« La guerre à la drogue ne peut pas être gagnée parce que c’est une guerre contre la nature humaine. » (Sir Keith Morris, ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Colombie)
A l’origine était
Le principe est simple. Un pied femelle de cannabis qu’on empêche de produire des graines développe beaucoup plus de fleurs et donc de résine, riche en THC, l'élément psychoactif. Autre avantage: les pieds de sinsemilla sont beaucoup plus faciles à cultiver pour les néophytes. Enfin, puisque ces pieds ne produisent pas de graines, il faut bouturer (ce qui est compliqué) ou racheter ces dernières à des professionnels. Jusqu’à dix euros l’unité.
Chassés des Etats-Unis par la guerre totale à la drogue de Reagan, ces géniaux inventeurs, comme Ed Rosenthal, trouvent refuge aux Pays-Bas avec, dans leur valise, un patrimoine génétique exceptionnel. Sur place, la consommation de cannabis est en effet tolérée depuis 1976 et les techniques d’horticulture intensive surdéveloppées depuis toujours. De ce mariage de la recherche et du commerce naitra, en 1985, la fameuse skunk («l’herbe qui pue», en néerlandais), sinsemilla cultivée en intérieur. Alliés à d’audacieux entrepreneurs néerlandais comme Ben Dronkers (fondateur de
Aujourd’hui encore, les liens cannabiques transatlantiques restent assez forts. Chaque année, le magazine spécialisé américain High Times organise à Amsterdam une Cannabis cup qui attire des milliers de touristes californiens ou new-yorkais venus élire l’herbe de l’année. De même, de jeunes botanistes continuent à faire le voyage retour du Mayflower pour développer leur art en toute liberté.
C’est le cas de Don et Aron, la trentaine, originaires de «Hollyweed», Californie, et venus à Amsterdam il y a quatre ans pour «fuir» l’Amérique: «Nous aimons les Américains, mais nous détestons l’Amérique et son gouvernement. Et comme on ne lutte pas contre le gouvernement pas les armes, nous avons choisi de nous exiler.» Dignes héritiers de leurs glorieux ancêtres, Don et Aron ont ouvert ici il y a trois ans une société baptisée DNA Genetics (sur Myspace), qui met au point des espèces de marijuana pour en vendre les graines. Vendredi, ils participaient pour la première fois à la Highlife cannabis cup: «On est venu l’année dernière pour voir et on s’est dit: "Merde, notre herbe est meilleure que la leur."» Résultat, deux prix : leur D-line (ou chococolope) a remporté le deuxième prix de la catégorie hydro (en culture hydroponique, hors-sol), tandis que leur Lemon skunk a empoché le deuxième prix de la catégorie «extérieur». Des prix qui viennent s’ajouter à ceux remportés lors de
Enfin pour ceux qui voudraient goûter les produits de DNA genetics, une seule adresse : le Grey Area au n°2 de Oude Leliestraat (plan). Petite précision, le coffeeshop est tenu par… des Américains.
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