Fumigation de la coca: la Colombie fait marche arrière

Publié le par Arnaud Aubron

L’ambiance ne doit pas être à la fête chez Hugh Grant en ce début de semaine. Pourquoi est-ce que je m’intéresse à la star anglaise me direz-vous ? En fait, ce Hugh Grant là est beaucoup moins glamour (voir sa photo et son CV ici) puisqu’il s’agit du PDG de Monsanto, le très controversé géant américain de la chimie. Et s’il n’est pas à la fête, c’est que sa compagnie vient d’essuyer deux revers coup sur coup. Le premier, parce que l’agence britannique de l’Environnement a décidé hier de lancer une enquête sur des déchets toxiques produits par sa firme et enfouis près de Cardiff. Le second, et j’en viens là au sujet qui nous intéresse, parce que le gouvernement colombien a décidé vendredi de mettre fin à la fumigation aérienne de la coca près de la frontière équatorienne. Un recul qui donne des arguments aux adversaires du désherbant Roundup ultra, «porte-drapeau de la gamme agrochimique de Monsanto» selon la publicité. Comment , en effet, expliquer l’arrêt de la fumigation, qui représenterait pour la multinationale de Saint-Louis un contrat de plusieurs millions de dollars, pour protéger la population équatorienne alors que celle-ci continuerait en Colombie ?

Depuis des années, le gouvernement équatorien dénonce l’impact sur la population frontalière de l’épandage aérien de glyphosate, principal composant du Roundup. En effet, si la marque et le gouvernement américain ont toujours défendu l’innocuité de l’herbicide, cette dernière est plus que discutable (lire ici et voir la galerie de dessins d'enfants équatoriens ici) particulièrement en raison des concentrations élevées et des conditions d'utilisation hors de toutes règles de sécurité en Colombie. Après avoir consenti à un moratoire le long de la frontière fin 2005, la Colombie avait unilatéralement repris la fumigation en décembre, provoquant le rappel de l’ambassadeur équatorien à Bogota.

«La Colombie va procéder désormais à une éradication manuelle et mettre fin à la phase d'épandage de façon à ce que nous puissions mettre en oeuvre de bonne foi l'accord entre les deux présidents», a déclaré la ministre des Affaires étrangères colombienne, Maria Consuelo Araujo. Avant de préciser que l'Etat emploierait 1200 personnes pour arracher la coca dans les provinces frontalières de Putumayo et de Narino. Reste que le nouveau président équatorien, Rafael Correa, menaçait toujours samedi de porter cette question devant la Cour internationale de justice de La Haye (lire ici) afin de la trancher définitivement.

Une mauvaise nouvelle pour Washington, qui avait déjà vu le mois dernier le gouvernement afghan refuser, malgré ses pressions, de recourir à la fumigation contre les champs de pavot. Et une bonne nouvelle pour les opposants latino-américains à la guerre à la drogue, qui obtiennent là leur première victoire sur leur ennemi nord-américain et son allié colombien. Ces derniers ne comptent pas en rester là. Mercredi, leur leader, Hugo Chavez, a promis que le Venezuela financerait la production de 4000 tonnes de coca bolivienne en achetant tous types de dérivés légaux de la plante (savon, thé, huiles, médicaments… lire ici) pour détourner les paysans du marché de la cocaïne. Une manière de signifier aux Etats-Unis, qui tentent de dissuader le président bolivien Morales de relancer la culture légale de coca dans son pays, qu'il existe une autre approche que la force pour lutter contre la cocaïne.

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Publié dans drogues

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H
En plus les avions là-bas, il se font piloner au bazooka, vu qu'il vole assez bas. Puis je pense faudra voir auprès des populations dans quelques années si y'a pas de deformation ou mutattion de foetus à cause de leur pesticide.
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