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drogues

Lundi 19 mars 2007 1 19 /03 /2007 14:42
Voilà au moins un sujet de concensus entre les trois principaux candidats à la présidentielle: il n'y aura pas de dépénalisation du cannabis. Après la «guerre totale» de Sarkozy et le fuyant «débat» de Royal, le troisième mousquetaire de l'Elysée, invité hier de Skyrock, a tranché à son tour: pour ceux qui en auraient douté, Bayrou est contre la dépénalisation. D'ailleurs, bien qu'«un peu tout fou» (on peine à le croire!) lorsqu'il était adolescent, le petit François a affirmé n'avoir «jamais touché à la drogue»... C'est sa maman qui doit être fière.
Le candidat de l'UDF s'affiche ainsi très en retrait de la position de l'un de ses jeunes lieutenants, le député-maire de Drancy Jean-Christophe Lagarde, qui s'était prononcé, en novembre dans C dans l'air, pour la dépénalisation: «Ce serait mauvais pour la santé publique, mais en matière d'ordre public, on gagnerait sans doute beaucoup de terrain.» Un recul que n'a pas manqué de rappeler le Circ, dans une lettre adressée hier à Bayrou. Comme pour ne pas décevoir ses jeunes auditeurs, ce dernier a tout de même concédé: «Si je suis élu président de la République, j'aimerais qu'on se réunisse pour faire de la prévention efficace.»

Il faisait ainsi fidèlement écho à Ségolène Royal, qui, dans sa propre lettre adressée au Circ, appelait de ses voeux une
«action publique de prévention plus efficace pour lutter contre toutes les formes de toxicomanie». Nicolas Sarkozy, lui, tout à sa posture sécuritaire, continuait, samedi sur Skyrock, à préférer à la prévention la «contraventionalisation, qui introduirait un véritable interdit social, parce qu'(il) n'autorisera pas la drogue». Oubliant de rappeler qu'en tant que ministre de l'Intérieur, il n'avait rien modifié du tout ces cinq dernières années, si ce n'est à la sauvette dans sa loi sur la délinquance des mineurs.
Ce qui est étonnant dans ce triple refus d'envisager toute forme de dépénalisation, c'est que les trois candidats semblent s'accorder sur un autre point: l'actuelle loi de 1970 est obsolète. Une évidence lorsque l'on regarde ce qui se passe chez nos voisins européens: la France est, avec Chypre, la Grèce, la Finlande et la Suède, la seule dans l'Union à 25 à considérer la simple consommation de cannabis comme une infraction pénale (lire le rapport de l'OEDT). Ségolène Royal l'a reconnu dans sa lettre au Circ. Nicolas Sarkozy samedi sur Skyrock et François Bayrou hier sur la même antenne.
Et pourtant, il y a fort à parier qu'en mai 2012, le débat en sera exactement au même point. Entretemps, et au rythme actuel, plus de 500 000 Français auront été arrêtés pour consommation de cannabis. Au nom d'une loi
«obsolète».
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Dimanche 25 mars 2007 7 25 /03 /2007 03:47

«Un important fournisseur de marijuana du Massachussets a été retiré de la circulation et privé de ses profits illicites. Je voudrais remercier les agences fédérales et locales qui ont contribué à amener Sean Bucci devant la justice.» Ainsi s’exprimait, le mois dernier, le procureur Michael J. Sullivan, à l’issue du procès d’un ancien DJ de la banlieue de Boston de 34 ans, reconnu coupable d’avoir détenu une tonne de marijuana.

Evidemment, la défense ne voit pas les choses du même œil: «M. Bucci attend sa sentence concernant une myriade d’accusations… dont la plupart ont été inventées de toutes pièces par le bureau du procureur après la création de ce site web», apprend-on à son bureau. «Ce site web»? Sean Bucci est le fondateur d’un site pas comme les autres: www.whosarat.com, qui pourrait bien lui avoir attiré une certaine rancune des pouvoirs publics. L’objectif de Whosarat («qui est une balance?») est en effet de divulguer au public, contre rémunération, le nom d’informateurs de la police américaine (il contiendrait actuellement 4237 informateurs et 423 agents).

Officiellement, il ne s’agit que d’aider les avocats en leur permettant d’identifier les accusateurs de leurs clients. «La police recrute des junkies et d’autre criminels comme informateurs. Ces gens ont de longs casiers, que la police efface», expliquait Bucci à Citypaper en 2004. L’idée lui serait venue lorsqu’il a lui-même été balancé, à tort juge-t-il, par un ancien ami qui l’accusait de lui avoir vendu de l’herbe. Dès son lancement, en août 2004, Whosarat est élu «site le moins éthique du mois». Entretien avec son actuel manager, Chris Brown.

Comment est né ce projet?

L'idée nous est venue parce que M. Bucci peinait à obtenir des informations sur une balance qui avait fourni de faux renseignements aux autorités à son sujet. M. Bucci a été victime d'un mouchard très bien payé.

Avez-vous vous-même connu des problèmes avec la police?

A part des infractions mineures (code de la route...) quand j'étais plus jeune, non.

Ne craignez-vous pas que votre site soit avant tout utilisé à des fins criminelles?

Comment? Ce site n'est qu'un forum où les gens déposent des informations. Comme l'a souligné l'avocat général du Massachussets, Martha Coakley, il est le pendant du fichier des criminels sexuels du gouvernement.

L'une des personnes "outées" sur votre site a-t-elle eu des problèmes avec quelqu'un qu'elle aurait dénoncé à la police?

Pas à ma connaissance. Mais j'imagine par exemple que les personnes qui se sont fait balancer ne s'associent plus avec leurs dénonciateurs…

Ne craignez-vous pas d'encourager la violence?

Non! Nous ne prônons absolument pas la violence. Ce site ne vise qu'à partager des informations. Ce que les gens font de ces informations par la suite, c'est leur problème. Nous ne faisons qu'essayer de rééquilibrer les choses. Le parquet a tout le temps de préparer un dossier contre un accusé. Un accusé, lui, n'a généralement pas plus de 15 jours pour se préparer après avoir reçu les preuves retenues contre lui. Ce site permet aux gens de partager des renseignements sur des informateurs qui ont probablement balancé dans le passé, ont reçu de l'argent pour ça, mais continuent à commettre des crimes parfois pires que ceux qu'ils dénoncent.

Avez-vous déjà été poursuivis pour avoir nommé quelqu’un?

Non, mais j'en serais presque ravi. Qu'une balance dépense l'argent que le gouvernement lui a donné pour payer un avocat pour un procès qu'il perdra… Encore une fois, nous ne sommes qu’un forum qui permet aux gens de mettre des informations en ligne. Et la Constitution et la jurisprudence protègent les propriétaires de sites web concernant le contenu mis en ligne par un tiers.

Avez-vous eu d’autres problèmes avec la police depuis l'ouverture de ce site?

Je suis persuadé que la police n'apprécie pas ce site. Mais même si les policiers utilisent des informateurs, ils ne les aiment pas beaucoup. Avez-vous déjà entendu parler du Blue wall of silence?

Vous arrive-t-il de censurer des commentaires appelant à la violence?

Nous le faisons lorsque nous repérons de tels messages, mais le cas ne s'est pas souvent posé.

Connaissez-vous le profil de vos donateurs et sont-ils assez généreux pour vous permettre de vivre de leurs contributions?

Nous ne connaissons que le profil de ceux qui sont inscrits. Et non, leurs contributions sont loin de suffire. La quantité de bande passante que le site utilise est incroyable. Les donations ont permis de baisser le coût, mais ne permettent pas de financer le site et encore moins de réaliser des profits.

Quelles sont alors vos autres sources de revenus?

L'inscription comme membre et les t-shirts de soutien. Nous avons à peu près 5000 visiteurs par jour, mais tous ne sont pas enregistrés.

 

Sean Bucci risque aujourd’hui entre dix ans et la perpétuité. Verdict le 24 mai.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Jeudi 29 mars 2007 4 29 /03 /2007 03:38


Qui veut la peau du prince Nayef Bin Fawaz al-Shaalan, gendre du ministre de la Défense saoudien? Tout le monde, à en croire son avocat, Jacques Vergès. C’est en tous cas ce que le maître du complot a plaidé hier à Bobigny dans le dernier volet de "l’affaire de la coke saoudienne". Une affaire qui risque de rester très virtuelle, puisqu’elle s’est déroulée en l’absence des dix prévenus (colombiens,espagnols et saoudien, donc) accusés d’avoir, en mai 1999, importé en France deux tonnes de cocaïne en provenance de Caracas à bord d’un avion saoudien protégé par l’immunité diplomatique. Une absence saluée par une certaine unanimité dans les réquisitions du parquet: dix ans ferme pour tout le monde, prince compris. Devant la presse, puis au fil d’une heure de plaidoirie, Me Vergès l’a pourtant martelé: tout le monde en veut à son client parce qu’il est un prince et qu’il est arabe.

En tête de liste de ses ennemis, donc, les Etats-Unis, qui auraient ourdi le complot en distillant de fausses informations sur l’implication du prince avec des narcos colombiens. Quatre raisons, selon l’avocat, à cette «manipulation»: le prince Nayef, lorsqu’il était étudiant aux Etats-Unis, aurait monté une association musulmane regroupant noirs et arabes. Ce qui aurait été «mal vu»… Puis il aurait traîné en Afghanistan, où il aurait côtoyé Massoud. «Mal vu». Sa famille serait francophile depuis Bonaparte et lui-même est un ami de Chavez. Enfin, il aurait eu l’impudence de créer une banque islamique qui aurait pu concurrencer les grands groupes américains.

Mais la France ne serait pas blanc-bleu non plus à en croire l’avocat: «Les autorités française ont été lâches, la police a cru les Américains.» Un policier en particulier, ou plutôt un ex-flic, s’attire les élégances de Me Vergès: Fabrice Monti, qui a participé à l’enquête avant d’écrire la Coke saoudienne, un best seller («enfin ce qu’il croit être un best seller, c’est une grosse merde») très détaillé, très à charge et… très convaincant. Pour quelle raison en voudrait-il au prince? «Quand on s’appelle Dupont-Lajoie et qu’on met en cause un prince, on est forcément connu.» Les membres du Cartel de Medelin qui le dénoncent comme leur associé? Comment croire ces «chevaux de retour» qui accusent un prince «jamais condamné» (un dossier de trafic d’armes aurait toutefois disparu aux Etats-Unis). Et puis ils auraient voulu «plaire aux Américains» et obtenir ainsi une réduction de peine. Ce qu’ils ont eu à Miami et qui fait contester ce nouveau jugement français par leur avocat.

Le «package» complot que vendent Me Vergès et le frère du prince Nayef, Saoud, est complet: outre le mobile des Américains, il fournit de possibles coupables de substitution (ainsi l’avocat insiste-t-il lourdement sur deux dirigeants de la banque du prince qui étaient avec sa famille et lui à bord du fameux vol qui transportait la coke) et une preuve irréfutable de l’innocence du prince: la poudre serait arrivée le 15 mai à Paris, soit 24 heures avant lui, comme le prouverait un fax envoyé par le témoin clé.

Mais alors comment expliquer notre incrédulité face à ces arguments? D’abord, le dossier à charge est assez lourd, bien qu’aucune preuve irréfutable ne lie le prince à la cocaïne. Mais les coïncidences sont aussi nombreuses que troublantes. Les aveux également. Par ailleurs, les Américains, s’ils sont bien à l’origine de l’information sur le prince, n’ont que peu coopéré avec la justice française, ne donnant pas l’impression de persécuter ce dernier. Aujourd’hui encore, les autorités françaises elles-mêmes semblent embarrassées pas l’affaire et peu pressées de mettre la main sur celui qui ne sort plus de son pays et ce alors que des contrats d'armement sont en cours (lire dans le Monde). Alors en veut-on réellement à Nayef Bin Fawaz al-Shalaan? Serait-il au contraire encore en liberté s’il n’était pas, justement, un prince arabe? Jugement le 9 mai.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Jeudi 29 mars 2007 4 29 /03 /2007 18:04

On savait ses jours comptés: l'iboga, plante sacrée originaire du Gabon, est officiellement interdit en France depuis la parution au Journal officiel le 25 mars d'un arrêté du ministère de la Santé. Après le décès d'un jeune homme au mois de juillet dernier en Ardèche lors d'un stage du collectif Meyaya, la mise en examen des dirigeants de l'association et la parution du rapport annuel de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), qui s’inquiétait de l’engouement grandissant en France pour le chamanisme les plantes enthéogènes en général et l'iboga en particulier, l'affaire paraissait bouclée. C'est donc chose faite, a-t-on appris hier dans un communiqué de presse de l'Afssaps.

"Compte tenu des effets neurotoxiques, des propriétés hallucinogènes de l’Iboga et de la survenue croissante d’intoxications aiguës ayant conduit à des cas de décès, le ministre chargé de la Santé a décidé, après avis de la Commission nationale des stupéfiants et des psychotropes réunie le 19 décembre 2006 et sur proposition de l’Afssaps, d’inscrire sur la liste des stupéfiants : les plantes Tabernanthe iboga («Iboga») et Tabernanthe manii, l’ibogaïne, ses isomères, esters, éthers et leurs sels."

De plus, "actuellement aucun intérêt thérapeutique n’est démontré ni pour l’Iboga ni pour l’ibogaïne, bien que celui-ci ait été évoqué et étudié notamment dans le traitement de la dépendance aux opiacés, à la cocaïne et à l’alcool (Etats-Unis et Israël)". Ce que contestent les défenseurs de la plante. Qui n'ont pas encore réagi à ce classement.

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Dimanche 1 avril 2007 7 01 /04 /2007 08:46
J'ai reçu hier cet e-mail d'un de mes meilleurs amis, grand reporter de son état, qui m'invitait à passer sur mon blog sa prose relatant nos petites mésaventures communes de vendredi soir. Je m'exécute donc:

De retour d’une soirée avortée chez un copain qui aura, en oubliant de nous prévenir, préféré passer son week-end en reportage dans une secte (la prochaine fois, préviens tes potes Julien!), ma compagne et moi-même passons chez des amis refaire le monde autour d’une bouteille de champagne et d’une cigarette cousue main. Objectif: détente. L’objet du délit n’a pas fini sa ronde qu’une sensation inhabituelle me parcourt le clavier. Presque aussi agréable qu’une craie crissant sur un tableau ou qu’un sandwich merguez au sable. Particulièrement irritant. Je n’ai pas les dents qui poussent, mais quelque chose les fait craquer! Hallucination? Crise aigue de paranoia? J’évoque la chose à notre hôte, qui n’est autre que l’auteur de ce blog, lorsque je vois ses yeux s’arrondir (la logique aurait voulu un mouvement contraire).
Après une première série de tests basiques pratiqués collectivement, genre mastication, il faut bien se rendre à l’évidence. L’herbe que nous sommes en train de fumer, quoique sensée être de toute première qualité, est coupée. Elle croustille, croque sous la dent et contient une substance qui ressemble à du sable ultra fin.
Nous sommes bien décidés à faire toute la lumière sur cette sombre histoire d’herbe trafiquée. Car entre la graine et la fleur, il y a forcément quelqu’un qui saupoudre au passage…
Theodore Grall

Ainsi donc, après en avoir longuement débattu dans les colonnes de Libération, ici même et avec certains d'entre vous, me voilà, pour la première fois, rattrapé par le fléau du fumeur moderne. Tout se perd. Bien sûr, les journalistes que nous sommes ne peuvent s'en tenir à cette cruelle désillusion et comptent bien en savoir plus sur ce que contient cet échantillon contaminé (en photo ci-dessus). Je vous tiendrai au courant dès que j'en saurai plus. Restez connectés.

P.S.: les messages de condoléance seront vivement appréciés.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Dimanche 1 avril 2007 7 01 /04 /2007 16:17

 

 

Interrogée sur la dépénalisation du cannabis sur le site de Libé en décembre, la candidate des Verts, Dominique Voynet, avait éludé la question:

«Nicomartin: prônerez-vous, comme Noël Mamère en 2002, la dépénalisation du cannabis?
«Les Verts ont toujours pointé l'hypocrisie de la politique française en matière de drogue. On traitait comme un criminel le consommateur occasionnel de cannabis, et comme un signe de virilité la cuite du samedi soir. On n'en est plus là. La distinction entre drogues légales et illégales s'estompe, au profit d'un message de préventions des toxicomanies, d'une approche plus lucide des phénomènes de délinquance, liés aux mafias des drogues dans les quartiers


Interrogée à nouveau sur cette question par les lycéens de la FIDL, Voynet s'est cette fois prononcé clairement pour la dépénalisation:

«
Je plaide en faveur d’une dépénalisation de l’usage de toutes les drogues et la légalisation du cannabis.
«Je précise qu’il ne s’agit nullement de pousser à la consommation du cannabis, mais de rompre avec une politique passablement hypocrite et inefficace.
«Il a fallu des années de discussion pour faire admettre que la Mildt devait se préoccuper d’abord des personnes, souvent polytoxicomanes (usant et abusant tour à tour de drogues différentes) et rompre avec une approche «par produit», distinguant de façon arbitraire entre les drogues aujourd’hui légales: alcool, tabac, psychotropes (dont les Français sont quand même les consommateurs les plus enthousiastes en Europe!) et celles qui ne le sont pas, cannabis ou cocaïne. Je ne veux pas rentrer dans le débat sur la «dangerosité» de chaque produit. Parce que le débat est complexe. S’il est exact que le tabac, ou l’alcool, tuent beaucoup, beaucoup plus que le cannabis, il est juste aussi de reconnaître que les «produits» mis aujourd’hui sur le marché n’ont plus grand chose à voir avec l’herbe cultivée sur le balcon par les «babas cools» des années 70. En vérité, tous ces produits sont suceptible de provoquer l’addiction, avec des conséquences sur la santé de l’usager, sur sa sécurité, et sur celle des autres, en cas de conduite de machines sur le lieu de travail, ou de véhicules sur la voie publique.
«Il en va de la responsabilité de chacun d’être conscient des risques d’accoutumance, d’assuétude, de la responsabilité des parents d’informer leurs enfants, de la responsabilité des pouvoirs publics, des enseignants, des services de santé, de les y aider, en apportant des éléments précis sur les risques.»

J'avais, lors de sa première intervention, sévèrement critiqué l'hypocrisie de la candidate verte, qui se situait alors très en retrait de ses prédécesseurs et de la position officielle de son parti. Je ne peux aujourd'hui que la féliciter de cette proposition courageuse et responsable, qui la singularise au sein de la gauche dite
«de gouvernement».
A noter: la FIDL
a recueilli les réponses de cinq autres candidats (Bayrou, Besancenot, Buffet, Royal et Sarkozy) sur cette même question. Sans suprise, seul Besancenot se retrouve du côté de madame Voynet. La palme de la réponse la moins inspirée revenant à François Bayrou:
«La dépénalisation ne pourrait être perçue que comme un signal d’encouragement.» Un peu court pour celui qui se veut le candidat des jeunes.

En illustration, le clip On a tous une voix, extrait de la campagne «2007, tous aux urnes!» de la FIDL.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mardi 3 avril 2007 2 03 /04 /2007 15:59
Trafic de drogues=cités=bandes de jeunes violents. Si cette équation est médiatiquement et politiquement correcte, elle est, en pratique, loin de refléter l'ensemble du problème. Trois faits divers viennent de nous le rappeler coup sur coup.
On apprenait samedi que douze personnes, dont trois médecins et six pharmaciens (dont une femme de 83 ans) de la région parisienne, avaient été mis en examen pour trafic de Subutex, un substitut à l'héroïne (lire dans Le Monde). Ce marché aurait fonctionné depuis 2004 avec un préjudice total pour la sécurité sociale évalué à plus de 500000 euros...
Jeudi, on apprenait l'arrestation d'un capitaine des stups de Strasbourg et de sa maîtresse, greffière au tribunal, chez qui ont été retrouvés 4.5 kg d'héroïne et des produits de coupe (lire dans Le Figaro).
Enfin hier, on apprenait l'arrestation du vice-président français de Dior Japon, qui s'était lui-même envoyé depuis la France... 8,8 grammes de cocaïne (lire dans L'Expansion). Certainement pas de quoi en faire un dealer, mais certainement de quoi avoir quelques problèmes avec la police japonaise.
Qui a dit que l'habit ne faisait pas le dealer?
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Dimanche 8 avril 2007 7 08 /04 /2007 01:39


Et si l'alcool était plus dangereux que les amphétamines? Le tabac que le cannabis? Lorsque Lionel Jospin déclare, lors de la campagne de 2002, qu'un pétard chez soi est moins dangereux que de l'alcool avant de prendre sa voiture, il enfonce une portière ouverte pour l'immense majorités des fumeurs. Pourtant, l'affirmation fait alors débat et semble choquer l'opinion. C'est l'un des paradoxes de l'image que la plupart des gens se font des drogues: le statut légal ou non influe largement sur la perception de la dangerosité du produit.
C'est à cette distorsion que s'est attaqué un panel de chercheurs britanniques, qui a proposé le 24 mars dans The Lancet, une nouvelle classification des drogues (y compris légales) en fonction de leur dangerosité globale (voir tableau ci-dessus, les classes A, B et C correspondant au degré d'interdit). Bien évidemment, à l'arrivée le statut légal ne correspond pas du tout à la dangerosité. Si l'héroïne arrive "en tête", tabac et alcool sont dans la première moitié en termes de dangers, le cannabis onzième et l'ecstasy 18e. Des résultats d'autant plus crédibles qu'ils sont en tous points semblables à ceux de l'équipe française du Pr  Bernard Roques. Dans son rapport sur La dangerosité des drogues publié en 1998, elle classait déjà l'alcool parmi les psychotropes les plus dangereux.  Tout celà devrait fort logiquement amener à s'interroger sur le régime légal des psychotropes des deux côtés de la Manche.
En ce qui concerne la France, presque dix ans après le rapport Roques, rien n'a bougé.
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Mardi 10 avril 2007 2 10 /04 /2007 00:06
La drogue c'est de la merde. Ca tout le monde le sait, on nous l'a assez rabaché. Et bien au Royaume-Uni, certaines jeunes personnes auraient pris ce raffiné slogan hygiéniste au mot. A en croire la BBC, des ados britanniques snifferaient des poubelles en feu. Odeurs nauséabondes et sensations fortes garanties. C'est en tous cas ainsi que la police du Yorkshire tente, maladroitement, d'expliquer la récente épidémie d'incendies de poubelles à laquelle elle doit faire face. Une pratique qu'un membre d'une ONG écologiste dit tout de même également avoir déjà observé en Ecosse auparavant. Selon un internaute qui intervenait dimanche sur un forum local à Sheffield, des ados snifferaient bien des fumées de plastique, mais la poubelle ne servirait que d'inhalateur géant combiné à un barbecue.
Quoi qu'il en soit, cette nouvelle drogue règlerait la question de l'argent sale. Désavantage: outre le côté totalement ridicule de la chose, ce genre d'idées est extrêmement dangereux pour la santé étant donné le nombre de produits chimiques contenus dans une poubelle (y compris la poubelle elle-même). Toujours pragmatique, la police de sa majesté tente donc de compliquer l'accès du public aux ordures. Ce qui risque d'être non moins compliqué.
Conclusion d'un certain "CaptainFancy" sur le forum UKcultivator, "Je me demande qui a été le premier à passer à côté d'une poubelle et à se dire: 'Tiens, je pourrais fumer ça...'"

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Vendredi 13 avril 2007 5 13 /04 /2007 15:11
Au jeu des gendarmes et des dealers, les premiers ont par définition un temps de retard sur les seconds. De nouvelles drogues aparaissent (ou refont surface) chaque année. Jusqu'à ce que leur notoriété et leur commerce naisssants, plus que leur dangerosité d'ailleurs, n'attirent les autorités. Qui finissent immanquablement pas interdire. Alors à qui le tour? Après la récente interdiction de l'iboga et de l'ayahusca en France, quel sera le prochain? Au moins deux prétendants semblent dans les frémissants du tableau des stupéfiants.
A ma droite la Salvia divinorum ou "sauge des devins". Une plante d'origine mexicaine  aux effets hallucinogènes peu comparables à d'autres (sans être forcément "plus forts"), fumée en pétard et que certains présentent comme un "substitut légal" au cannabis. Peu répandue jusqu'au milieu des années 90, elle n'est en effet classée que dans quelques pays (dont l'Australie, la Belgique, le Danemark, l'Italie...) Rien en France et presque rien aux Etats-Unis (seuls cinq Etats l'ont interdit), où sa popularité croissante lui vaut toutefois quelques ennuis. Dont celui d'avoir déjà été classée comme une "drogue à problème" par la DEA, qui s'interroge désormais sur son éventuelle interdiction, depuis qu'elle est largement disponible sur le Net. Et comme les "problèmes" qui touchent les Etats-Unis finissent toujours par nous arriver, les (rares) amateurs français de Salvia risquent de connaître bientôt le même sort que ceux d'iboga et d'ayahuasca. Pourtant, affirme le Pr Bryan Roth, l'Américain qui a isolé la salvinorin A (élément psychoactif), "il n'y a pas de preuve de toxicité ni aucun décès rapporté dans la littérature médicale" et peu de potentiel de dépendance. Ses utilisateurs sont simplement "momentanément désorientés".
A ma gauche, c'est moins poétique, la BZP ou benzylpipérazine, un stimulant de type amphétamine dont le Conseil de l'Union européenne a demandé fin mars le placement sous surveillance par l'OEDT (Office européen des drogues et toxicomanies). Lequel rendra son rapport sur les risques sanitaires et sociaux au mois de juin.
La BZP a été signalée pour la première fois en 1999, treize Etats membres en ont rapporté des saisies en 2006 et cinq l'ont déjà placée sous contrôle. Comme les Etats-Unis depuis 2004. Souvent vendue comme "legal ecstasy" à "base de plantes", ces principaux dangers seraient, à en croire l'OEDT: "l'hypertension, la tachycardie (battements rapides du coeur) et les attaques, de même que l'anxiété et l'insomnie, certains symptômes durant parfois jusqu'à 24 heures."
Reste que malgré ce dossier à charge relativement léger, le sort de la BZP paraît déjà largement scellé, victime de son succès croissant.
Ainsi vont les règles du gendarme et du dealer: ce n'est pas la dangerosité d'une drogue qui décide de son interdiction mais le fait que le dealer s'y soit intéressé le premier.



Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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