Cannabis: Bayrou aussi est contre la dépénalisation

Publié le par Arnaud Aubron

Voilà au moins un sujet de concensus entre les trois principaux candidats à la présidentielle: il n'y aura pas de dépénalisation du cannabis. Après la «guerre totale» de Sarkozy et le fuyant «débat» de Royal, le troisième mousquetaire de l'Elysée, invité hier de Skyrock, a tranché à son tour: pour ceux qui en auraient douté, Bayrou est contre la dépénalisation. D'ailleurs, bien qu'«un peu tout fou» (on peine à le croire!) lorsqu'il était adolescent, le petit François a affirmé n'avoir «jamais touché à la drogue»... C'est sa maman qui doit être fière.
Le candidat de l'UDF s'affiche ainsi très en retrait de la position de l'un de ses jeunes lieutenants, le député-maire de Drancy Jean-Christophe Lagarde, qui s'était prononcé, en novembre dans C dans l'air, pour la dépénalisation: «Ce serait mauvais pour la santé publique, mais en matière d'ordre public, on gagnerait sans doute beaucoup de terrain.» Un recul que n'a pas manqué de rappeler le Circ, dans une lettre adressée hier à Bayrou. Comme pour ne pas décevoir ses jeunes auditeurs, ce dernier a tout de même concédé: «Si je suis élu président de la République, j'aimerais qu'on se réunisse pour faire de la prévention efficace.»

Il faisait ainsi fidèlement écho à Ségolène Royal, qui, dans sa propre lettre adressée au Circ, appelait de ses voeux une
«action publique de prévention plus efficace pour lutter contre toutes les formes de toxicomanie». Nicolas Sarkozy, lui, tout à sa posture sécuritaire, continuait, samedi sur Skyrock, à préférer à la prévention la «contraventionalisation, qui introduirait un véritable interdit social, parce qu'(il) n'autorisera pas la drogue». Oubliant de rappeler qu'en tant que ministre de l'Intérieur, il n'avait rien modifié du tout ces cinq dernières années, si ce n'est à la sauvette dans sa loi sur la délinquance des mineurs.
Ce qui est étonnant dans ce triple refus d'envisager toute forme de dépénalisation, c'est que les trois candidats semblent s'accorder sur un autre point: l'actuelle loi de 1970 est obsolète. Une évidence lorsque l'on regarde ce qui se passe chez nos voisins européens: la France est, avec Chypre, la Grèce, la Finlande et la Suède, la seule dans l'Union à 25 à considérer la simple consommation de cannabis comme une infraction pénale (lire le rapport de l'OEDT). Ségolène Royal l'a reconnu dans sa lettre au Circ. Nicolas Sarkozy samedi sur Skyrock et François Bayrou hier sur la même antenne.
Et pourtant, il y a fort à parier qu'en mai 2012, le débat en sera exactement au même point. Entretemps, et au rythme actuel, plus de 500 000 Français auront été arrêtés pour consommation de cannabis. Au nom d'une loi
«obsolète».
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Publié dans drogues

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L
<br /> François Bayroux (UDF), Olivier Besancenot (Ligue Communiste Révolutionnaire), José Bové (Altermondialiste), Marie-George Buffet (PCF), Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière), Jean-Marie Le Pen (FN), Frédéric Nihous (Chasse, pêche nature, traditions), Ségolène Royal (PS), Nicolas Sarkozy (UMP), Gérard Schivardi ("candidat des maires", soutenu par le Parti des Travailleurs), Philippe de Villiers (Mouvement pour la France), Dominique Voynet (Verts). Quelles sont leurs propositions sur la question des drogues et en particulier du cannabis ?<br /> Depuis le début de la pré-campagne, ce thème n’a pas suscité la même attention qu’en 2002. Le CIRC, ENCOD France, Cannaweed, Chanvre-Info et sûrement d’autres ont commencé à interpeller les candidats avec des lettres ouvertes ou des courriers documentés et personnalisés. C’est une excellente démarche citoyenne mais il sera très difficile de médiatiser ce vaste travail dans le peu de temps qu’il reste avant le premier tour. J’appelle donc toutes les organisations et les citoyens concernés à proposer trois questions aux présidentiables. Après sélection, nous les ferons parvenir à tous les candidats accompagnés d’un argumentaire sur chaque thème afin d’éviter les réponses évasives et la langue de bois. Nous publierons les réponses sur nos sites et nous en informerons les médias par des communiqués de presse. Si une bonne dynamique s’enclenche autour de ce projet, il faudrait aussi prévoir une réunion publique avec les candidats ou leurs représentants afin de préciser et de commenter les différentes positions.<br /> Alors, je me lance en premier et j’espère recevoir beaucoup d’avis et de suggestions...<br /> Recherche : Accepteriez-vous de créer une Commission d’enquête représentative sur les effets physiques, psychiques et sociologiques de la « Skunk » et autres produits cannabiques récents ?<br /> Existe-t-il vraiment un nouveau cannabis vingt-cinq fois plus toxique que l’herbe des hippies ? Certains croisements ou certaines associations de cannabinoïdes présentent-ils plus de risques de déclencher une pathologie psychiatrique ? Existe-t-il un niveau de THC à ne pas dépasser pour consommer à moindre risque ? Les médias, certains scientifiques, politiques et intervenants de terrains l’affirment sur la foi de témoignages et d’études parcellaires. D’autres études et de nombreuses associations réfutent ou minimisent cette théorie. Des représentants des usagers, des scientifiques, des intervenants de terrains, de la société civile et des autorités devront compiler les données existantes et ordonner les études complémentaires nécessaires pour clarifier cette problématique très polémique.<br /> Prévention : Accepteriez-vous la création de centres d’analyse du cannabis ?<br /> Il est très difficile de réduire les risques liés à l’usage d’un produit dont on ignore la composition. C’est encore plus vrai pour les jeunes usagers inexpérimentés qui sont les premières victimes d’effets indésirables parfois nuisibles à moyen terme. Comment adapter sa consommation à la puissance du produit quand on ne la connaît pas ? Comment détecter les nombreux produits souvent toxiques qui servent à couper l’herbe et le Haschisch ? Il faut offrir aux usagers la possibilité de tester leur cannabis anonymement et à faible coût, voir gratuitement. Cette mesure intéressera les consommateurs mais aussi les autoproducteurs et même les dealers consciencieux. Elle restera indispensable dans le modèle de Cannabis Social Club afin de garantir la sécurité phytosanitaire des produits maison ou CSC.<br /> Législation : Adopteriez-vous le modèle du Cannabis Social Club ?<br /> Dépénalisation de la consommation privée des majeurs et de la possession d’une quantité suffisante pour la consommation personnelle, pas de déclaration de culture de chanvre jusqu’à 5 pieds par majeur du foyer, système non marchand de coopérative de production et de distribution respectant un strict cahier des charges pour les citoyens ne pouvant pas produire eux-mêmes, cercles de consommateurs réservés aux membres sans publicité, enseigne ou vitrine ni alcool ou autres stupéfiants, obligation de financer et de participer à la prévention et à la détection et l’assistance socio-médicale des usagers abusifs. Le gouvernement français peut adopter ses mesures par décret ou en modifiant la législation sans contrevenir aux traités internationaux, notamment la « single covention » de l’ONU ou le traité de Schengen.<br /> @ suivre<br /> Laurent Appel<br />
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D
Et oui, encore un pour qui, il ne faut pas voter.Mais qui?A quand une dépénalisation de toutes les drogues?
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A
Pour ceux que cela intéresserait, un lecteur m'envoie ce lien vers "Politic Show", un site politique sur lequel Bayrou répond longuement devant la caméra sur les raisons qui le poussent à "rejetter le laxisme en matière de drogues". A voir: Politic Show
N
Bienvenu en France: l'un des pays européens les plus rétrogrades en matière de drogues...
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