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Vendredi 2 février 2007 5 02 /02 /2007 00:38

Patron de PME, Claude Bauchet est le représentant en France du Santo Daime, culte christiano-chamanique originaire du Brésil, où il compte plusieurs milliers de fidèles et est reconnu comme une religion. En France, l’ayahuasca, plante psychotrope utilisée comme sacrement par les daimistes, a été interdite en 2005. Entretien.


Quels sont vos rapports avec les autorités françaises ?

Nous avons subi les pires persécutions (trois personnes en prison durant plus de vingt jours). Après une instruction qui a duré trois ans, un premier procès a eu lieu, sous les hospices de la chasse aux sectes. Nous avons été condamnés à huit mois de prison avec sursis, pour «trafic international et utilisation de stupéfiants», alors que l’ayahuasca n’était pas sur la liste des stupéfiants!

Nous avons fait appel et gagné. La justice reconnaissait enfin que l’ayahuasca n’était pas interdite! Notre répit aura été de courte durée car trois mois après, le ministère de la Santé procédait au classement des principales composantes de l’ayahuasca! Une décision politique qui n’a rien à voir avec la santé publique! Le Santo Daime est une religion chrétienne, qui utilise l’ayahuasca comme sacrement. Interdire l’ayahuasca, c’est interdire une religion, puisque notre sacrement est inséparable de notre rituel. Nous sommes donc devant un cas de violation de la liberté de conscience! De violation des droits de l’homme!

 

Vous avez déposé un recours au Conseil d'Etat...

Il s’agit d’un abus de pouvoir et d’une profonde injustice mais nous utilisons des moyens pacifiques pour contrer les calomnies qui sont propagées au nom de la santé publique! Nous faisons à nouveau appel pour que, avec les autorités, nous puissions harmoniser notre pratique religieuse avec les impératifs de santé publique! Nous sommes partisans d’une réglementation afin d’éviter les utilisations inadéquates de l’ayahuasca et de la voir pervertie, comme de nombreuses autres plantes sacrées!

Pour être entendu, faut-il organiser une manifestation dans les rues de Paris de tous les amis européens des plantes sacrées qui sont médusés par l’attitude rétrograde des autorités Françaises?

 

Des membres du collectif Meyaya, organisateur de stages iboga, ont été mis en examen la semaine dernière. Comment expliquez-vous ce soudain intérêt des autorités?

Nous remarquons que ce «soudain intérêt» intervient à un moment crucial de notre recours! Je mets donc en garde contre les amalgames, que ne manqueront pas de faire les prohibitionnistes pour affirmer la dangerosité des plantes enthéogènes et réclamer leur prohibition! Ce n’est ni l’iboga, ni l’ayahuasca qui sont dangereux, mais les apprentis sorciers qui les utilisent sans aucun respect des règles de la tradition qui enseigne leurs usages. Prohiber ces plantes sacrées c’est porter atteinte aux droits de l'homme et les jeter dans l’enfer du trafic, donc les diaboliser.

 

La mission interministérielle contre les sectes pointe les risques de dérives du «néo-chamanisme» en France…

Les membres de la Miviludes n’ont jamais tenté de rentrer en contact avec moi. Ils fondent leurs jugements sur des cas discutables qui frôlent le ridicule. Il n’a jamais été constaté de cas mortel dû à l’ayahuasca utilisée dans un cadre rituel! Si on veut vraiment savoir ce qu’est l’ayahuasca, il faut venir la boire! Ils pourraient au moins tenter de parler avec nous. L’ayahuasca est un breuvage sacré, la comparer à une drogue est d’une imbécillité sans nom! Nous sommes des gens sérieux, bien intégrés dans la société et nous voulons la liberté de pratiquer notre culte. Nous ne faisons aucun prosélytisme, mais celui qui frappe à la porte est le bienvenu!

 

Que représente le Santo Daime hors du Brésil?

Il existe désormais à travers le monde un grand mouvement de légalisation des plantes sacrées utilisées à des fins religieuses. Récemment, la Cour suprême des Etats-Unis a légalisé l’utilisation de l’ayahuasca à des fins religieuses. En Europe, le Santo Daime est désormais bien implanté. Sa pratique a déjà été légalisée en Hollande et en Espagne. Dans les autres pays européens, les autorités ont été informées par les groupes eux-mêmes de leur existence et ils continuent de se développer de façon harmonieuse.

En France, il est présent depuis à peu près vingt ans et environ 500 personnes ont, au moins, fait l’expérience de son rituel sur le territoire français, sans compter les personnes qui l'utilisent de façon différente.

Aujourd’hui, la peur domine, mais il reste tout de même une poignée de fidèles obligés de s’exiler pour pratiquer leur religion. En ce qui me concerne, je maintiens de façon virtuelle le Centro livre do Ceu de Paris, actuellement fermé en raison de la situation mais appelé à accueillir à nouveau les personnes intéressées par le Santo Daime, après la reconnaissance de notre sacrement par les autorités.

 

Et si votre recours était rejeté ?

Le Santo Daime est ma voie spirituelle et je vais continuer sur ce chemin, même si je dois m’exiler! En cas de réponse négative du Conseil d’Etat, il restera la cour de Justice européenne… Nous allons aussi commencer un travail de relations publiques auprès des élus. C’est quelque chose que je peux continuer à faire... même en exil!

 

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mercredi 7 février 2007 3 07 /02 /2007 01:42

Sarkozy, lundi soir, sur TF1. «Sur la drogue, guerre totale [...]. Je ne légaliserai pas. Je la combattrai.» Mais certainement pas le vin, «qui est un produit du terroir et qu'on ne doit pas culpabiliser.» C'est vrai, pourquoi culpabiliser quand on sait que l'alcool fait 45000 morts par an en France quand «la drogue» qu'il faut «combattre» tue chaque année 60 personnes? Selon le ministère de M. Sarkozy.

 

P.S.: Contrairement à ce qu'affirme Nicolas Sarkozy, les Pays-Bas n'ont pas "légalisé la drogue" mais dépénalisé la consommation de cannabis par une circulaire. Enfin, cette opération n'a pas du tout été une catastrophe: les jeunes Néerlandais fument moins que les jeunes Français.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mercredi 7 février 2007 3 07 /02 /2007 02:25
A en croire les dernières nouvelles, ce n'est pas une loi contre les mineurs délinquants que le ministre-candidat Sarkozy devrait défendre, mais une loi contre les seniors délinquants.
Hier, la police a déclaré avoir récemment arrêté sur un parking de centre commercial du Val-de-Marne un retraité de 60 ans en provenance d'Espagne et porteur de 289 kg de pollen (forme de cannabis). Le retraité, placé en garde à vue, avait été recruté "pour sa bonne mine". Une stratégie de plus en plus fréquente chez les trafiquants.
Il y a quinze jours, on apprenait dans le Journal du Québec  qu'un homme de 74 ans dealait du speed pour se faire des amis et "briser son ennui" depuis que sa mère était morte à l'âge de 102 ans, il y a seize ans.
Aux Etats-Unis, sur le blog du Tsar antidrogues, on pouvait enfin lire le 27 janvier: "Qui paie le prix du malentendu des années 60 et 70 sur les dangers des drogues? Nous tous." S'ensuivait le compte rendu de deux enquêtes. Une première sur la consommation de drogues des baby-boomers, plus importante que celle des adolescents actuels... Une seconde sur la hausse, chez les baby-boomers, des décès "liés à des causes ayant marqué cette génération depuis les années 60: abus de drogues, suicides et accidents". Ainsi la moitié des morts d'overdose en 2003 aux Etats-Unis étaient des baby-boomers (26% de la population).
Drogués, dealers, suicidaires… Jeunes, planquez-vous, voilà le péril vieux.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Vendredi 9 février 2007 5 09 /02 /2007 02:29

C’est ce que l’on appelle gâcher la fête. Alors que les responsables des forces de l’ordre du continent américain sont actuellement réunis à Los Angeles pour trouver un moyen de se débarrasser des Maras (lire ici ou ici), ces gangs de jeunes originaires d’Amérique centrale qui les empêchent de policer en rond depuis quelques années, un institut américain tout ce qu’il y a de plus sérieux leur a balancé hier une mini-bombe entre les pattes. Selon le rapport du Washington office on Latin America (Wola), la répression policière contre ces gangs violents ne fait que les renforcer.

Au Salvador, au Honduras et au Guatemala, «où ils sont une menace sérieuse pour la sécurité publique», «les réponses du gouvernement se sont concentrées sur des stratégies répressives. Cette stratégie a été contre-productive. L’étude montre que les gangs se sont organisés pour faire face à cette ligne dure de la police. La sécurité publique n’a pas été améliorée».

Face à ce constat, les experts, qui ont étudié pendant un an ces trois pays mais aussi le Nicaragua, le Mexique et les Etats-Unis (à Washington), prônent «une approche plus globale du problème ; l’implication de la police dans des actions de prévention mais aussi la mise en place de réponses citoyennes.»

Vu que la fine fleur de police américaine va très probablement ignorer ce rapport, les experts du Wola pourront toujours l'envoyer au ministère français de l’Intérieur.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mardi 13 février 2007 2 13 /02 /2007 02:22

L’ambiance ne doit pas être à la fête chez Hugh Grant en ce début de semaine. Pourquoi est-ce que je m’intéresse à la star anglaise me direz-vous ? En fait, ce Hugh Grant là est beaucoup moins glamour (voir sa photo et son CV ici) puisqu’il s’agit du PDG de Monsanto, le très controversé géant américain de la chimie. Et s’il n’est pas à la fête, c’est que sa compagnie vient d’essuyer deux revers coup sur coup. Le premier, parce que l’agence britannique de l’Environnement a décidé hier de lancer une enquête sur des déchets toxiques produits par sa firme et enfouis près de Cardiff. Le second, et j’en viens là au sujet qui nous intéresse, parce que le gouvernement colombien a décidé vendredi de mettre fin à la fumigation aérienne de la coca près de la frontière équatorienne. Un recul qui donne des arguments aux adversaires du désherbant Roundup ultra, «porte-drapeau de la gamme agrochimique de Monsanto» selon la publicité. Comment , en effet, expliquer l’arrêt de la fumigation, qui représenterait pour la multinationale de Saint-Louis un contrat de plusieurs millions de dollars, pour protéger la population équatorienne alors que celle-ci continuerait en Colombie ?

Depuis des années, le gouvernement équatorien dénonce l’impact sur la population frontalière de l’épandage aérien de glyphosate, principal composant du Roundup. En effet, si la marque et le gouvernement américain ont toujours défendu l’innocuité de l’herbicide, cette dernière est plus que discutable (lire ici et voir la galerie de dessins d'enfants équatoriens ici) particulièrement en raison des concentrations élevées et des conditions d'utilisation hors de toutes règles de sécurité en Colombie. Après avoir consenti à un moratoire le long de la frontière fin 2005, la Colombie avait unilatéralement repris la fumigation en décembre, provoquant le rappel de l’ambassadeur équatorien à Bogota.

«La Colombie va procéder désormais à une éradication manuelle et mettre fin à la phase d'épandage de façon à ce que nous puissions mettre en oeuvre de bonne foi l'accord entre les deux présidents», a déclaré la ministre des Affaires étrangères colombienne, Maria Consuelo Araujo. Avant de préciser que l'Etat emploierait 1200 personnes pour arracher la coca dans les provinces frontalières de Putumayo et de Narino. Reste que le nouveau président équatorien, Rafael Correa, menaçait toujours samedi de porter cette question devant la Cour internationale de justice de La Haye (lire ici) afin de la trancher définitivement.

Une mauvaise nouvelle pour Washington, qui avait déjà vu le mois dernier le gouvernement afghan refuser, malgré ses pressions, de recourir à la fumigation contre les champs de pavot. Et une bonne nouvelle pour les opposants latino-américains à la guerre à la drogue, qui obtiennent là leur première victoire sur leur ennemi nord-américain et son allié colombien. Ces derniers ne comptent pas en rester là. Mercredi, leur leader, Hugo Chavez, a promis que le Venezuela financerait la production de 4000 tonnes de coca bolivienne en achetant tous types de dérivés légaux de la plante (savon, thé, huiles, médicaments… lire ici) pour détourner les paysans du marché de la cocaïne. Une manière de signifier aux Etats-Unis, qui tentent de dissuader le président bolivien Morales de relancer la culture légale de coca dans son pays, qu'il existe une autre approche que la force pour lutter contre la cocaïne.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mercredi 14 février 2007 3 14 /02 /2007 23:31

Je préviens tout de suite, la réponse de Monsanto, dont j'ai sollicité le siège, à Saint-Louis, il y a deux jours après l'annonce de l'arrêt des fumigations colombiennes à la frontière équatorienne (lire le post d'hier), va être décevante:

"Les questions concernant le programme d’éradication des drogues du gouvernement américain en Colombie doivent être adressées au département d’Etat au 202-647-3140.
"Quelle que soit la source du glyphosate utilisé en Colombie, l’herbicide agricole Roundup vendu par Monsanto s’appuie sur l’un des ensembles d’études sanitaires et environnementales les plus importants au monde concernant un pesticide.
"Ces herbicides au glyphosate ont été inspectés intensivement et autorisés par l’Agence américaine de protection de l’environnement et par d’autres instances de régulation à travers le monde.
"Les herbicides agricoles Roundup ont un excellent profil sanitaire et environnemental et une longue histoire de pratiques exemptes de problèmes dans plus de 130 pays.
"Les produits Roundup peuvent être utilisés sans effets secondaires sur la santé ou l’environnement lorsqu’ils le sont en suivant la notice."

Evidemment, toute l'ambiguïté se situe dans cette dernière réponse. Difficile, en effet, de croire que les mercenaires de DynCorp, payés par le gouvernement américain (sur la photo, le secrétaire d'Etat adjoint Charles rend visite aux troupes antinarcotiques colombiennes en 2004), ou les militaires colombiens lisent attentivement la notice avant de lancer leurs opérations de fumigation. Et à lire ladite notice, difficile de croire qu'elle puisse de toutes façons s'appliquer à des opérations de type militaire. Enfin, beaucoup d'ONG accusent la Colombie et les Etats-Unis d'utiliser le Roundup dans des concentrations supérieures aux normes en vigueur.

A toutes fins utiles, pour remettre la réponse du siège américain de Monsanto dans son contexte, je rappelle également que le géant de l'agrochimie a été condamné en France le 26 janvier dernier pour publicité mensongère pour avoir présenté son Roundup comme... un produit bio.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Samedi 17 février 2007 6 17 /02 /2007 23:39


«Les dealers, c'est nous.» Qui a dit ça? Pablo Escobar? Kunh Sa? Pete Doherty? Il s'agit en fait de l'inénarrable John Walters, de son état tzar antidrogues américain, pris d'un accès furtif de lucidité. Pour être tout à fait honnête, l'homme parlait en fait, mercredi dernier à l'occasion de la sortie d'un rapport sur le sujet, de la responsabilité des parents face au détournement de médicaments par les adolescents (écouter les témoignages et interviews ci-dessus, extraits du blog du Tzar Walters). Car si les têtes blondes font honneur à leurs parents en fumant de moins en moins d'herbe, ils se rattrapent allègrement sur les amphétamines coupe-faim, antidépresseurs et autres antidouleur dont la consommation augmente. 2,1 millions d'ados auraient ainsi détourné des médicaments en 2005. Le médicament est la drogue la plus utilisée par les 12-13 ans. La seconde chez leurs grands frères, après la marijuana et avant les solvants à inhaler.
OxyContin, Xanax, Vicondin... tout est bon. A force d'être alertés sur les dangers de «la drogue», les adolescents finissent par croire que les médicaments, eux, sont bien moins dangereux. Accros au Xanax plutôt que fumeurs de marijuana: un autre des succès de la guerre à la drogue américaine. D'ailleurs, tout à son habitude de traiter les problèmes en profondeur, Walters invite les parents à jeter les médicaments qu'ils n'utilisent plus et à fermer l'armoire à clef.
Ce même mercredi, à quelques milliers de kilomètres de là, une autre affaire est venue rappeler que fermer l'armoire risque d'être un peu court pour inverser la tendance. Selon l'Asia Times de vendredi, à Calcutta un golden boy indien de 31 ans, passé par les meilleures universités, président de Xponse groupe spécialisé dans l'informatique et les call centers, a été arrêté par les stups locaux pour trafic de médicaments sur le Net. Son associé américain a également été interpelé.
Le système était ingénieux. Vingt-neufs sites et des spams massifs rabataient des clients essentiellement américains, canadiens ou suédois, vers le call center. Lequel, contre un montant assez élevé, expédiait depuis l'Inde une fausse ordonnance et de l'argent à la pharmacie la plus proche de chez vous. Vous n'aviez plus qu'à venir retirer la commande. Maillon faible: les pharmaciens, qui ont fini par dénoncer le système, certains clients revenant peut-être un peu trop souvent. Résultat, la police est remontée jusqu'à Calcutta, où l'avocat de Xponse affirme que son client n'a fait que livrer des softwares à des clients américains peut-être mal intentionnés. Une chose est sure, nous vivons la mondialisation de l'amphétamine.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Dimanche 18 février 2007 7 18 /02 /2007 22:11

Extradition vers les Etats-Unis de chefs de cartels, fin janvier.

 

Deux grammes de cannabis, 40 milligrammes de methamphétamine ou de cocaïne... Ce sont les quantités avec lesquelles les Mexicains pourraient désormais se faire arrêter sans passer par la case tribunal. En échange, ils devraient se soumettre à une injonction thérapeutique. Attention toutefois, une seconde arrestation ouvrirait la voie à un procès puis, éventuellement, à la prison. Sauf à ce que le consommateur ne prouve qu’il est accro et suivi comme tel. Les indiens, de leur côté, seraient autorisés à utiliser des drogues traditionnelles dans un cadre religieux.
Le plus intéressant dans ce projet de loi présenté par des membres du PAN (Parti d’action nationale du président Calderon) et qui doit passer mercredi en comité du Sénat, c’est que ses promoteurs semblent se donner toutes les peines du monde à expliquer pourquoi il est, contre toute évidence, extrêmement répressif. Ainsi, la semaine dernière dans le Houston Chronicle, Mario Moronatti, conseiller technique auprès de la commission santé du Sénat, soulignait qu’il était clair que le gouvernement n’encourage pas la consommation de drogue «et ne légalise pas sa consommation». Quant au procureur général Eduardo Medina-Mora, qui soutient également le projet, il insiste sur le fait que cette nouvelle loi est indispensable pour lutter efficacement contre les cartels. Preuve s’il en fallait, cette timide dépénalisation partielle de la consommation est assortie d’une augmentation des peines pour les trafiquants. Sur un autre front, le ministre de l’Intérieur, Francisco Ramirez, annonçait hier soir que les opérations antidrogues avaient été étendues à deux nouveaux Etats du Nord: Nuevo Leon et Tamaulipas.
Pourquoi toutes ces précautions ? Parce qu’en mai 2006, le président Fox avait dû mettre in extremis son veto à un projet beaucoup plus libéral (lire dans Stop the Drug War ou sur le site du Cato Institute) pourtant préparé par ses services, et ce suite aux pressions exercées par Washington, qui craignait que ne se développe un «tourisme de la drogue» à la Hollandaise. Difficile en effet, lorsque l’on partage une frontière avec les Etats-Unis, de réformer sa politique des drogues sans demander l’avis de son puissant voisin. Un état de fait bien connu des Canadiens, régulièrement menacés de mesures de rétorsion commerciales lorsqu’ils tentaient de dépénaliser l’usage de cannabis. Le projet a été enterré depuis et le Tzar Walters a même été invité par ses collègues canadiens, issus du nouveau gouvernement conservateur, à prodiguer ses conseils en la matière.
Autant dire que si les promoteurs de la nouvelle loi veulent convaincre le président Calderon ne pas s’y opposer, ils ont intérêt à lui démontrer, et à travers lui aux Etats-Unis, qu’il ne s’agit pas de mollir face à la drogue mais de lutter autrement. Et plus efficacement. Car depuis son entrée en fonction le 1er décembre, le nouveau président s’est surtout fait remarquer à Washington pour sa politique agressive envers les trafiquants (lire le discours de Karen Tandy, de la DEA, le 22 janvier et l'interview de Laurent Laniel sur Drogues News). Une confiance qu’il n’est certainement pas prêt à perdre pour éviter à quelques fumeurs de pétard de se retrouver en prison. La stratégie de la main de velours dans un gant de fer semble toutefois porter ses fruits, puisque l’ambassade des Etats-Unis à Mexico n’a pas encore poussé ses cris d’orfraie habituels. Patience.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Jeudi 22 février 2007 4 22 /02 /2007 02:03

J’apprends hier, au hasard d’une dépêche de l’agence Reuters, qu’une gourou à patrons américains, Marsha Egan, (avec "Gussie" sur la photo) se lance dans la cure de désintoxication pour accro aux e-mails. Après tout il n’y a pas de raison, on a aujourd’hui le droit d’être pris en charge comme accro aux jeux vidéos, au casino ou encore comme acheteur compulsif, pourquoi pas comme accro aux e-mails… Mauvaise habitude ou addiction ? Telle est la question. «C’est une véritable crise pour l'entreprise Amérique mais nombre de P-DG n'en ont pas conscience », confie très sérieusement Marsha. Qui dit aussi que le leadership c'est comme le jardinage (voir la vidéo), mais c'est un autre problème. Les employés qui reçoivent un message électronique mettraient en moyenne quatre minutes pour le lire puis reprendre la tâche qu’ils ont interrompue pour le faire et redevenir productifs.
Mais d’abord: «Quand sait-on qu’on est accro ?» Ne reculant jamais face au danger, j’ai fait sur le site
le test dont je vous livre le résultat sommaire :
Il m’est déjà arrivé de m’envoyer un email pour vérifier que le système marchait parce que je n’avais pas reçu de mail depuis cinq minutes.

Je me précipite sur mon ordinateur quand le signal mail retentit.

Je me suis déjà impatienté faute de réponse à un mail dans l’heure.

J’ai souvent arrêté mon activité pour écrire un petit mot même si ce n’était pas la priorité.

Je relève mes mails dès le lever depuis quelques temps.

Je clique envoyer/recevoir juste pour être sûr de ne rien avoir raté …

Bref, je me découvre accro ou en tous cas en bonne voie. Selon le docteur Schwartz (interview audio), j’essaierai par là, comme tous mes coreligionnaires, «de résoudre des problèmes internes par des moyens externes». J’aurai également un «problème de confiance en moi.»

Mais «il y a de l’espoir», me rassure immédiatement Marsha. En douze étapes quotidiennes et pour la modique somme de trois dollars par jour, le E-doctor (car toute addiction réclame son docteur) peut me débarrasser de cette drogue insidieuse.

Comment ? D’abord en acceptant que je suis accro. Pas gagné. Suivent, dans l’ordre :

2. S’astreindre à garder sa boîte aux lettres vide.

3. Créer des fichiers dans lesquels sont copiés les e-mails à traiter.

4. Recourir à des titres globaux dans votre système de classement pour éviter de perdre trop de temps lorsqu'il faut retrouver quelque chose.

5. Traiter immédiatement tout message qui peut être traité en moins deux minutes mais transférer dans un fichier les e-mails qui nécessiteront plus de temps.

6. Se fixer une date butoir pour vider sa boîte aux lettres. Ne pas passer plus d'une heure à la vider

7. Désactiver la fonction automatique envoyer/recevoir

8. Etablir des intervalles réguliers auxquels consulter ses e-mails

9. Impliquer d'autres personnes dans votre lutte contre cette obsession

10. Réduire la masse d'e-mail que vous recevez

11. Gagner du temps en ne traitant qu'un sujet par e-mail, supprimer les commentaires annexes lors du transfert d'un e-mail à quelqu'un d'autre et donner un titre détaillé au message

12. Se réjouir de cette nouvelle approche du message électronique.

Probablement par goût de la dérision, le site de Marsha propose de «rejoindre 20000 personnes déjà abonnées au "Signal" un e-zine bi-mensuel» envoyé par… e-mail. Je n’ai pas pu résister, je me suis abonné. Par curiosité. La chair est faible.

 

P.S.: ma newsletter n'est pas addictive, ne vous en privez pas.
 

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Vendredi 23 février 2007 5 23 /02 /2007 02:59
Rendez-vous dans quelques heures, à Amsterdam pour trois jours en direct du dixième anniversaire de la Highlife Hemp Fair. Au menu... on verra bien. A tout à l'heure à la cannabis cup.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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