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Vendredi 24 novembre 2006 5 24 11 2006 01:37

Et un petit coup pour les drogues au passage. Ca ne fait jamais de mal et ça flatte toujours l’électeur. Après s’être fait, il y a trois ans, retoquer son projet de modification de la loi de 1970, Nicolas Sarkozy tente de réprimer par la fenêtre, en glissant dans son projet de loi contre la délinquance un chapitre sur les stupéfiants. Une réforme de la loi qui passe quasi inaperçue, nichée dans un texte fourre-tout, mais toujours dans la même veine : « Nous choisissons d'être moins durs en théorie pour être enfin efficaces en pratique » (discours devant l’Assemblée, mardi. Traduction du Circ (Collectif d’information et de recherches cannabique) : « La tolérance zéro pour les usagers de drogues illicites est en marche. »

Car qu’y avait-il donc de si urgent, pour lutter contre la délinquance, à toucher à la loi de 1970 ? Pourquoi pas un débat plus serein et un projet exclusivement consacré à cette question ? Et que changent réellement ces sept nouveaux articles ?

Une bonne partie du texte concerne la généralisation de l’injonction thérapeutique. Rien de grave, si ce n’est que la plupart des intervenants ne croient pas en l’efficacité de soins non désirés. Qui plus est pour les usagers de cannabis, qui constituent pourtant l’essentiel des bataillons d’arrestations annuelles d’usagers (voir les statistiques de l'OFDT).

Pour les usagers toujours, l’introduction de la composition pénale pour les mineurs, ou la procédure de l'ordonnance pénale pour les majeurs. Soit une procédure accélérée qui exclut la prison au profit d'amendes ou de peines alternatives. Reste que le procès, et un an de prison, pour de simples consommateurs seront toujours envisageables.

Parmi les peines alternatives inaugurées dans cette nouvelle panoplie anti-« drogués », des « stages de sensibilisation aux dangers de l’usage de produits stupéfiants. »

Dans les entreprises de transports publics, des dépistages de stupéfiants pourront être administrés aux salariés « s’il existe à leur encontre une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’ils ont fait usage de stupéfiants » (de quoi ravir les fabricants de tests). En cas de refus du dépistage, deux ans de prison.

Pour ces salariés (ou mêmes de marchandises ou toute autre personne dépositaire d’une mission de service public), cinq ans de prison en cas de consommation de stupéfiants au travail (contre un an aujourd’hui, « comme tout le monde », si l’on ose dire). Voilà donc le sort des policiers, infirmières ou électriciens-gaziers, traité au sein d’un projet de loi censé combattre la délinquance. Quoi qu’il en soit, les contrevenants auront bien sûr droit à leur petit « stage de sensibilisation aux dangers de l’usage de stupéfiants », mais « à (leurs) frais » cette fois. Voilà les contribuables rassurés.

Subtilité enfin : inciter un mineur à transporter des stupéfiants devant la sécu à 16h00 peut désormais coûter dix ans de prison, contre sept passés 17 heures, puisque les « locaux administratifs » sont alors fermés…

Tremblez petits dealers de cité, la nouvelle loi est bientôt là.

 

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Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Jeudi 23 novembre 2006 4 23 11 2006 01:26

Un chiffre frappant. En France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon, selon une enquête révélée par la ministre de la Cohésion sociale, Catherine Vautrin. En France, en 2004, une personne est morte tous les cinq jours d’overdose de drogues, selon l’Office français des drogues et des toxicomanies (69 décès, dont 23 héroïnomanes et 14 cocaïnomanes).

Alors à quand, l’armée mise à contribution pour lutter contre les maris violents ? L’utilisation de satellites, d’informateurs, d’écoutes téléphoniques ? A quand la création de trois organes de l’ONU chargés du dossier des femmes victimes ? A quand un sommet des Nations unies réunissant les chefs d’Etat de la planète à leur chevet ? Ces moyens ne sont pourtant qu’une infime partie de l’arsenal déployé par la France et la plupart des autres pays du monde pour lutter conte la consommation de stupéfiants. Pourtant, à en croire le gouvernement, les drogues illicites tuent presque deux fois moins de personnes que les maris violents… Les « drogués », eux, ne font pour l’essentiel de mal qu’à eux-mêmes. Tout est question de priorité…

Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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Lundi 20 novembre 2006 1 20 11 2006 16:12
Il a bon dos le Patriarche. En fuite au Belize, Lucien Engelmajer, 87 ans dans une semaine, est poursuivi pour travail illégal et abus de biens sociaux. Le procureur a réclamé mardi dernier cinq ans de prison à son endroit. Egalement accusés, seize autres représentants ou proches du Patriarche, l’association d’Engelmajer, vouée à la « réhabilitation des toxicomanes » et progressivement reconvertie en multinationale sectaire des plus lucratives. Outre Engelmajer et deux de ses proches, également en fuite, un autre absent de marque planait sur ce procès : l’Etat, qui l’a largement subventionné et a, pendant des années, préféré fermer les yeux sur des dérives de plus en plus évidentes, trop content de voir Engelmajer gérer pour lui une population dont les pouvoirs publics ne savaient que faire, les toxicomanes.

Ancien brocanteur, Engelmajer ouvre son premier centre d’accueil en 1972 à La Boère (Haute-Garonne). Au programme : sevrage direct et total, rupture avec le monde extérieur et travail, bénévole, pour l’association (réhabilitation de fermes, brocantes et vente d’un journal, Antitox). La formule fait mouche d’autant plus facilement que la France d’alors refuse de regarder ses « drogués » en face. En l’absence de politique de soins, le Patriarche présente l’immense avantage de prendre en charge ces exclus à moindre frais et sans publicité. L’association accueille de plus quelques fils de bonne famille. Cachez ces toxicos que je ne saurais voir… L’Etat sous-traite la toxicomanie, Engelmajer encaisse et dévient un bienfaiteur pour la République. Comme pour beaucoup de ses pensionnaires. Au faite de sa gloire, l’Organisation internationale Lucien Engelmajer sera présente dans 17 pays, avec plus de 200 centres qui auraient vu passer 100000 pensionnaires. Engelmajer, lui, a troqué son bâton de pèlerin pour une Bentley et évaluera la fortune de l’OILE à plus d’un milliard de francs en 1998.

Pourtant, des critiques s’élèvent depuis longtemps déjà. Dès 1978, des témoignages font état de violences à La Boère. L’Inspection générale des affaires sociales s’intéresse de près à l’association et, en 1985, l’Etat hésite à lui retirer ses subventions. Oui mais que faire de ces toxicomanes toujours plus nombreux si le Patriarche devait fermer ses portes. Les recueillir coûterait beaucoup plus cher à l’Etat et l’obligerait à définir une politique sanitaire claire, volontariste. Silence, donc.

Le paroxysme des relations incestueuses entre le Patriarche et l’Etat semble avoir été atteint sous le gouvernement Balladur. Médecin et conseiller de Pasqua à l’Intérieur pour les questions de toxicomanie, Jean-Paul Séguéla est un élu du Sud-Ouest, un voisin d’Engelmajer. Il devient très vite un ami. Il est aujourd’hui son co-accusé. Le parquet réclame également cinq ans de prison à son encontre. Sous son magistère, l’association aurait encaissé en trois ans  21 millions de francs de subventions du seul ministère de l’Intérieur. Séguéla, lui, aurait encaissé 6 millions de francs de prêts gratuits qu’il ne remboursera jamais. Après sa sortie du ministère de l’Intérieur, il devient secrétaire général de Organisation internationale Lucien Engelmajer et hérite de sa carte de crédit … L’homme dit aujourd’hui qu’il aurait été « vraisemblablement manipulé » victime de « l’autoritarisme amical » d’Engelmajer, qui lui aurait « interdit » de le rembourser.

L’Etat finira par couper les ponts, et les subventions, après le départ de Séguéla à la suite de la publication d’un rapport parlementaire sur les sectes dans lequel l’OILE et son « gourou » figurent en bonne place. Au même moment, les programmes de réduction des risques liés à l’usage de drogues commencent à montrer des résultats tangibles.

Engelmajer ne sert plus personne. Ses dérives deviennent trop voyantes et embarrassent jusqu’à son propre entourage, qui a pourtant longtemps profité de ses largesses. C’est le début de la fin. Il est démis de ses fonctions par ses lieutenants en mars 1998 au cours d’une réunion digne du Parrain, dans sa luxueuse villa de Miami. Les langues se délient : six anciennes pensionnaires déposent plainte pour viols contre Engelmajer.

Aujourd’hui, l’organisation, rebaptisée Dianova, reste présente dans quatorze pays. Pas en France. Dans un rapport récemment remis au ministre français de la Santé, la mission addictions pointe toujours la faiblesse du « dispositif d'hébergement thérapeutique, actuellement très insuffisant en nombre de places et en diversité». Seulement 500 places, quand «tous les pays comparables disposent de capacités au moins dix fois supérieures »…

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Par arnaud aubron - Publié dans : drogues
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Lundi 20 novembre 2006 1 20 11 2006 14:08
Par Arnaud Aubron - Publié dans : drogues
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