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Vendredi 9 février 2007

C’est ce que l’on appelle gâcher la fête. Alors que les responsables des forces de l’ordre du continent américain sont actuellement réunis à Los Angeles pour trouver un moyen de se débarrasser des Maras (lire ici ou ici), ces gangs de jeunes originaires d’Amérique centrale qui les empêchent de policer en rond depuis quelques années, un institut américain tout ce qu’il y a de plus sérieux leur a balancé hier une mini-bombe entre les pattes. Selon le rapport du Washington office on Latin America (Wola), la répression policière contre ces gangs violents ne fait que les renforcer.

Au Salvador, au Honduras et au Guatemala, «où ils sont une menace sérieuse pour la sécurité publique», «les réponses du gouvernement se sont concentrées sur des stratégies répressives. Cette stratégie a été contre-productive. L’étude montre que les gangs se sont organisés pour faire face à cette ligne dure de la police. La sécurité publique n’a pas été améliorée».

Face à ce constat, les experts, qui ont étudié pendant un an ces trois pays mais aussi le Nicaragua, le Mexique et les Etats-Unis (à Washington), prônent «une approche plus globale du problème ; l’implication de la police dans des actions de prévention mais aussi la mise en place de réponses citoyennes.»

Vu que la fine fleur de police américaine va très probablement ignorer ce rapport, les experts du Wola pourront toujours l'envoyer au ministère français de l’Intérieur.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mercredi 7 février 2007
A en croire les dernières nouvelles, ce n'est pas une loi contre les mineurs délinquants que le ministre-candidat Sarkozy devrait défendre, mais une loi contre les seniors délinquants.
Hier, la police a déclaré avoir récemment arrêté sur un parking de centre commercial du Val-de-Marne un retraité de 60 ans en provenance d'Espagne et porteur de 289 kg de pollen (forme de cannabis). Le retraité, placé en garde à vue, avait été recruté "pour sa bonne mine". Une stratégie de plus en plus fréquente chez les trafiquants.
Il y a quinze jours, on apprenait dans le Journal du Québec  qu'un homme de 74 ans dealait du speed pour se faire des amis et "briser son ennui" depuis que sa mère était morte à l'âge de 102 ans, il y a seize ans.
Aux Etats-Unis, sur le blog du Tsar antidrogues, on pouvait enfin lire le 27 janvier: "Qui paie le prix du malentendu des années 60 et 70 sur les dangers des drogues? Nous tous." S'ensuivait le compte rendu de deux enquêtes. Une première sur la consommation de drogues des baby-boomers, plus importante que celle des adolescents actuels... Une seconde sur la hausse, chez les baby-boomers, des décès "liés à des causes ayant marqué cette génération depuis les années 60: abus de drogues, suicides et accidents". Ainsi la moitié des morts d'overdose en 2003 aux Etats-Unis étaient des baby-boomers (26% de la population).
Drogués, dealers, suicidaires… Jeunes, planquez-vous, voilà le péril vieux.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mercredi 7 février 2007

Sarkozy, lundi soir, sur TF1. «Sur la drogue, guerre totale [...]. Je ne légaliserai pas. Je la combattrai.» Mais certainement pas le vin, «qui est un produit du terroir et qu'on ne doit pas culpabiliser.» C'est vrai, pourquoi culpabiliser quand on sait que l'alcool fait 45000 morts par an en France quand «la drogue» qu'il faut «combattre» tue chaque année 60 personnes? Selon le ministère de M. Sarkozy.

 

P.S.: Contrairement à ce qu'affirme Nicolas Sarkozy, les Pays-Bas n'ont pas "légalisé la drogue" mais dépénalisé la consommation de cannabis par une circulaire. Enfin, cette opération n'a pas du tout été une catastrophe: les jeunes Néerlandais fument moins que les jeunes Français.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Vendredi 2 février 2007

Patron de PME, Claude Bauchet est le représentant en France du Santo Daime, culte christiano-chamanique originaire du Brésil, où il compte plusieurs milliers de fidèles et est reconnu comme une religion. En France, l’ayahuasca, plante psychotrope utilisée comme sacrement par les daimistes, a été interdite en 2005. Entretien.


Quels sont vos rapports avec les autorités françaises ?

Nous avons subi les pires persécutions (trois personnes en prison durant plus de vingt jours). Après une instruction qui a duré trois ans, un premier procès a eu lieu, sous les hospices de la chasse aux sectes. Nous avons été condamnés à huit mois de prison avec sursis, pour «trafic international et utilisation de stupéfiants», alors que l’ayahuasca n’était pas sur la liste des stupéfiants!

Nous avons fait appel et gagné. La justice reconnaissait enfin que l’ayahuasca n’était pas interdite! Notre répit aura été de courte durée car trois mois après, le ministère de la Santé procédait au classement des principales composantes de l’ayahuasca! Une décision politique qui n’a rien à voir avec la santé publique! Le Santo Daime est une religion chrétienne, qui utilise l’ayahuasca comme sacrement. Interdire l’ayahuasca, c’est interdire une religion, puisque notre sacrement est inséparable de notre rituel. Nous sommes donc devant un cas de violation de la liberté de conscience! De violation des droits de l’homme!

 

Vous avez déposé un recours au Conseil d'Etat...

Il s’agit d’un abus de pouvoir et d’une profonde injustice mais nous utilisons des moyens pacifiques pour contrer les calomnies qui sont propagées au nom de la santé publique! Nous faisons à nouveau appel pour que, avec les autorités, nous puissions harmoniser notre pratique religieuse avec les impératifs de santé publique! Nous sommes partisans d’une réglementation afin d’éviter les utilisations inadéquates de l’ayahuasca et de la voir pervertie, comme de nombreuses autres plantes sacrées!

Pour être entendu, faut-il organiser une manifestation dans les rues de Paris de tous les amis européens des plantes sacrées qui sont médusés par l’attitude rétrograde des autorités Françaises?

 

Des membres du collectif Meyaya, organisateur de stages iboga, ont été mis en examen la semaine dernière. Comment expliquez-vous ce soudain intérêt des autorités?

Nous remarquons que ce «soudain intérêt» intervient à un moment crucial de notre recours! Je mets donc en garde contre les amalgames, que ne manqueront pas de faire les prohibitionnistes pour affirmer la dangerosité des plantes enthéogènes et réclamer leur prohibition! Ce n’est ni l’iboga, ni l’ayahuasca qui sont dangereux, mais les apprentis sorciers qui les utilisent sans aucun respect des règles de la tradition qui enseigne leurs usages. Prohiber ces plantes sacrées c’est porter atteinte aux droits de l'homme et les jeter dans l’enfer du trafic, donc les diaboliser.

 

La mission interministérielle contre les sectes pointe les risques de dérives du «néo-chamanisme» en France…

Les membres de la Miviludes n’ont jamais tenté de rentrer en contact avec moi. Ils fondent leurs jugements sur des cas discutables qui frôlent le ridicule. Il n’a jamais été constaté de cas mortel dû à l’ayahuasca utilisée dans un cadre rituel! Si on veut vraiment savoir ce qu’est l’ayahuasca, il faut venir la boire! Ils pourraient au moins tenter de parler avec nous. L’ayahuasca est un breuvage sacré, la comparer à une drogue est d’une imbécillité sans nom! Nous sommes des gens sérieux, bien intégrés dans la société et nous voulons la liberté de pratiquer notre culte. Nous ne faisons aucun prosélytisme, mais celui qui frappe à la porte est le bienvenu!

 

Que représente le Santo Daime hors du Brésil?

Il existe désormais à travers le monde un grand mouvement de légalisation des plantes sacrées utilisées à des fins religieuses. Récemment, la Cour suprême des Etats-Unis a légalisé l’utilisation de l’ayahuasca à des fins religieuses. En Europe, le Santo Daime est désormais bien implanté. Sa pratique a déjà été légalisée en Hollande et en Espagne. Dans les autres pays européens, les autorités ont été informées par les groupes eux-mêmes de leur existence et ils continuent de se développer de façon harmonieuse.

En France, il est présent depuis à peu près vingt ans et environ 500 personnes ont, au moins, fait l’expérience de son rituel sur le territoire français, sans compter les personnes qui l'utilisent de façon différente.

Aujourd’hui, la peur domine, mais il reste tout de même une poignée de fidèles obligés de s’exiler pour pratiquer leur religion. En ce qui me concerne, je maintiens de façon virtuelle le Centro livre do Ceu de Paris, actuellement fermé en raison de la situation mais appelé à accueillir à nouveau les personnes intéressées par le Santo Daime, après la reconnaissance de notre sacrement par les autorités.

 

Et si votre recours était rejeté ?

Le Santo Daime est ma voie spirituelle et je vais continuer sur ce chemin, même si je dois m’exiler! En cas de réponse négative du Conseil d’Etat, il restera la cour de Justice européenne… Nous allons aussi commencer un travail de relations publiques auprès des élus. C’est quelque chose que je peux continuer à faire... même en exil!

 

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mercredi 31 janvier 2007
Dans la catégorie n’ayons pas peur du ridicule, le secrétaire d’Etat américain adjoint, Richard Boucher, a déclaré hier à Berlin à l’AFP, en marge d’une conférence sur la reconstruction de l’Afghanistan: «L’opium comptait pour un tiers de l'économie afghane en 2005, mais, selon nos informations, son importance décroît.» Belle preuve d'optimisme, immédiatement tempérée (car le ridicule ne tue pas mais quand même): «Cela est certes important mais ce qui compte pour le reste du monde, c'est le volume d'opium sortant d'Afghanistan, or il est à l'heure actuelle encore considérable. Nous avons encore un long chemin à parcourir.»
Résumé des épisodes précédents: en septembre, l’ONU a évalué à 6100 tonnes la production d’opium afghan, soit une augmentation de pas moins de 50%. Et Kaboul vient de refuser, malgré les pressions de son allié américain, la fumigation des champs de pavot (Drogues News du 29 janvier). Autant dire que le front afghan n'est pas précisément le bon élève de la guerre à la drogue américaine. Et que les stratèges de Washington ont dû gamberger longtemps avant de trouver un message positif à essayer de faire avaler aux médias. Car même à imaginer que la part relative de l’opium ait effectivement reculé dans l’économie globale (ce qui implique tout de même un taux de croissance afghan supérieur à celui de la Chine en 2006…), les propos du secrétaire d’Etat adjoint sont d’un optimisme qui, vu les circonstances, confine à la fumigation d’opinion publique.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Lundi 29 janvier 2007
Hasard de calendrier ou opération concertée? Trois jours après la publication du rapport de la Miviludes sur les risques de dérive sectaire liés à l’usage de l’iboga (Drogues News du 24 janvier), les responsables de l’association Meyaya ont été arrêtés samedi au château de Liviers (Ardèche) et mis en examen hier pour homicide involontaire. Au mois de juillet dernier, un jeune Alsacien y était décédé lors d’un stage de désintoxication à l’iboga, une plante enthéogène originaire du Gabon.
Seul le Nganga Mallendi, guide spirituel du groupe, de nationalité gabonaise, a été écroué à la maison d’arrêt de Valence. Deux «assistants» ont également été mis en examen pour «mise en danger d’autrui».
Sauf à croire que le hasard fait bien les choses, le classement de l’iboga comme stupéfiant paraît désormais inéluctable.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Lundi 29 janvier 2007

Un camouflet pour l’Amérique. Et une bonne nouvelle pour l’Afghanistan. Après l’annonce d’une hausse de 49% de la production d’opium cette année (6100 tonnes), John Walters, le monsieur drogues de Bush, allumait début décembre un contre-feu en promettant une campagne massive d’épandage d’herbicide sur les champs de pavot afghans, à l’image de ce qui se pratique (sans résultat) en Colombie depuis des années. «Je crois que le président [afghan] a dit oui et je crois que certains ministres ont répété oui», avait été jusqu’à hasarder Walters lors d’une conférence de presse (Drogues News du 17 décembre).

A croire que Monsieur Walters a des problèmes auditifs: le gouvernement afghan a décidé dimanche dernier de ne pas recourir aux herbicides. «Il n’y aura pas d’épandage manuel cette année», a confirmé mardi Said Mohammed Azam, porte-parole du ministère de la Lutte contre les stupéfiants.

Malgré des mois de pressions américaines croissantes, des membres du cabinet auraient convaincu Hamid Karzaï, pourtant installé par Washington et largement dépendant de ses subsides, du danger de telles pratiques pour les cultures vivrières, le bétail et la santé publique. En Amérique latine, de nombreux médecins font état de problèmes de santé sérieux chez les populations vivant dans les zones aspergées par le Round-Up.

Kaboul craint surtout que, contrairement à ce que prétendent les Américains, une politique d’éradication agressive ne pousse des paysans privés de toute source de revenus dans les bras des talibans. Une position partagée par de nombreux spécialistes de la géopolitique des drogues (Drogues News du 4 décembre) mais aussi par les alliés britanniques et canadiens. «Nous émettons de sérieuses réserves sur l’opportunité d’épandage de produits chimiques», a ainsi déclaré la semaine dernière Gavin Buchan, responsable canadien de la reconstruction dans la province de Kandahar.

«Nous avons toujours dit que la décision d’avoir recours à l’épandage manuel d’herbicide devait revenir au gouvernement afghan», a tenté de minimiser le porte-parole de l’ambassade des Etats-Unis à Kaboul, dans la seule réaction officielle à ce jour à ce véritable camouflet. Selon un officiel occidental anonyme interrogé par AP, le président Karzaï aurait tout de même accepté d’avoir recours aux herbicides en 2008 si la production de pavot ne baissait pas cette année.

Pendant ce temps, en Angleterre, deux éminents membres de la British medical association reprenaient à leur compte la proposition du conseil de Senlis et suugéraient de récolter le pavot afghan pour approvisionner les hôpitaux anglais qui manquent de diamorphine, un antidouleur tout ce qu’il y a de plus légal et de plus utile.

 

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mercredi 24 janvier 2007
L’iboga va-t-il être victime de son succès? Pour la deuxième année consécutive, la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) s’inquiète dans son rapport annuel, publié aujourd’hui, de l’engouement grandissant en France pour le chamanisme et les plantes enthéogènes: «Au cours de l’année écoulée, cette mouvance s’est indéniablement développée, et, de façon très rapide. En effet, une transposition/adaptation du chamanisme sud-américain dans un premier temps, puis du chamanisme africain dans un second temps, s’est établie en France. Toutes sortes de stages et de cures de désintoxications (alcool, tabac, drogues,...) sont proposés, le plus souvent, sans aucun contrôle médical, scientifique ou psychologique.» Principaux visés: l’ayahuasca (classé comme stupéfiant depuis le 20 avril 2005) et surtout l’iboga (qui n’est pas classé). La Tabernanthe Iboga est un petit arbuste qui pousse dans la forêt équatoriale, principalement au Gabon, en Guinée Equatoriale, dans les deux Congo et au Cameroun. Sa racine, psychotrope, est utilisée dans le culte Bwiti, très ancienne religion africaine. Elle a des vertus psychothérapeutiques, particulièrement pour le traitement des toxicomanes. Plusieurs recherches sont en cours dans divers pays occidentaux, dont la France. «Mais aucune expérimentation validée scientifiquement ne vient, pour l’heure, confirmer ces propos un peu trop péremptoires», tranche la Miviludes.
Les autorités s’inquiètent en fait du développement, dans la mouvance new-age, de stages de «mieux-être» menés par des «apprenti-sorciers» et dans lesquels est utilisé l’iboga, parfois hors de tout cadre traditionnel ou médical. Un décès suspect est également survenu le 18 juillet dans un centre en Ardèche. La mission dénonce enfin des cas de «coupure avec le milieu familial, abandon de ses projets initiaux, abandon, dans certains cas, de son travail et demande d’argent aux familles pour participer à d’autre stages, etc. Tous ces critères figurant au nombre de ceux généralement retenus pour qualifier les dérives sectaires.»
Une dérive que ne nient pas les associations traditionnelles qui défendent l’iboga, comme le collectif Meyaya : «Notre association n'est pas comptable des agissements d'un certain nombre de personnes qui surfent actuellement sur la mode iboga et proposent leurs services alors qu'elles ne possèdent pas les qualifications requises. […] On ne fait le "voyage d'Eboka" qu'une fois dans sa vie, s'il est réussi, il est totalement inutile de recommencer. Méfiez-vous des dérives sectaires (ou financières) toujours possibles ... Soyez prudents, on ne joue pas impunément avec des traditions chamaniques vieilles de plusieurs  millénaires.» Mais pas question pour elles, à propos d’une plante sacrée et médicinale, de parler «d’hallucinogène» ou de «stupéfiant».
Car c’est bien de cela qu’il s’agit pour la Miviludes: obtenir le classement comme stupéfiant de l’iboga, qui ne fait aujourd’hui l’objet d’aucune interdiction en France (à la différence des Etats-Unis, de la Suisse et de la Belgique). De ce point de vue, les choses pourraient très vite changer. A la suite du décès en Ardèche, l’Afssaps (l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) enquête sur l’iboga, tandis qu’un rapport parlementaire sur les sectes en date du 12 décembre dernier demandait déjà son classement. Le ministère de la Santé a enfin annoncé qu’une vaste enquête serait menée sur les «plantes hallucinogènes» (terme que rejettent leurs laudateurs, qui préfèrent parler «d’enthéogènes», «qui donnent le sentiment du divin»). Les autorités semblent en fait attendre les résultats du recours intenté par le Santo Daime français contre le classement de l’ayahuasca (enthéogène sud-américain) pour s’attaquer au cas de l’iboga.
Une chose est sûre: les ventes d’iboga sur Internet vont exploser avant que le couperet ne tombe. Soit exactement ce que voulaient éviter les défenseurs traditionnels de l’iboga… et les autorités.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mardi 23 janvier 2007
Antonio Maria Costa passera-t-il l’hiver? Le directeur de l’Office des Nations unies contre les drogues et le crime (ONUDC), déjà l’objet de critiques récurrentes depuis sa prise de fonctions en 2002, doit faire face à une fronde au sein de son équipe, au désaveu de certains pays donateurs ainsi qu’à un rapport plus que mitigé des services d’enquête interne (OIOS) de l’ONU. Rapport dont je publie ici en exclusivité une version provisoire (en anglais) qui n’a pas encore été amendée par les services de monsieur Costa. Le tout se déroule alors que le 4 janvier, comme le veut la tradition, le nouveau secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a demandé à ses adjoints de lui remettre leur démission, le laissant libre de les confirmer ou non.

Dans une lettre adressée à l’équipe le 5 janvier et que m’a fait parvenir un ex-membre de l’ONUDC, le directeur se targue pourtant de belles réussites: «Depuis cinq ans, le profil de l’agence s’est aiguisé, ses perspectives se sont améliorées et ses financements se sont considérablement accrus.» «J’ai également rappelé au Secrétaire général que l’ONUDC est devenu un pôle d’excellence pour son système de management.»

Satisfécit quelque peu contredit par le rapport des services internes de l’ONU, qui, s’ils notent des améliorations incontestables, émettent de sérieux doutes sur les finances et le management. Ainsi de la diminution de 20% des contributions volontaires au budget général (passé de 18.5 millions de dollars en 2004 à 14.9 en 2006). Et ce alors que les dépenses, liées à la masse salariale, augmentent. «Au lieu d’augmenter les activités opérationnelles, Costa a préféré augmenter la bureaucratie et recruter d’avantages de fonctionnaires chargés de tâches purement administratives. Cela a beaucoup irrité les principaux Etats donateurs qui ont refusé de financer ces postes. Le résultat est qu’il doit désormais faire face à un très grave déficit de 2 millions de dollars dans son budget annuel», confirme un membre de l’ONUDC dans un mémo interne aussi assassin qu’anonyme.

«L’ONUDC partage ces craintes et a déjà alerté sur le déclin des contributions volontaires au budget général, qui dépend pour près de 90% de ces contributions, se défend Richard Murphy, porte-parole de l’office. Mais cette situation est commune à toutes les agences de l’ONU.»

L’OIOS critique également vivement certaines décisions de la direction, comme celle de fermer le bureau des Caraïbes pour des raisons strictement budgétaires, sans aucune concertation avec les pays concernés, qui s’en sont plaints. De manière générale, «il n’y a pas de critères clairs et uniformes pour le développement de projets», notent les enquêteurs. De même, certains projets de terrain «sont retardés en raison de retards au centre (à Vienne, ndlr), affaiblissant la crédibilité de l’office.»

En ce qui concerne le management du personnel, l’OIOS note «que la transparence dans le processus de sélection n’est pas effective» (dans 22 cas en 2005-2006 le directeur aurait, sans raison, contourné la procédure officielle pour pourvoir un poste). Une critique récurrente. On peut ainsi lire dans le même mémo anonyme qu’Antonio Maria Costa «se serait entouré de courtisans assoiffés de promotion qui ne connaissent rien à la drogue et au crime. Il continue de s’appuyer sur certains membres du personnels qui ont été les pires conseillers d’Arlacchi» (son prédécesseur, remercié par Kofi Annan pour sa mauvaise gestion). Avant de conclure : «Antonio Maria Costa a totalement perdu la confiance et même le respect de la part du personnel.»

Une confiance qui, à en croire l’auteur du mémo, serait également chancelante chez les pays donateurs: «Il a perdu la confiance aussi bien des Etats conservateurs que des Etats progressistes. A cause de son comportement, les Etats-Unis, l’Union Européenne et les grandes organisations internationales sont de plus en plus suspicieuses et distantes vis-à-vis de l’UNODC.» «Le danger, poursuit l’auteur, est désormais qu’à l’occasion de l’arrivée du nouveau Secrétaire Général, Antonio Maria Costa soit contraint à la démission et remplacé sans discussion par un Américain, sans aucune contrepartie pour l’Italie.»

Alors Antonio Maria Costa sera-t-il tout de même reconduit? Probablement oui, puisqu’à l’ONU la diplomatie est reine, que le rapport de l’OIOS sera probablement adouci avant publication, que le gouvernement de Romano Prodi préfèrera, malgré son hostilité, soutenir Costa que de perdre son poste et, enfin, que les Etats-Unis n'ont pas trop à se plaindre de lui. Mais ce dernier en ressortira probablement encore plus affaibli qu’il ne l’est déjà. Et encore plus dépendant des Etats-Unis.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Vendredi 19 janvier 2007
«Dans les circonstances actuelles, nous recommandons une grande prudence aux fumeurs de cannabis de "type skunk".» Ce n’est pas le Circ qui le dit, mais le ministère britannique de la Santé, dans une note «urgente» adressée mardi à toutes les autorités sanitaires du Royaume. Comme dans beaucoup de pays d'Europe de l'ouest (au moins en France, en Suisse, en Belgique et aux Pays-Bas) depuis maintenant environ un an, l'herbe coupée aux microbilles de verre, au quartz ou à on ne sait quoi encore, inonde le marché noir. Rappelant que, malgré l'avalanche de témoignages concordants (ici ou ici ou encore, en anglais, ici), aucune preuve médicale tangible n'indique à ce jour la dangerosité réelle de cette herbe coupée, le département de la Santé va, par précaution, «rendre cette information directement disponible au public, au travers des réseaux d’usagers et de divers autres canaux d’information».
Une attitude qui tranche singulièrement avec celle des autorités sanitaires françaises, qui ne souhaitent toujours pas faire de publicité à ce sujet, par peur de créer une psychose, officiellement suite à des rumeurs toujours non-vérifiées concernant du verre pilé (rumeurs que j’ai moi-même prudemment relayées, selon le même principe de précaution, dans Libération).
Dans un communiqué de presse daté du 21 novembre et passé totalement inaperçu, l'OFDT (Office français des drogues et toxicomanies) reconnaît tout de même avoir analysé un échantillon contenant «une quantité importante de microbilles de verre de dimension variable allant de 0,02 à 0,3 mm de diamètre» (voir mon album photo).
L’analyse d’autres échantillons, poursuit le communiqué, «montre que ces produits contenaient, dans des proportions diverses, des microbilles de verre et du quartz alpha formant un composé proche mais différent du sable. Enfin, au mois de juillet 2006, le laboratoire de police scientifique de Lille a analysé une poudre présentée comme un produit destiné au coupage de l’herbe de cannabis. La poudre d’aspect verdâtre provenait des Pays-Bas selon la personne dépossédée. Les analyses effectuées ont permis de mettre en évidence des microbilles de verre.» Toutefois, d’après les experts médicaux contactés par l’OFDT, ces produits «ne devraient probablement pas entraîner de risque immédiat lors de l'inhalation».
Analyse confirmée par d’autres médecins interrogés cette semaine par le Guardian.
Selon le quotidien britannique, un porte-parole de la Société thoracique britannique estimerait que les microbilles de verre sont trop grosses pour passer dans les poumons. Ce que confirme le docteur Russel, de l’Imperial college de Londres, pour qui les microbilles se déposent «dans la bouche ou la gorge». «Vous avez plus de chances de vous faire du mal avec le cannabis qu’avec ces particules», conclut le médecin.
Sans être ni médecin ni britannique, on peut en douter à voir le nombre de personnes se plaignant (sur les forums européens) de malaises liés à l’herbe coupée. Qui a dit que la prohibition nuit gravement à la santé?
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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