libéralisant la vente des seringues, ont osé s'attaquer au tabou de la "drogue" et à imposer des mesures réalistes qui ne sont plus contestées aujourd'hui, conclue la lettre. À votre tour d'impulser une politique novatrice dont l'axe ne soit pas la répression, mais la prévention et la " régulation publique… d'une consommation aujourd'hui largement répandue».

La «régulation publique du cannabis» trouvera-t-elle sa place dans l’«Ordre juste»? C’est d’autant moins probable que les partisans de la dépénalisation restent minoritaires dans l’opinion.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Vendredi 12 janvier 2007 5 12 /01 /2007 03:14

«Le patriarche», Lucien Engelmajer, fondateur d’une association d’aide au sevrage des toxicomanes, a été condamné mardi à cinq ans de prison et 375000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Toulouse pour travail dissimulé et abus de biens sociaux.

Jean-Paul Séguela, ex-conseiller de Pasqua pour les affaires de toxicomanie, qui aurait profité des largesses du Patriarche, a été condamné à trois ans de prison dont un avec sursis et 50 000 euros d’amende. Un seul des quinze autres prévenus a été relaxé.

Reste un responsable de premier plan qui s’en sort bien: l’Etat. Car, comme l’a rappelé le procureur, si le Patriarche s’est révélé être «une secte qui a exploité sans vergogne» ses pensionnaires «pour construire un empire colossal», les autorités publiques le savaient depuis longtemps mais n’ont rien dit… tant que le Patriarche prenait en charge une population qu’elles n’étaient pas prêtes à assumer. Et pour une somme modique.

Quoi qu’il en soit, sa condamnation ne devrait pas trop perturber Lucien Engelmajer, en fuite au Belize et encore poursuivi en France pour viols.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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