Les aspirants présidents américains ont décidément bien des difficultés sur la question des drogues. Après Bill Clinton qui n’avait «pas avalé la fumée» du pétard sur lequel il avait avoué avoir tiré, après George Bush faisant maladroitement face à des accusations récurrentes d’alcoolisme et de consommation de cocaïne, c’est au tour de Barack Obama, 45 ans, sénateur démocrate de l’Illinois et l’un des favoris des sondages dans la course à la Maison Blanche, qui est sommé de s’expliquer sur Les rêves de mes pères, un livre écrit il y a onze ans et dans lequel il déclare notamment ceci: « Junkie. C’est ce que j’allais devenir. Le rôle ultime, fatal, des jeunes noirs en devenir… Je me défonçais pour arrêter de penser à qui j’étais. ».
Dans une interview donnée il y a deux ans et relatée la semaine dernière par le Washington Post, Obama déclarait : « Les électeurs peuvent ainsi décider si les choses stupides que j’ai faites quand j’étais adolescent ont un quelconque rapport avec ce que j’ai fait depuis. » Il précisait qu’il était « important pour des jeunes déjà dans des situations pires que la [sienne] de savoir que l’on peut faire des erreurs mais s’en sortir ».
Obama se sortira-t-il lui-même de la polémique qui ne manquera pas de naître s’il est effectivement candidat en 2008? De telles révélations auraient, il y a peu de temps encore, poussé le postulant tout droit vers la sortie. Mais peut-être l’Amérique mûrit-elle et Obama, seul sénateur américain noir, est porté par un style différent, qui se veut plus direct, plus proche des gens. Certains de ses soutiens estiment même qu’il pourrait tirer profit de l'affaire. Tout arrive…
Pendant ce temps là, à Atlanta, la police a fait un aveu bien plus dramatique mais qui marquera pourtant probablement moins les consciences. Un officier a admis qu’une perquisition qui avait abouti à la mort de la propriétaire des lieux, une femme d’environ 90 ans, avait été décidée sur la base d’un mensonge de ses collègues, rapporte le New York Times. Les officiers avaient menti en prétendant qu’un informateur avait indiqué avoir acheté 50 dollars de crack dans cette maison, a avoué au FBI Gregg Junnier, qui a déjà démissionné. Lorsque les policiers ont fracturé la porte (un classique aux Etats-Unis), la vieille dame, armée (un autre classique américain) et effrayée, leur a tiré dessus, blessant trois officiers avant d’être abattue. Aucune trace de cocaïne n’a été trouvée chez elle. Les autorités refusent de commenter.
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