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drogues

Samedi 24 février 2007 6 24 /02 /2007 12:06

Sur scène, un véritable cauchemar pour policier français. Propriétaires de coffee shops, de growshops, producteurs de graines... Hier après-midi à Amsterdam, tous se sont fait remettre des mains de Boy Ramsahai, propriétaire du magazine Highlife et organisateur de l'événement, et Jorge Cervantes, légende internationale de la culture du cannabis, un des prix de la dixième Highlife cannabis cup. Vainqueur toutes catégories, la Bubble Gum de Green Devil. Secret de fabrication de son inventeur: "J'en fume moi-même presque tous les jours."
La suite un peu plus tard.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Samedi 24 février 2007 6 24 /02 /2007 20:17

Dès la gare du Nord, vendredi matin, le ton est donné. Sur le quai du Thalys, une équipe des douanes fouille à corps des jeunes de retour des Pays-Bas. Suspects, forcément suspects. A bord, une Congolaise autobaptisée Jackie Brown, cachée derrière un Stetson et des santiagues en croco, Christ ostensiblement crucifié autour du cou, nous propose de «faire une pause dans [son] appartement à deux pas de la gare d'Anvers» pour nous faire goûter... tout un tas de choses.
Cette invitation déclinée, arrivée à Amsterdam. Au cas où l'on aurait encore douté que cette ville a un quelque chose de fou, sur la place du Dam,une bête de foire amuse les passants en se débarassant de sa camisole de force. Cap sur le bien-nommé Rai, en banlieue, où se tient cette année la dixième cannabis cup organisée par le magasine Highlife.
Ici, on dit que Dieu a créé toute la terre sauf la Hollande. Car la Hollande, ce sont les Hollandais qui l'ont créée en l'arrachant à la mer. Et parmi les Hollandais, Boy Ramsahai a créé Highlife. Ancien VRP, ce trentenaire millionnaire a bâti un empire autour d'une idée simple: créer un gratuit dédié au cannabis dans lequel passer toute la publicité que toute la presse «sérieuse» refuse. Il édite aujourd'hui ses magazines dans toute l'Europe et vient d'ouvrir un magasin de graines en plein coeur d'Amsterdam. Les graines sont produites par une autre de ses sociétés. Ce salon du cannabis est une manière pour lui de remercier ses annonceurs en leur faisant rencontrer de potentiels clients. La cannabis cup, le vote pour l'herbe de l'année, c'est la cerise sur le space cake, comme les concerts de reggae et de rap, ainsi que l'élection de miss cofee shops (voir la galerie de photos).
Les clients, ce sont avant tous les fumeurs. Un extraterrestre débarqué ici jurerait qu'à l'instar du lapin, l'être humain a l'oeil rouge, la pupille dilatée et que le genre masculin est surprésenté en son sein. Mais outre ces petites bandes de touristes français, italiens ou allemands goguenards venus s'encanailler dans ce Disneyland de la défonce, l'assistance compte également de nombreux professionnels (propriétaires de coffee shops, de growshops de boutiques de gadgets...) Et si vous doutez que tout cela soit très sérieux, ne vous y trompez pas. L'ensemble du chiffre d'affaire de la filière marijuana (revenus du tourisme, exportation du matériel de culture, taxes générées) représenterait jusqu'à 1 ou 2% du PIB national. Et plus la fillière prospère, plus Boy s'enrichit.
Forcément, l'ambiance s'en ressent. Ici le commerce est roi, l'argent partout. Loin, très loin du trip hippie des débuts. Nombre d'exposants n'ont d'ailleurs rien à voir avec le cannabis. Marchands de compteurs électriques, de caisses enregistreuses, de compteurs de billets, de systèmes d'extraction d'air... ou de hotdogs, car, premier commandement, le fumeur a faim. Tout ce petit monde se greffe donc sur cette industrie où l'argent coule à flot. Les paillettes et les filles court vêtues avec. Effort de sobriété toutefois: en 2004, à Utrecht, les filles en string dansaient sur les bidons d'engrais, le disputant aux pieds de marijuana triomphant sous leurs néons. Cette fois, si tout le monde fume à découvert, la juppe t-shirt a remplacé le string topless et on installe des pieds de tomate pour les besoins de la démonstration. Paradoxes du régime de semi-prohibition néerlandais.
La nuit amsterdamoise m'appelle... La suite demain.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mardi 27 février 2007 2 27 /02 /2007 10:33

A l’origine était la graine. Ou plutôt l’absence de graine. C'est ainsi que, dans les années 70, de jeunes Californiens férus de marijuana et de botanique mettent au point la sinsemilla (littéralement «sans graine») en croisant des espèces d’herbe ramenées d’Orient (indica) avec les herbes mexicaines et colombiennes (sativa) qui constituaient leur ordinaire -la Haze, que beaucoup considèrent, non sans raison, comme la Rolls de l’herbe, est ainsi un mélange de thaï et de colombienne. Ces jeunes gens sont alors loin de se douter que leur invention révolutionnera le marché mondial de l’herbe, déclenchant ce que l’économiste néerlandais Adrian Jansen appelle «l’avalanche verte» des années 90.

Le principe est simple. Un pied femelle de cannabis qu’on empêche de produire des graines développe beaucoup plus de fleurs et donc de résine, riche en THC, l'élément psychoactif. Autre avantage: les pieds de sinsemilla sont beaucoup plus faciles à cultiver pour les néophytes. Enfin, puisque ces pieds ne produisent pas de graines, il faut bouturer (ce qui est compliqué) ou racheter ces dernières à des professionnels. Jusqu’à dix euros l’unité.

Chassés des Etats-Unis par la guerre totale à la drogue de Reagan, ces géniaux inventeurs, comme Ed Rosenthal, trouvent refuge aux Pays-Bas avec, dans leur valise, un patrimoine génétique exceptionnel. Sur place, la consommation de cannabis est en effet tolérée depuis 1976 et les techniques d’horticulture intensive surdéveloppées depuis toujours. De ce mariage de la recherche et du commerce naitra, en 1985, la fameuse skunk («l’herbe qui pue», en néerlandais), sinsemilla cultivée en intérieur. Alliés à d’audacieux entrepreneurs néerlandais comme Ben Dronkers (fondateur de la Sensi Seed Bank), cette filière américaine va continuer à faire évoluer le marché de l’herbe. La skunk et ses dérivés sont désormais les plus consommés dans les pays occidentaux et ce marché représente des millions de dollars.

Aujourd’hui encore, les liens cannabiques transatlantiques restent assez forts. Chaque année, le magazine spécialisé américain High Times organise à Amsterdam une Cannabis cup qui attire des milliers de touristes californiens ou new-yorkais venus élire l’herbe de l’année. De même, de jeunes botanistes continuent à faire le voyage retour du Mayflower pour développer leur art en toute liberté.

C’est le cas de Don et Aron, la trentaine, originaires de «Hollyweed», Californie, et venus à Amsterdam il y a quatre ans pour «fuir» l’Amérique: «Nous aimons les Américains, mais nous détestons l’Amérique et son gouvernement. Et comme on ne lutte pas contre le gouvernement pas les armes, nous avons choisi de nous exiler.» Dignes héritiers de leurs glorieux ancêtres, Don et Aron ont ouvert ici il y a trois ans une société baptisée DNA Genetics (sur Myspace), qui met au point des espèces de marijuana pour en vendre les graines. Vendredi, ils participaient pour la première fois à la Highlife cannabis cup: «On est venu l’année dernière pour voir et on s’est dit: "Merde, notre herbe est meilleure que la leur."» Résultat, deux prix : leur D-line (ou chococolope) a remporté le deuxième prix de la catégorie hydro (en culture hydroponique, hors-sol), tandis que leur Lemon skunk a empoché le deuxième prix de la catégorie «extérieur». Des prix qui viennent s’ajouter à ceux remportés lors de la High Times Cannabis cup. Alors comment se porte le business? «Amsterdam est une bonne base pour faire du commerce avec le monde entier… Sauf avec les Etats-Unis, parce que c’est interdit là-bas… Comme en France… Même si, en fait, on a déjà vu sur des forums des Français qui faisaient pousser de nos pieds.»

Enfin pour ceux qui voudraient goûter les produits de DNA genetics, une seule adresse : le Grey Area au n°2 de Oude Leliestraat (plan). Petite précision, le coffeeshop est tenu par… des Américains.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mercredi 28 février 2007 3 28 /02 /2007 15:17
Pour clore cette édition 2007, le film de la Cup.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mercredi 28 février 2007 3 28 /02 /2007 16:54

Le rapport est sous embargo jusqu’à cette nuit 00h00, mais mes camarades de RTL Belgique ayant décidé de le briser, la chasse est ouverte. Voici donc un résumé des principales conclusions du rapport 2007 de l’Organe international des stupéfiants (OICS), bureau de l’ONU chargé d’évaluer l’application des conventions contre les drogues. Bien entendu, ce type de rapports est à prendre avec des pincettes, mais relève tout de même de grandes tandances.
Je vous en parlais justement la semaine dernière sur Drogues News, la tendance est confirmée par le rapport: «L'abus de médicaments légaux va dépasser les drogues illicites.» Ce qui serait déjà le cas en Amérque du Nord ou en Europe. Au hit-parade de ces médicaments détournés, le Fentanyl, opioïde de synthèse dont la prescription aurait plus que triplé depuis 2000. En France, 25% des prescriptions de Subutex (opioïde utilsé en substitution à l’héroïne) alimentent le marché noir. Enfin, nouveauté: l’abus d’anorexigènes, «actuellement utilisés sans discrimination pour nourrir l'obsession de l'amaigrissement qui touche certaines sociétés», relève le Nigérian Philip Emafo, président de l'OICS, qui s’inquiète également du développement de dizaines de milliers de cyberpharmacies qui commercialisent des produits volés, contrefaits, détournés voire périmés. "Il importe que les consommateurs prennent conscience que les médicaments achetés sur le marché non réglementé peuvent être mortels lorsque ce ne sont pas des produits authentiques ou lorsqu'ils sont consommés sans avis médical", a-t-il souligné. Preuve ultime que la chimie a de beaux jours devant elle, l’abus de drogues de synthèse serait en hausse en Amérique, en Europe et en Asie, surtout en ce qui concerne la méthampétamine.
Dernier point du rapport, l’émergence de l’Afrique comme plaque tournante des trafics d’héroïne et de cocaïne, dont la consommation explose en Europe et en Asie.
Enfin à tout seigneur tout honneur, le cannabis reste la drogue illicite la plus consommée dans le monde.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Jeudi 1 mars 2007 4 01 /03 /2007 19:03
De l'art d'accomoder les restes. Un lecteur assidu de ce blog (Olivier p. pour ne pas le citer), me signale à juste titre cette légère "étourderie" dans le Monde daté d’aujourd’hui. Selon mon confrère Jean-Pierre Tuquoi, «la culture et la production de cannabis au Maroc ont connu une baisse spectaculaire en 2005, selon une étude de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Unodc, selon l'acronyme anglais) qui sera publiée début mars».
Alors que toute la presse parle du peu passionnant rapport de l’OICS (Organe international de contrôle des stupéfiants) paru hier (lire sur Drogues News), le Monde aurait des chiffres exclusifs et spectaculaires. Joli contre-pied. Seulement voilà, les chiffres cités par le quotidien du soir (40% de baisse des surfaces cultivées entre 2004 et 2005 et 62% de baisse de la production de hasch, à 1066 tonnes) sont en fait extraits d’un rapport de l’ONUDC publié il y a presque un an et simplement cité par l’OICS dans son rapport de ce matin.
A la décharge (ou à la charge...) du Monde, il n'a fait que recopier. Il semble que l’erreur soit imputable à El Pais dans un article publié mardi. Le journal espagnol confond allègrement ONUDC et OICS, deux organes de l’ONU chargés de la lutte contre les drogues illicites mais organismes distincts qui publient chacun un rapport annuel. Par erreur, le journaliste d'El Pais parle donc, le 27 février, d'un rapport à venir de l'ONUDC en lieu et place du rapport de l'OICS publié ce matin. Et de présenter les chiffres sur le Maroc vieux d'un an comme des chiffres nouveaux. Puis Le Monde a purement et simplement recopié l'information sans vérification...
Résultat, des sites marocains ( lire ici  ou ici) reprennent aujourd’hui les «nouveaux» chiffres de la production dans leur propre pays. Puisque c’est la presse de référence française qui le dit...

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Vendredi 2 mars 2007 5 02 /03 /2007 14:24
Certains d'entre vous le savaient déjà, j'ai quitté hier Libération pour me lancer dans de nouvelles aventures. Après neuf années merveilleuses à Libé, où je laisse des amis chers, j'ai décidé de m'associer à Pierre Haski, MIchel Lévy-Provençal, Laurent Mauriac Nicole Pénicaut et Pascal Riché pour lancer Rue89.com un site d'info participative. Une aventure qui sera, je l'espère, aussi pasionnante pour nous que pour vous. Bien sûr, ce blog continue son chemin et rejoindra bientôt la Rue89. En attendant, cap sur le Mozambique. Je vous retrouve dans dix jours et en attendant, je vous laisse les clés de Drogues News. Faites en bon usage.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Lundi 12 mars 2007 1 12 /03 /2007 17:24

A peine atterri de vacances, je reçois un mail de Jean-Pierre Galland, président du Circ, m’informant que Ségolène Royal avait enfin daigné prendre sa plume (ou plus probablement l’ordinateur d’un de ses assistants) pour lui répondre, plus de deux mois après sa première sollicitation dont je m’étais fait l’écho ici. Vu la réponse, difficile de croire que deux mois ont été nécessaires pour accoucher de cette géniale idée. Jugez-en par vous-même :

 

«Monsieur,

«Je vous remercie de votre courrier qui a retenu toute mon attention. Je connais votre combat pour la dépénalisation et la régulation publique du cannabis.

«Personne ne peut ignorer que la conséquence directe d’une consommation prohibée mais répandue est le développement d’une société parallèle, vivant et s’organisant pour l’essentiel autour du marché du cannabis.

«Personne ne doute non plus du fait que renforcer les interdictions et, surtout, alourdir les peines ne permettra pas de diminuer l’accessibilité et la consommation de drogues.

«Il nous faut donc une action publique de prévention plus efficace pour lutter contre toutes les formes de toxicomanie, en particulier chez les jeunes. Dans cette perspective, je m’engage, si je suis élue, à ouvrir un grand débat public et transparent avec tous les acteurs concernés: associations, magistrats, parents, usagers, policiers et médecins.

«Je suis déterminée à mettre en oeuvre une véritable politique de santé publique basée sur l’information, la prévention et les soins.

«Je vous prie de croire, Monsieur, à l'assurance de mes sentiments les meilleurs.

Ségolène Royal»

 

Nous voilà donc passés du très courageux: «Je ne suis pas favorable à la dépénalisation de la consommation de drogues, mais en même temps je crois qu'il faut sortir de l'hypocrisie» (en décembre chez Moati); à l’ingénieux «débat», manière politique polie de repousser à plus tard les questions qui fâchent.

Mais ne soyons pas trop sévère. D’abord, c’est toujours mieux que dans l’épicerie d’en face, qui propose une autre forme de débat: «Sur la drogue, guerre totale [...]. Je ne légaliserai pas. Je la combattrai.» (Nicolas Sarkozy sur TF1, le 5 février). Et puis une candidate PS à la présidentielle qui ne «doute plus» que «renforcer les interdictions et, surtout, alourdir les peines ne permettra pas de diminuer l’accessibilité et la consommation de drogues» c’est tout de même un mieux. Reste que ce «débat» mange d’autant moins de pain qu’il n’aura probablement jamais lieu. Bref, tout cela laisse un peu sur sa faim cannabique.

Commentaire du Circ :

«La candidate à l’élection de 2007 reconnaît explicitement la banalisation de l’usage du cannabis et admet que le martèlement de l’interdit tout comme le renforcement de la répression n’auront aucune conséquence sur sa consommation dans un marché noir en pleine expansion.

«Si Ségolène Royal est élue, le CIRC ne manquera pas de lui rappeler ses engagements. Et Si le débat qu’elle promet est effectivement « transparent », parions que les arguments que nous défendons en faveur de la légalisation du cannabis, seront enfin entendus. »

Mon commentaire : c’est pas gagné…

 

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Lundi 12 mars 2007 1 12 /03 /2007 18:57

Dans la série il n’est jamais trop tard pour bien faire, les autorités sanitaires reconnaissent enfin que la consommation d'herbe coupée peut nuire gravement à la santé. Alors que le Circ tire, dans le désert, la sonnette d’alarme depuis maintenant des mois (lire le dossier du Circ Nord-Est), les autorités françaises prennent enfin le problème au sérieux après avoir été «informées de deux cas de pathologies respiratoires sérieuses possiblement liées à la consommation d’herbe de cannabis coupée avec des microbilles de verre». Un communiqué de presse conjoint du ministère de la Santé, de l’InVS et de l’Afssaps (rien que ça) recommande «aux personnes ayant consommé de l’herbe de cannabis et ressentant des symptômes inhabituels (sensation de brûlure de la bouche ou de la gorge, gêne respiratoire, voire crachats de sang) de consulter rapidement leur médecin traitant». Un numéro indigo permet même désormais de répondre aux questions du public: 0 820 03 33 33

En effet, apprend-on dans ce communiqué, «interrogée par la Direction générale de la santé, la Société de pneumologie de langue française indique qu’une consommation du produit pourrait provoquer des complications respiratoires sévères à court et probablement à long terme». Précision d’autant plus intéressante lorsqu’on a en mémoire un précédent communiqué de l’OFDT en date du 21 novembre 2006 qui signalait pour sa part que : «D'après les pneumologues interrogés par le réseau SINTES, ces particules, microbilles et quartz alpha, du fait de leur forme, de leur taille, de leur adhérence et de leur nature ne devraient probablement pas entraîner de risque immédiat lors de l’inhalation.» Pas de risque immédiat peut-être, mais un changement de ton assez frappant tout de même.

Détail intéressant d’ailleurs: ni la Mildt ni l’OFDT, qui géraient jusqu’à présent ce dossier, ne figurent plus sur le communiqué de presse. Peut-être la conséquence d’un certain retard à l’allumage: toutes les mesures annoncées ici la semaine dernière ont été prises en Grande-Bretagne il y a… deux mois. Comme le nuage de Tchernobyl s’était arrêté sur le Rhin, les microbilles se seraient-elles arrêtées sur la Manche?

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Samedi 17 mars 2007 6 17 /03 /2007 10:23

Simple provocation ou réelle revendication identitaire? Après avoir suscité en décembre la colère de Washington en étendant les cultures légales de coca, le parti du président bolivien Evo Morales, lui-même ancien cocalero, propose de remplacer les traditionnels rameaux de laurier et d’olivier figurant sur le drapeau national par… des feuilles de coca.

«Les rameaux de laurier et d’olivier seraient remplacés par la feuille sacrée et millénaire de coca, comme symbole de constance, d’économie populaire, de conscience culturelle, de résistance et de cohésion sociale», stipule la proposition soutenue par la commission de la coca de l’Assemblée bolivienne (en espagnol sur BBC world). De plus, poursuit Sabino Mendoza, vice-président de la commission de la coca, «le laurier est le symbole de Rome et l’olivier celui de l’Espagne». A en croire l’AFP en espagnol, cette proposition aurait toutefois provoqué l’hostilité des milieux conservateurs et intellectuels, qui soulignent que la feuille de coca n’est le symbole que des seules régions andines du pays. L’ambassade des Etats-Unis ne semble toujours pas avoir réagi sur ce point.

Au rayon des idées pour le moins originales, un autre élu du peuple, kirghize cette fois, a suggéré la semaine dernière que son pays relance provisoirement sa production d’opium, pour régler son faramineux problème de dette publique. Pour Azimbek Beknazarov, chef du Parti national du renouveau Asaba, c’est, à l’image de ce qui s’est passé en Afghanistan, la seule manière de convaincre la communauté internationale d’effacer la dette : «Après ça, toutes les organisations internationales vont s'affoler et proposeront d'elles-mêmes d'éponger nos dettes», a, selon l’AFP, expliqué le député.

Si la proposition pourrait, de prime abord, paraître plein de cynique bon sens, la situation de l’Afghanistan ne laisse pas vraiment place à l’optimisme. Reste qu’à faire de la «guerre à la drogue» dans les pays producteurs une des priorités de la communauté internationale pour lutter contre ses propres problèmes de toxicomanie, l’Occident récolte ce qu’il a semé. Nul doute que demain, dans d’autres pays pauvres de la planète, d’autres Beknazarov verront le jour. Et, peut-être, finiront par passer à l’acte.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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