La marijuana fait la fortune de l'Amérique

Publié le par Arnaud Aubron

Qui a dit que la principale ressource agricole des Etats-Unis était le maïs? Il s’agit en fait de la marijuana. Avec un chiffre d’affaire de plus de 35 milliards de dollars, le cannabis made in USA rapporterait en effet plus que la matière première des Corn Flakes (23 milliards) et le soja (17,6 milliards). Quand on se veut le leader de la guerre mondiale à la drogue ; quand on envoie des soldats en Colombie ou en Afghanistan pour lutter contre les «narcoterroristes»; qu’on fait pression sur le Canada, trop compréhensif sur cette question, et que l’on décerne chaque année des mauvais points aux pays ne luttant pas assez contre les stupéfiants, c’est le genre d’étude qu’on préférerait oublier très vite.

Bien sûr, l’auteur du rapport, le chercheur Jon Gettman est un avocat de longue date de la dépénalisation du cannabis. Mais ses chiffres s’appuient sur les données fournies par l’administration américaine en 2003. Ainsi, selon les bureaux du Tzar antidrogues américain, les Etats-Unis produiraient environ 10 000 tonnes d’herbe par an. Un chiffre déjà connu et repris par l’ONU, qui ferait du pays un des tous principaux producteurs mondiaux. Dans l'indifférence générale. Partant de ce chiffre difficilement vérifiable mais également difficilement contestable par les autorités, le chercheur évalue, a minima, à 35,8 milliards de dollars le chiffre d’affaires de la marijuana locale.

La Californie, Etat de tradition agricole, fournirait à elle seule le tiers d'une production multipliée par dix en vingt-cinq ans. Tandis que le Tennessee, le Kentucky, Hawaii et Washington suivraient au palmarès. Au total, le pays compterait 56 millions de pieds d’herbe cultivés en extérieur et 11,7 millions en intérieur (photo extraite du site de la DEA). Soit autant que le Mexique. Et bien plus que le Canada, pourtant sans cesse montré du doigt pour ses exportations de « BC Bud » (la skunk de Vancouver) vers les Etats-Unis. Pourtant jamais, au niveau international, les Etats-Unis n’ont été rappelés à l’ordre comme peut l’être le Maroc, autre gros producteur.

«Le fait que la marijuana soit la principale ressource agricole américaine après plus de trois décennies d’efforts d’éradication démontre bien que les lois actuelles sont un échec total», en a conclu hier Rob Kampia , du Marijuana policy project, association antiprohibitionniste qui publie l’étude. Et comme on est aux Etats-Unis, ce dernier ajoute: «Nos lois font en sorte que 100% de cette manne aille aux criminels plutôt qu’aux business légaux, qui paient des taxes pour financer les écoles, la police, les routes…»

Quant à Tom Riley, porte-parole du Tzar antidrogues John Walters, il n’a ni infirmé ni confirmé ses chiffres, mais a évoqué l’Afghanistan et la Colombie pour rétorquer à Kampia : «La cocaïne est la principale ressource agricole de la Colombie et ça n’a pas marché pour eux, le pavot est la principale ressource agricole de l’Afghanistan et ça a été désastreux pour eux.» Afghanistan, Colombie, Etats-Unis… Habile comparaison.

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Publié dans drogues

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O
"La cocaïne ne peut être transformée sans ces composés chimiques ...<br /> <br /> {l'acide sulfurique, l'éther, le kérosène, l'acétone, le toluène, l'acide acétique, l'ammoniac, et bien d'autres substances entrent dans le coktail de produits chimiques employés au cours de cette transformation, liés par des milliers de mètres cubes ... de papier hygiénique. Tout cela est jeté après usage} <br /> <br /> ... et la plupart d'entre eux ne sont pas produits dans les pays de la coca. Toute "guerre contre la drogue" devrait logiquement prendre pour cible les fournisseurs des solvants indispensables, mais les autorités nord-américaine ne le font pas. Tout au long des années quatre-vingt, de 70% à 80% de ces produits étaient exportés en direction de l'Amérique du Sud depuis les États-Unis. Comme l'affirma un critique devant un comité du Congrès, "en bref, nous avons fourni les ingrédients de notre propre poison". <br /> Au cours d'un raid contre un laboratoire installé en pleine jungle, on a découvert une cachette où se trouvaient des milliers de litres de solvants, dont une partie encore dans des containers provenant de chez Shell, Mobil et autres producteurs américains (...) il semble que le "Chemical Diversion and trafficking Act" ne serve pas à grand chose. Déjà en 1990, les exportations de produits chimiques allemands à destination des pays de la cocaïne augmentaient, de manière bien suspecte, de 438%. Hoeschst, Dow et BASF sont en train de mettre sur pied un très important complexe chimique à Cartagène en Colombie, dont la mise en service définitive est prévue en 1993. Bien qu'il n'y ait aucune preuve qu'ils aient l'intention de fabriquer et de vendre les produits nécessaires à la transformation de la cocaïne, il n'y a pas de preuves non plus qu'ils ne l'aient pas."<br /> <br /> Susan George, L'effet Bommerang, Choc en retour de la dette du tiers monde à La Découverte, pages99-100... en 1994 ! <br /> <br /> Commentaire : héroïnes, herbes & co ... de la graine (quels OGM ?) à la pochette (recyclable ?) de l'usager (mondial et de tout milieu social), c'est combien en tout ? et pour les sous-traitants (!) ?<br /> <br /> ... cela me fait penser à d'autres auteurs, mais ce sera certainement une autre fois. La fumigation décidée pour l'Afghanistan m'ont fait penser à cet ouvrage, qui m'a marqué en son temps !
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